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Une envie de bonne heure
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31 octobre 2010

Il pleut? Dansons...

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Il me disait que lorsqu'il y a un rayon de soleil le matin, c'est souvent qu'il pleut l'après-midi en cette saison. C'est vrai qu'il a plu, beaucoup. Il disait aussi qu'il n'avait pas du tout envie d'y aller à cet anniversaire. Nous étions invités et j'avais dit oui à cette femme qui fait partie d'une fratrie de neuf enfants. Nous avons déjà fêté son frère il y a 3 ans, puis son autre frère l'été de l'année dernière, à chaque fois, j'avais apprécié ce côté ""famille qui fait la fête", entourés d'amis, en général soixante invités tous compris, plusieurs générations confondues. Je n'aime pas d'habitude les grandes assemblées, je m'y ennuie souvent, c'est comme ça depuis toujours. Mais là, je ne sais pas pourquoi, c'est différent, je suis fascinée je crois par cette amitié qui lie tous ces frères et soeurs, leurs enfants qui sont pour beaucoup d'entre eux déjà grands. Ces neveux sont  souvent les animateurs, l'une chante à merveille, l'autre  lit un texte, et hop, une petite scénette avec des costumes pour faire rire l'anniversé, puis il y a  celui qui met de la musique, parce que, dans cette famille-là, une fois le repas terminé, à chaque fois, on danse.  Alors aujourd'hui, nous avons bu du champagne à la santé de cette.....cinquantenaire, nous avons mangé du coq au vin, parlé avec nos voisins de table, partagé des pensées, nous avons ri, nous avons bu, après le fromage et le dessert nous avons écouté la nièce chanter du Barbara à merveille, puis nous avons dansé, de la valse, du rock,  slow, tango, tout y était, je les ai regardé danser le Madison (j'aimerais bien l'apprendre, tout le monde en France semble le connaître), dansé un slow avec l'ami québecois, celui rencontré l'année précédente, regardé Jean-Marc faire danser les autres femmes, dansé avec lui bien sûr et pour la première fois depuis que je le connais, dansé avec d'autres que lui.

A la fin de la journée, rentrés dans notre chaumière, il a dit qu'il était content de sa journée, j'ai bien fait de dire oui à cette invitation.

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>Chanson révolutionnaire, certes, mais j'ai aimé l'écouter aujourd'hui, la version Lluis Llach est ma préférée mais ne peut être transférée depuis Deezer. Cliquer sur ma playlist au moment du passage écourté de Lluis Llach, ou faire avancer la playlist en cliquant sur les deux petites flèches "avancer", entrer chez Deezer, écouter "L'Estaca, directo", No 06 de l'album ...

Découvrez la playlist L'Estaca avec Lluís Llach

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29 novembre 2010

Chaud froid

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Une marche dans la neige, une  belle lumière, les branches se dessinent dans le ciel, mes yeux transmettent à mon cerveau, j'enregistre, tous les traits sont là, des estampes sont stockées dans ma mémoire,

vive forcément!

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Une vie solitaire bien que familiale, une solitude choisie, souvent aimée.

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Hier soir, exceptionnellement j'ai regardé la télévision, pour voir le film "Caramel", l'histoire d'un salon de beauté à Beyrouth, une histoire de femmes, filmée par une femme, leur beauté m'a touchée, troublée, envoûtée et la question qui me vient souvent:

pourquoi suis-je née en occident, je me sens tellement plus orientale?

Aimer et détester la solitude, aimer et détester être mère, aimer et détester l'Europe, aimer et détester être mariée, passer du chaud au froid, et parfois, trouver un équilibre,

la bonne température.

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2 novembre 2010

En mémoire de...

Merci d'écouter la musique avec ce billet

Découvrez la playlist En mémoire de avec Emilíana Torrini

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C'est à eux que j'ai pensé
Il me semble que l'élément qui les liait dans mon esprit aujourd'hui,
c'était l'eau.
Pour eux, je voulais un bateau.
Il en a vite fabriqué un.
Et vogue sur l'eau.
Une pensée, un étang calme, quelques fleurs

Pour

Yves,
celui qu'on appelait Papic, il aimait les voyages, les croisières en bateau

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Emile, le père de Papic,
disparu entre l'Algérie et la France, mystérieusement

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Ondine,
ma grand-mère, que je n'ai pas connue

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Marc,
notre ami qui souffrait d'une maladie génétique, vivait dans un fauteuil, souriait tout le temps, aimait lorsque les hospitaliers l'aidaient à traverser la fontaine à Lourdes

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Nanou,
La mémoire de notre village, qui aimait ses chiens, ses copains, sa guitare, le vin rouge, faire la fête, son dernier soupir, dans cet étang

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Florian,
qui aimait la pêche, la pêche et la pêche, parti trop tôt, avant ses vingt ans

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et tous les autres...

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18 février 2011

Le plaisir du geste avec la matière

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Prendre un papier, gribouiller comme une enfant, gribouiller n'importe quoi, recouvrir une feuille blanche de traits, foncés ou clairs, vivement ou doucement, afin de trouver le plaisir du geste, de ce crayon qui caresse, griffe, écorche le papier, selon l'humeur. Comme les danseurs qui font leurs exercices à la barre ou les musiciens leurs gammes.

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Puis, si l'envie vous prend de continuer, dessiner.... une fleur, celle qui se trouve devant soi,  le bouquet fané sur la table, un panier de fruits, un paysage regardé ou imaginé, ou rêvé, ou stocké quelque part dans sa mémoire. Éventuellement, copier un dessin que l'on aime, sans se soucier de la ressemblance. S'en inspirer, puis trouver sa voie propre, forcément différente, unique. En ce moment, je gribouille avec un simple crayon gris des bouts de papier. Il y a très longtemps, Antonin Artaud, qui n'allait pas bien à ce moment de sa vie, disait à ses amis chez qui il était invité: "je ne sais plus écrire". Leur fils, encore petit, en plein apprentissage des premières lettres lui avait dit: "si tu veux, je peux t'apprendre, tu feras comme moi, des lignes d'écriture de l'alphabet, en commençant par des bâtons". C'est ce qu'il a fait, pour s'amuser et certainement très touché par l'innocence de ce petit garçon. C'est ainsi qu'il avait retrouvé la joie d'écrire.

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Observer un enfant qui dessine ou qui peint. Il ne cherche aucun résultat. Il aime juste imprégner son pinceau d'eau, de peinture, salir ou illuminer sa palette, et d'un geste souvent extrêmement précis, quelques traits sur le papier, parfois une immense tache, y ajoute de l'eau ou de la couleur. Puis passe à la feuille suivante. En regardant ma petite Bianca, 3 ans, je me régale... Paul Klee avait beaucoup observé son fils Felix dont il s'occupait, il le prenait avec lui dans son atelier, puisque c'est son épouse, pianiste, qui allait gagner leur salaire en donnant des cours de musique.

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Surtout, ne pas se laisser impressionner par le "barbouillage" de l'enfant, surveiller bien sûr qu'il ne mette pas à la bouche la peinture, choisir des produits lavables et pour ma part, la peinture est achetée en magasin bio. Puis je laisse Bianca découvrir le plaisir de la matière, je fais de même à côté d'elle, différemment bien sûr.  Au final, direction le bain...

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3 septembre 2010

TROIS FOIS RIEN

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Une journée ensoleillée, une maman fatiguée, des enfants plein d'énergie, une dernière journée de vacances pour eux. Nous avons dormi un peu tard, mangé tard, et puis ils ont joué, beaucoup, j'ai crié, un peu, parce que je voulais ranger la pile de vêtements qui finalement, n'aura pas beaucoup avancé. Je voulais aussi être un peu seule. Ne plus répondre aux sollicitations, nombreuses ces jours-ci. J'aurais du faire des courses et puis acheter les dernières choses pour la "vraie" rentrée de lundi. Demain, ça attendra bien demain. Une petite grève de maman.  Ils s'étaient réfugiés dans leur chambre pour ne pas me contrarier et j'en ai profité pour m'asseoir sur le banc devant la maison, le soleil qui me chauffait le visage et les bras et tricoter dans le silence. Le tricot, ça me fait oublier les soucis. Juste un moment sans personne à m'occuper.

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Découvrez la playlist Prayer in C avec Lilly Wood And The Prick

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18 mai 2011

Un parcours

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Je n'ai pas écrit depuis le 9 mai 2011.

Je mets "une envie de bonne heure" en pause.

Je vais peut-être continuer, autrement, dans un autre espace, ou ici, je ne sais pas encore, j'ai besoin d'un temps de recul. J'ai pu, grâce à ces billets, retrouver un peu de mon être. En ce moment, j'ai plutôt la sensation de m'éloigner de l'essentiel en venant ici. Je remercie les lecteurs qui m'ont suivie jusqu'ici, pour leur fidélité, leur soutien parfois et leur enthousiasme face à mes petits dessins.  Je mets volontairement les billets dans l'ordre chronologique du blog,  jusqu'à mon prochain retour. N'hésitez pas à le parcourir, peut-être en tournant les pages, comme si il s'agissait d' un livre...

Je pense avoir déjà exprimé beaucoup de "mes essentiels" et je reste présente derrière l'écran de ce blog, je lirai bien entendu vos commentaires.  Il y a plusieurs solutions pour naviguer ici: les catégories, les tags ou les archives, dans la colonne de droite.

Je posterai un billet indiquant si je continue ou si j'ouvre un nouvel espace.

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Découvrez la playlist A) Toutes les musiques du blog "Une envie de bonne heure"  

 

Les musiques utilisées sur certains billets, en suivant le tag "Musique", vous trouverez les écrits auxquels elles se rapportent.

 

 

Posté par CHRISTIANE2 à 13:05 - Au sujet de ce blog - Commentaires [15]
Tags : , ,
Suite à un problème du 4/07/2011 tous les messages d'avril à mai avaient été effacés. J'ai réussi à récupérer les textes avec une manip "en cache" mais je n'ai pas réussi à récupérer les commentaires. Dommage!

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8 avril 2011

Merci! et Chapeau Bas

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Je savais bien, l'hiver, en les regardant, que ce moment allait me transporter, je savais bien sûr, que les petites feuilles allaient me rendre joyeuse, je ne savais pas que ce serait si beau, parce qu'il faut bien le dire, cette année, avec ce soleil si chaud, si bienveillant, c'est MAGIQUE! Traverser la nuit et savoir que le matin sera bientôt là, traverser l'hiver et savoir accueillir le printemps, supporter le froid puis jouir de cette chaleur qui pénètre jusqu'au fond des os, nourrir la moëlle, fluidifier ce sang, faire battre mon coeur. Garder confiance, toujours!

Et puis, c'est trop facile, je sais! mais en me promenant dans ces paysages je pense souvent à ces mots, ceux de Barbara...

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Bon week-end!

 

 

 

Posté par CHRISTIANE2 à 11:07 - Pensée du jour - Commentaires [12] - Permalien [#]
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Commentaires

Merci! Bon week-end à toi aussi!

Posté par Des Moulins, vendredi 8 avril 2011 à 13:33

je suis heureuse pour toi de te voir reprendre les pinceaux sur tes billets. Jour après jour, l'équilibre se trouve !

Posté par Lautreje, vendredi 8 avril 2011 à 14:02

C'est beau... Joyeux week end alors !

Posté par madame zaza, vendredi 8 avril 2011 à 16:22

Tout est très beau, je ne sais où concentrer mon regard !

Posté par Anne**, vendredi 8 avril 2011 à 17:24

la chaleur du soleil nous réchauffe en profondeur
bien au-là de notre peau, elle pénètre nos corps et nos cœurs
bon WE à toi

Posté par côté dilettante, vendredi 8 avril 2011 à 17:29

Quelles belles photos et quels beaux paysages!
Cela semble si serein!

Posté par Josephine_Th, vendredi 8 avril 2011 à 19:53

j'aime ton billet... ces photos, tes dessins... j'ai l'impression de ne pas être loin...et ça me donne envie de courir dans la nature et de r-e-s-p-i-r-e-r !
bises et beau week-end,
anne-sophie

Posté par l'arbre blanc, samedi 9 avril 2011 à 08:40

Merci Christiane, c'est vrai que c'est un spectacle doux et vivifiant à la fois... bon WE à toi et aux tiens

Posté par Brizou, samedi 9 avril 2011 à 09:15

Oh, tu vis entourée d'une nature superbe, le printemps lui va bien.
Fort belle cette progression photo-aquarelle, verts tendres, délicieux moments pour les enfants.
Merci et bon weekend à toi aussi.

Posté par colo, samedi 9 avril 2011 à 13:30

Après l'hiver,le printemps et toujours s'émerveiller inlassablement comme si c'était la première fois.Bonne soirée.

Posté par carole, samedi 9 avril 2011 à 18:47

C'est BEAU cette enfilade de branches!
Je me réjouis tellement tu ne peux pas savoir. Ces espaces ouvert à perte de vue me remplissent de joie...A très vite!

Posté par Nouschine, dimanche 10 avril 2011 à 17:01

quelles belles images, apaisantes ~~

Posté par blabla, etc, lundi 2 mai 2011 à 09:05
29 mars 2011

Sortir du port

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Un brouillard épais ce matin, des douleurs dans mon ventre, une sensation de vide, s'allonger après le départ des garçons, à côté de cette petite qui dormait encore, qui n'est plus si petite. Trois ans, une étape? Nous avons préparé ensemble son gâteau d'anniversaire, le soleil est revenu alors nous avons savouré et cueilli ces quelques fleurs.  Le temps du goûter est vite arrivé, mon rythme est si différent de celui de l'horloge, c'est chaque année plus flagrant, oui, je suis d'une temporalité lente. Je réalise aujourd'hui ce que j'ai vécu il y a un an, trois ans, plusieurs années, je digère les évènements de ma vie longtemps après qu'ils aient eu lieu. Depuis hier soir, je remarque à quel point ma petite grandit, que la vie commence à se manifester différemment, qu'une voile se hisse, nous allons tout doucement sortir de ce port que j'aurai finalement de la peine à quitter.  Un garçon du même âge, présent à chaque anniversaire, aujourd'hui accompagné d'un petit frère de trois semaines que j'ai tenu longtemps dans mes bras, ce nouveau-né blotti contre moi, ce ventre qui crie encore parfois son besoin de porter la vie. Il y aura la tristesse à traverser, presque un deuil à faire que toute femme fait un jour. Il y a ce  message que ce bébé  tout neuf m'a laissé aujourd'hui: je peux porter la vie autrement.

L'amour n'est pas un sentiment "convenable" mais la force même qui pousse tout ce qui vit en ce monde à franchir les jours et les nuits.           

Colette Nys-Mazure

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25 mars 2011

Au bord de l'eau

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J'avais regardé ce manteau tout l'hiver,  à travers l'écran, et puis, en février, il était en promotion. J'ai craqué et je ne le regrette pas: il est tout doux et pour notre région qui reste fraîche au printemps, il est parfait. Il ira encore début d'hiver, voire plus, car il est astucieusement cousu, composé de deux pièces superposées, une merveille!  Ce week-end, la créatrice  nous dévoilera ses réalisations pour l'été. Cette femme est une fée qui transforme toutes les filles en princesse et même si je n'ai pas son savoir-faire, toucher et regarder ses ouvrages, fait artisanalement et avec amour,  donne vraiment l'envie de créer des vêtements maison, mais bon, pas certaine de les réaliser aussi bien alors      - oui Alexandra, tu as raison, donne vraiment envie de faire des bébés pour les voir encore plus beaux dans tes vêtements tout doux.

 

10 mars 2011

Impasse

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Il faisait beau, l'autre jour. Je me suis dit, "elle a raison après tout", je peux à la fois être maman ET peindre... Je peux être kaléïdoskopique, pour reprendre son expression. Alors j'ai tout sorti, les pinceaux, les papiers, les toiles, je me suis motivée aussi en regardant le blog de Joséphine (institutrice à la retraite qui donne des tas d'idées, de pistes, d'expériences partagées pour pratiquer les arts visuels avec les enfants). Nous avons peint, face au paysage, face au soleil, les cheveux dans le vent. J'ai pensé que je pouvais, comme ça, retrouver les gestes, retrouver ma source et que je serai satisfaite, au bout du compte, de cette après-midi picturale, la petite affairée et moi, reprenant mon travail. Très chère et généreuse lectrice, je me suis aperçue que cela ne m'est pas possible, ce n'est pas ainsi pour tous. Trop entière, excessive, exigeante aussi, j'ai besoin de m'engager totalement et je persiste et signe, de mon côté, que je ne peux pas être à la fois peintre ET maman. Vois-tu, chère amie, j'ai besoin d'un engagement total dans ce que je fais, dans une création, de continuité aussi dans une activité, d' "entrer" dans le sujet corps et âme.  Ma tâche de maman ne me laisse aucun espace pour développer cette part. C'est cela que je voulais exprimer l'autre jour. Je ne peux pas me kaléïdoskoper parce que les journées ont 24heures avec une part de sommeil, parce qu'il n'y a aucune structure dans mon environnement pour me séparer de ma petite quelques heures (halte-garderie réservée à d'autres que nous isolés, nounous surchargées etc...). Et crois-moi, chère amie, que cela est parfois très douloureux et même angoissant. Que restera-t-il de moi après? Je continue donc cette tranche de mon gâteau, qui se terminera bien un jour, sous peine de devenir indigeste. Et je la déguste parce qu'elle est aussi très douce et savoureuse.

Peins, petite... je t'accompagne!

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Dors, petite, je veille sur toi...

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Et j'attends mon heure en admirant ta beauté, ta vivacité.

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3 janvier 2011

Mère au foyer

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Le silence dans la maison, ce matin, me fait du bien. Le soleil à travers les fenêtres, prendre ma petite Bianca dans mes bras, la changer, la masser avec de l'huile à la lavande, se nicher à côté du poêle, la laisser se rendormir contre mon coeur, penser à eux, mes garçons, mon homme, partis tôt ce matin, je ne sais pas par quoi commencer, ranger? C'est ce que je dois faire, tricoter? c'est ce que j'aimerais faire. Dessiner? ça me fait peur, parfois, il suffirait de se lancer. Coudre? pas le temps aujourd'hui. Se rendormir aussi? Mes yeux me réclament ce sommeil, mais non, je ne le ferai pas. Trop d'envies, trop de besoins à assouvir, trop de devoirs aussi... Bonne rentrée!

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24 décembre 2010

Joyeux Noël

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La crèche que nous avons installée dans la petite église de notre village

J'aurais voulu mettre en place notre crèche à la maison, comme chaque année.  La nôtre avait pris feu début janvier, juste après notre retour de chez mes parents. la Sainte Famille....en feu. Je n'ai pas trouvé la force pour en réaliser une ni même en acheter une nouvelle. Je crois que je n'ai pas encore digéré cet épisode, la prise de conscience de la violence relationnelle avec ma famille d'origine, et j'attends que la sérénité revienne, un jour, peut-être. Depuis plusieurs jours, un rhume me "colle au nez" ainsi qu'une migraine. Normal, c'est un mélange de tristesse et de colère qui ne trouvent pas le chemin de la sortie. Je vais passer ce Noël avec ma famille, c'est-à-dire mon mari, nos cinq enfants, les filles de Jean-Marc seront avec nous et c'est très bien ainsi. Je rêve encore d'un Noël où les familles ne seraient pas repliées sur elles-mêmes, où les portes seraient ouvertes et pourquoi pas où les tables seraient amenées dans la rue, où le sens du partage serait élargi à tout autre, où la Sainte Famille serait ce Toi, ce Moi, ce Nous sans liens de sang. J'aurais bien aimé pouvoir inviter chaque lecteur de ce blog à venir nous rendre visite. Sortir du virtuel, traverser l'écran. Je pense aussi à tous ceux qui passeront ces journées seuls alors qu'elles sont réservées par la coutume aux familles. Jadis, j'ai passé un Noël et un Nouvel An, seule, c'était le début de mon envol mais je ne le savais pas.

Visiteurs/euses, je vous souhaite un joyeux Noël, que vous soyez seuls ou en famille, célébrez ce Noël qui est là, en chacun de nous.

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18 décembre 2010

Père Noël et crèche font-ils bon ménage?

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Comme chaque année, depuis que je suis maman, le père Noël nous attend en haut de la colline, dans une auberge, la seule de ce petit village d'une centaine d'habitants disséminés autour de ce massif granitique où nous habitons. Plus de commerce ici, le petit bourg  central où se trouve l'église est devenu un lieu de villégiature pour des résidences secondaires, quatre café-restaurants jadis animaient ce village, une épicerie aussi. Ici, c'est un peu chacun chez soi. Il y a deux occasions pour se voir, l'arbre de Noël des enfants où seuls les familles des petits jusqu'à 10 ans sont conviés, pour le cadeau et le verre de l'amitié, puis, début janvier, tout les habitants pour la galette des Rois. Je me souviens de la première année où je m'y suis rendue, telle une enfant, j'étais émerveillée par cette attention venant des élus, j'avais écrit une carte pour remercier. Puis les années ont passé et comme les autres, je me suis habituée... Je crois que cette célébration me permet de me plonger dans la fête et encore plus à ce moment de ma vie où je serais plutôt penchée vers un état de recueillement. Bianca a bien voulu porter le cache-coeur que je lui avais tricoté. A peine était-il terminé, la semaine dernière, j'avais voulu le lui passer, mais elle avait refusé catégoriquement de le garder plus de 5 minutes. Pourtant, il est bien doux, même si ce n'est pas la qualité de laine que je préfère s'agissait d'une laine en fin de stock chez Phildar que j'avais récupérée. Depuis que j'ai retrouvé les laines que je connaissais dans mon adolescence et que je croyais disparues, grâce à Olga qui propose des matières haut de gamme, je n'aime plus tricoter ces fils bien trop acryliques à mon goût. Mais la couleur est belle et il fallait bien en faire quelque chose.

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Je vous invite à nous suivre dans cette balade, en route vers ce Père Noël qui attendait les enfants


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A la fin de cette fête, nous nous sommes arrêtés dans la petite église, nous avions bien proposés aux autres de nous accompagner afin d'installer la crèche. Jean-Marc avait mis en place, il y a fort longtemps, trois pierres qui forment une grotte, dans laquelle sont installés chaque année les figures de la nativité. Mais tout le monde avait bien d'autres occupations, "ben, euh, nous avons un repas ce soir, ben, euh, nous avons les bêtes à nous occuper, ben, euh, on est bien occupés ces temps-ci". Je comprends... Ainsi, c'est devenu un peu notre tâche, celle de mettre en place cette animation de la petite église, désertée au fil des années par les célébrations qui sont centralisées dans la toute petite ville dans la vallée. Pourtant, nous savons que, secrètement, à pas feutrés, dans le silence et sans qu'on les aperçoive, des pèlerins entrent ici, c'est pourquoi la chapelle est ouverte, tous les jours, dédiée autrefois à Saint Sébastien et aujourd'hui à Saint Roch et tous deux favorisant la guérison de la peste. Cette colline était, il y a fort longtemps, un lieu de pèlerinage  pour cette maladie.

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Un retour à la maison dans la neige, je plonge au coeur des nuits les plus longues

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17 décembre 2010

le passé lointain, échantillon d'inventaire

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Un téléphone en début d'après-midi. Les transports scolaires annonçaient que la journée du lendemain serait classée "orange"; les enfants seraient pris en charge à 13h00 pour un retour à la maison, juste après le repas de Noël de la cantine. Nous sommes donc partis, un peu trop tard, Elia, Bianca et moi, pour la petite ville où se trouve ce centre commercial . Cette sortie, destinée à l'achat d'un cadeau commun aux deux garçons, un cadeau que nous avons longuement discuté avec eux et Jean-Marc, avec une décision finale pour un oui. Quelques flocons tombaient à notre départ, mais pour moi, habituée depuis toute petite aux neiges montagneuses de mon Helvétie natale, pffff, de la rigolade. La traversée de la ville, qui habituellement se fait en dix minutes s'est faite en une heure, car, très vite, les chutes de neige se sont intensifiées. J'ai failli succomber à un retour imminent sur la colline, un stress s'est emparé de moi, parce que je déteste être bloquée dans une file de voiture, sentir la panique des autres conducteurs qui roulaient comme des débutants. Une bonne respiration, plonger un court instant dans ma mémoire, se souvenir de situations bien plus difficiles, se dire qu'après tout, ce serait trop bête de rentrer bredouille, se dire que, si on est bloqué, mieux vaut l'être dans un magasin chauffé plein de nourriture. C'est à l'entrée de ce supermarché que la Louisiane est revenue à ma mémoire, ce premier Noël passé loin de ma famille, une année aux Etats-unis alors que j'avais 18 ans. Il n'y avait pas de neige, il y avait des décorations débordantes depuis fin novembre, il y avait l'excitation de ma famille d'accueil, la préparation du sapin avec une guirlande de popcorn, enfilés comme des perles avec une aiguille, du fil, un collier géant pour le résineux (c'est très joli en fait, comme des gros flocons), des petits personnages tricotés ou en tissus, la maman voulait que le sapin ressemble à celui des premiers arrivants sur terre américaine. Elle me disait qu'ils faisaient des sapins avec des moyens simples, une tradition de la Vieille Europe qui avait pris racine sur cette Terre Indienne. Je ne sais pas comment mes parents et mon frère ont fêté Noël cette année là, je n'ai jamais su si je leur avais manqué. Je découvre de plus en plus que le fossé entre eux et moi a commencé dans un passé lointain, j'en dénoue à présent les noeuds, je me libère petit à petit, je regarde cette vase qui remonte à la surface, je la prends dans mes mains, je la respire, je la transforme, je clarifie cette eau qui est vie, dans laquelle je plongerai bientôt, le corps et le coeur allégés, nager dans une eau claire, fluide, dans les fonds colorés et précieux de mon essence.

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10 décembre 2010

Une belle fraterie

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Elle était là.
Nous avons joué, nous étions tous ensemble,
puis elle est repartie...
Nous sommes certains qu'elle va revenir!

Lorsque je regarde les images de ces instants volés, je réalise le chemin parcouru, Jean-Marc et ses 5 enfants réunis, 3 avec moi, une famille recomposée mais pas si mal composée. Nous avons réussi à trouver un équilibre, une belle fraterie où il n'est pas question de demi. Ils sont frères et soeurs. J'admire leur relation, je souhaite qu'elle dure toujours et lorsque je les regarde, je crois que ça soulage ma blessure, celle de ne pas avoir réussi à être amie avec mon frère.

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8 décembre 2010

Cadeau lumineux

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Que l'on ne vienne plus me dire que les blogs, c'est du virtuel!

Il y a quelques temps, ELLE avait fait un jeu avec un tirage au sort sur son blog. J'aurais bien voulu le gagner, ce collier... La figure de la Matriochka est si importante pour moi. Mais c'est Madame Zaza qui avait eu la chance de le recevoir. Et puis le temps a passé.... Un jour, Madame Mim m'a proposé de m'en faire un, avec les couleurs que je voulais. Je lui avais répondu que celui que j'avais vu était parfait, qu'elle fasse comme elle le sente. Alors, que Dame Zaza me pardonne, mais elle et moi serons jumelle au moins pour ça, quoi que, parfois, il me semble que plus d'un point commun nous relie. Celui-ci sera visible en décolleté ou sur col roulé, l'une en blonde, l'autre en brune,

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Merci Myriam, ce collier est SUPERBE!

Ce petit paquet est arrivé aujourd'hui. Le bleu est souvent utilisé pour les vêtements de Marie sur les peintures du Moyen Age, et cette petite Matriochka est plus proche de la Marie intérieure qui sommeille en moi: gourmande et bienveillante, ça me va tout à fait pour ce jour du 8 décembre. Ce que Madame Mim ne savait pas, et son sens de l'intuition est superbement aiguisé en envoyant cette carte d'un dessin de Rodin, 

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car cette série (dont je possède deux ouvrages) fait partie de mon musée imaginaire, des dessins parmi mes préférés. Ils sont intemporels, contemporains, légers et puissants, contrairement à ses sculptures qui marquent le temps dans lequel il vivait mais qui, selon moi, n'ont pas su vieillir si bien que ses dessins.  Ah, quelle belle journée!

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3 décembre 2010

Un bon présage

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J'avais vu ces Mallas Ici....Il était dit que, au Népal, ils protègent et portent chance...

Une enveloppe partie d'une île ensoleillée, arrivée sur la colline juste avant qu'elle soit enneigée. J'aime bien ces liens, même si les achats par internet peuvent, certains le disent, porter préjudice aux commerces. Pour le moment, je pense qu'ils sont tout à fait complémentaires, mais il serait dommage d'en arriver à cela:  plus que des magasins sur écran! A méditer...

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Et puis la neige est arrivée. Je passe mes journées à l'intérieur, avec Bianca, que je dorlote, je ne suis pas bien efficace dans la maison, je ne fais pas beaucoup de mouvements. Pourtant, j'en aurais tellement besoin: bouger, sauter, nager, danser, courir, marcher d'un pas vif et surtout, à mon rythme. Ce n'est pas désagréable de cocooner, mais mes ailes, celles qui ont poussés ces dernières années, commencent à s'engourdir. Je ne sais pas si je suis devenue un papillon ou un oiseau, en tous les cas, je sens que je peux voler. Je tiens absolument à materner Bianca comme je l'ai fait pour ses frères. Des solutions  existent certainement pour me dégager un peu plus de temps en solitaire, mais je ne les vois pas. C'était pareil pour Elia et Noé, j'étais engluée dans ma condition de maman et d'épouse aussi. Je crois que tout au fond de moi, j'ai toujours été un oiseau libre.

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25 novembre 2010

Un compagnon

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J'ai assisté à ce très beau lever de lune, l'autre soir.

Bien sûr, j'avais envie d'être au chaud, mais j'étais aussi partante pour répondre à la demande enthousiaste de Bianca, infatigable enfant qui réclamait un dernier tour de balançoire. Dans ma poche droite, mon petit compact qui, curieusement, est devenu comme le troisième poumon de ma personne. Je n'ai pas encore pu acheter le réflex numérique de mes rêves qui, finalement, ne me manque pas tant que ça. Résignée à me contenter de ce que je possède déjà, j'ai appris à connaître ce modeste appareil photographique et je crois bien que nous sommes devenus des amis. Il est discret, ne prend pas de place, dans mon sac ou ma poche, de plus, je n'ai pas peur de l'abîmer. En fait, j'avoue avoir parfois souhaité qu'il se casse par une stupide inadvertance de ma part ce qui, bien entendu, me donnerait une belle excuse pour en acheter un nouveau. Au fil du temps, nous nous sommes apprivoisés. J'aime les possibilités qu'il m'offre, plus particulièrement celle de prendre quelques clichés dans l'urgence, sans avoir à me soucier de réglages minutieux pour lesquels je n'ai pas le temps, dans ma vie actuelle. Il est ma boîte à croquis, celle qui retient toutes ces secondes que mon oeil capte. Mon cerveau retient ce qu'il peut, je sais que tout ressortira un jour avec mes encres et mes pinceaux . En attendant ce jour, j'aime retrouver, le soir venu, sur l'ordinateur, ces brins de lumière saisis dans la journée, qui me rappellent qu'elle était très belle. Oui, je crois qu' il me va bien, cet outil de poche, sans prétention, juste un compagnon qui m'aide à ne pas oublier certains essentiels.

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24 novembre 2010

Une belle grisaille

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C'est vrai qu'il fait gris, le ciel est bas, mais...  j'aime penser que sous cette grisaille, les idées germent. C'est le temps du repli, au coin du feu, pour ceux qui le peuvent, j'en ai bien conscience. A la fin de l'été, il y avait déjà l'appréhension de ces jours à venir,  on évoquait novembre et les journées qui seraient plus courtes. Je me laisse d'abord prendre par cette inquiétude, pendant quelques temps, puis, comme en été lorsque je crains la première baignade dans une piscine un peu fraîche, finalement bienfaisante une fois le corps immergé, cette saison me plaît autant que les autres, la fin de l'automne, pas encore l'hiver, l'humidité qui me dérange parfois mais qui est si belle, si je la regarde d'un peu plus près... Tout est question de point de vue, trouver l'angle qui me va, pour le mieux.

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12 octobre 2010

Je le jure...sur la tête de mon cheval

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C'était un dimanche d'octobre, ils avaient pris leur repas dominical, avant de prendre leurs montures pour aller galoper dans les prairies environnantes, les cheveux au vent. Le soir, ils étaient rentrés les joues roses et plein d'entrain, un repas les attendait au coin du feu...

Musique.... Tala ...... Talan.............
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Photographies pour illustrer que, je le jure
je dis la vérité, rien que la vérité, toute la vérité!

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En fait, j'ai stressé tout le matin pour réussir à ranger la maison, préparer un repas "à l'heure", des gâteaux faits maison pour le goûter que les enfants prendraient sans nous, avec une baby-sitter, manger rapidement pour aller préparer les chevaux, retrouver le matériel éparpillé dans le hangar après ces quelques mois TROIS années à ne pas pouvoir monter à cheval, partir à 15h30 au lieu de 14H00, d'abord à pied puis enfin monter sur les chevaux, puis devoir gérer l'excitation de nos montures lorsqu'elles sont arrivées à la hauteur de ce pré déserté par les brebis, remplacées par des chevaux qui voulaient surtout  attirer à eux nos compagnons, mince alors, nouveau ça.... Pourquoi il a tout quitté le berger pour aller rejoindre sa belle à Amsterdam?  Continuer, au pas, parce j'avais dit que non, aujourd'hui, pas question de galoper, puis trotter, puis finalement, allez, un grand galop pour les grand trouillards petit galop ridicule pour s'aperçevoir que c'est pas la grande forme physique. Un deuxième pour le plaisir. Mieux celui-là. Rentrer fatiguée avec un début de migraine, celle qui revient tous les mois.... Ranger le bazard, vérifier les affaires des grands pour le lendemain, le bain, préparer le repas. Des tâches habituelles mais trop lourdes ce soir-là. Voilà, ça fait deux jours que j'essaie de m'en remettre mais, en vérité, je le jure, elle était bien belle notre sortie d'automne!

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30 septembre 2010

PEINTURES D'ENFANTS

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Un petit écho au billet de Madame Mim intitulé "HSE méthode Coué"

Elia avait 6 ans. Noé 5. C'était en 2005.

Je n'ai pas de notions Montessorienne. Juste enseigné un peu. Mais surtout, j'aime observer les enfants.

Pourquoi donc mes enfants avaient-ils envie (ou besoin?) de dessiner partout, sauf sur du papier, celui que l'on donne pour qu'ils fassent de beaux dessins? Lorsque je les regardais laisser leurs empreintes dans la maison, au risque de choquer toutes les mamans, tous les papas, toutes les personnes bien élevées, je n'arrivais pas à les en empêcher. En les voyant s'approprier certains endroits de la maison, il me semblait assister aux premiers gestes des peintures rupestres. Cette capacité que l'enfant a à dessiner sans réfléchir, des courbes, des arabesques, des formes toujours bien adaptées au support. L'avez-vous remarqué? Bien sûr, la maison n'était pas entièrement couverte de leurs traces. J'ai su me ressaisir et indiquer quelques limites. Il faut dire aussi que notre mobilier ne craignait rien.

Nous avions bien avancé dans nos travaux entre 2004 et 2005, l'année où Elia était soigné pour la leucémie. Jean-Marc avait pris une année de congé parental pour enfant malade. Au printemps 2005, nous avons pu regagner notre maison, après ces longs mois passés dans la petite chaumière. Elia était encore en traitement, mais il était hors de danger. Je travaillais sur les finitions de la cuisine. Cette pièce, plus tard, sera d'un autre usage, mais en attendant de construire le morceau de maison qui nous manque et qui abritera une cuisine
plus grande, nous avions décidé que ce petit coin serait idéal. Je la voulais colorée. Je savais combien cette enfance était précieuse, je venais de passer un an dans un milieu hospitalier difficile, huit enfants qui avaient succombé à la maladie cette année-là, ne l'oublions pas! Je voulais garder une trace de mes deux garçons, Elia aimait beaucoup peindre dans sa chambre, à l'hôpital. Ce bonheur, je devais en garder une trace, comme un tatouage indélébile, sceller cette joie enfantine qui traverse toutes les épreuves. Une façon de vérifier qu'il était bien vivant.

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J'ai préparé des couleurs, je savais que je voulais laisser un mur à chacun, et le troisième pour les deux.
Je savais que je voulais des fleurs, rouges, d'un côté. De l'autre, des arbres et des poissons, en bleu et vert.

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J'ai demandé à Elia "dessine-moi des fleurs" en lui donnant un gros pinceau imprégné de la peinture choisie. Sans hésiter, il les a peintes, si belles, Je lui montrais simplement où je les voulais et, parce qu'à cet âge ce n'est pas un problème pour les enfants de "faire", il les marquait sur ce mur, à tout jamais. J'ai peint les tiges, il a mis les feuilles...

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Tous les jours, lorsque je cuisine, ces fresques sont sous mes yeux et m'apportent beaucoup de joie. Noé a dessiné les poissons bleus et les arbres, de l'autre côté. Il a fallu le rassurer un peu, il se sentait soudain une reponsabilité incroyable, lui qui s'était fait disputer sévèrement par une tante, parce qu'il avait dessiné sur la tapisserie de la grand-mère...Puis ensemble, ils ont peint au-dessus du plan de travail, une abeille, quelques fleurs, des soleils. Je leur donnais le pinceau, de la couleur choisie.J'aime beaucoup ce qu'ils ont fait!

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26 septembre 2010

POUSSIERES D'AUTOMNE

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Sentir le froid, le matin. Se lever et entendre la pluie.
Boire un café chaud. 
Partir au jardin potager, se baisser pour cueillir quelques haricots.
Sentir mes articulations bien huilées, un corps délié et sans douleurs.
Manger une tomate remplie du soleil de l'été, sucrée et juteuse, en ramasser d'autres.
Voir pousser les rames de haricots, en fleurs, ceux qu'il a semé à la fin de l'été. 
Cueillir un navet de Milan, tout rond tout rose, le croquer à pleine dents, de suite, même avec un peu de terre, un délice....
Voir la rondeur des pommes sur un arbre. 
L'automne est là, j'ai un peu froid, au bout des doigts, au bout du nez.
Je vais m'y habituer, comme chaque année. 
Au fil des jours, le corps acceptera.
Cuire cette belle courge pour la déguster tous ensemble au coin du feu.
Mon corps est entré dans l'automne, mon âme suivra bientôt.

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25 septembre 2010

LES ANCIENS

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Petite, j'aimais la vieillesse. Je recherchais cette présence, celle des anciens, des très anciens.  A l'adolescence, je les aimais encore, beaucoup, ceux que l'on appelle "les vieux". Je pensais que j'aimerais vieillir. Je pensais que vieillir était la plus belle des aventures. Et puis j'ai vécu ma vie, pleine de méandres et de surprises, puis j'ai eu des enfants, les deux premiers avant quarante ans, la dernière après, entre-deux, beaucoup de fausses-couches et la longue maladie de mon aîné, alors, ma petite me pardonnera de l'avoir conçue si tard. Je me suis promise de rester jeune, d'esprit, le corps, on verra ce qu'il en dit. Je ne suis plus si certaine de les aimer, les vieux. Je n'en rencontre pas souvent des épanouis, des accomplis, des satisfaits, des éveillés, des comme j'aimerais bien devenir. J'ai parfois un peu peur de ce futur et pourtant, je suis le plus souvent confiante, parce que j'en ai vu des beaux, des dignes, des qui font envie, même cabossés. Il y a ces maisons de retraite mouroirs qui me font frémir. J'aimerais inventer une autre sorte de maison, pour que les humains puissent vieillir avec dignité. Il y a plusieurs sujets qui occupent mon esprit dans mes journées. La vieillesse en est un. J'ai trouvé ce petit extrait qui m'a plu et que j'ai envie de partager. Voilà, c'est tout...

L'ennui et le sentiment d'inutilité

La solitude ne devient pénible que lorsqu'elle suscite l'ennui.... L'ennui n'est pas l'apanage de la vieillesse. On ne s'ennuie pas forcément quand on est vieux... Le remède à l'ennui, c'est le contraire même de l'activité. C'est la paresse! L'ennui c'est souffrir de ne rien faire. La paresse, c'est jouir de ne rien faire. On peut enfin s'adonner à l'essentiel de la vie : la rêverie et le goût de la contemplation. Plus une personne est dépendante et inutile, plus elle est utile. Parce que de la sorte, elle permet à d'autres de devenir utiles.

Mourir guéri

"Guéri de la vie", de ses souffrances et de ses blessures. Mourir guéri, c'est mourir réconcilié avec la vie et avec sa vie. Sans doute faudrait-il concevoir la vieillesse comme une forme de convalescence, afin de mourir guéri des épreuves que l'on a dû endurer pendant son existence... Mourir guéri, c'est mourir consolé d'avoir vécu sa vie.

Comment accepter de vieillir? Sous la direction d'Alain HOUZIAUX, Paul-Laurent Assoun, Jean-Denis Bredin, Marie de Hennezel Les Editions de l'Atelier, 2003

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23 septembre 2010

INCARNATION

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Comme beaucoup, j'y suis allée.

Il y a ce qui touche, globalement tout le monde, le drame, l'assassinat, bien sûr. Il y a les critiques cinématographiques, savoir si c'est un bon ou un mauvais film, si le rythme convient, si le choix des acteurs, si la musique, si la lumière.... Il y a la question de la foi, qui énerve certains, fascine d'autres.

Je suis avec eux depuis hier soir. Je crois que, comme eux, je serais restée.  Il n'y a pas à magnifier la mort, la guerre, la peur, mais il me semble que c'est parfois dans des moments tragiques que les hommes se ré-unissent. Par la force de la prière, ces moines, écartelés entre leur désir de fuir et celui de rester, ont atteint une fraternité immense, puis cette évidence pour eux de rester, non pas guidés par la morale ni une idéologie, mais unis dans un Amour véritable.


"J’ai longtemps repensé à ce moment-là, ce moment où Ali Fayattia et ses hommes sont partis. Après leur départ, ce qui nous restait à faire c’était à vivre. Et la première chose à vivre c’était, deux heures après, de célébrer la vigile et la messe de Noël. C’est ce que nous avions à faire. Et c’est ce que nous avons fait. Et nous avons chanté Noël et nous avons accueilli cet enfant qui se présentait à nous absolument sans défense et déjà si menacé…

 

Et après, notre salut a été d’avoir toutes ces réalités quotidiennes à assumer : la cuisine, le jardin, l’office, la cloche… Jour après jour. Et il a fallu nous laisser désarmés.

 

Et, jour après jour, j’ai, et je le pense, nous avons découvert ce vers quoi Jésus Christ nous invite. C’est à naître. Notre identité d’homme va de naissance en naissance, et de naissance en naissance nous allons bien finir, nous-mêmes, à mettre au monde cet enfant de Dieu que nous sommes...

 

Car l’Incarnation pour nous c’est de laisser la réalité filiale de Jésus s’incarner dans notre humanité. Le mystère de l’Incarnation demeure ce que nous allons vivre. C’est ainsi que s'enracine ce que nous avons déjà vécu ici, et, ce que  nous allons vivre encore.

Christian de Chergé, L'invincible espérance Bayard/ Centurion, 1997, P.294


          

14 septembre 2010

PRIS AU PIEGE

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Noé, avant de savoir parler, aimait s'asseoir dans une belle posture de lotus, face au coucher du soleil, devant la maison, là où la vue est si belle, là où l'espace est vaste, où aucune limite ne pouvait l'emprisonner. Il parlait avec des  sons mélodieux, accompagnés de mouvements qu'il faisait avec ses bras, tel un orateur. Il parlait au ciel, dans un langage que seul lui comprenait.

"Français-Rédaction: Noé a passé deux heures à ne rien faire prétextant ne pas avoir d'idées! Le règlement intérieur précise bien que les élèves doivent faire le travail demandé par les professeurs! Attention, des sanctions vont venir si Noé persiste dans cette attitude! Signé M. B. professeur de français au collège GB."

Première semaine d'école. Les élèves entrent. Le professeur leur demande d'écrire une rédaction, ils n'en ont jamais fait auparavant. Le sujet qu'il a longuement réfléchi et préparé pour habitude de donner à chaque début d'année scolaire "racontez votre rentrée, vos peurs et vos espérances pour cette première journée". Noé a réfléchi. Il s'est dit qu'il n'avait pas eu de telles sensations, ni peurs ni espérances. Il le signale au professeur. "Tu naka en inventer" dit-il avant de se remettre sur son ordinateur. Noé est doué à l'école, mais là, il a bloqué. Il sait très bien fuir la réalité dès qu'elle ne lui convient pas en s'évadant dans ses rêves, même en l'absence des paysages. Il les a si bien intégrés qu'il n'a plus besoin de les avoir sous les yeux. Il n'a rien écrit, le professeur n'a rien vu. Pire, il n'a pas aidé son élève, ni cherché à comprendre. Monsieur B sanctionnera peut-être, mais pour moi, Monsieur B n'a pas fait son travail d'enseignant qui consiste, entre autres, à donner des outils. Combien de fois me suis-je trouvée devant des élèves qui n'osaient plus dessiner, qui ne trouvaient plus le chemin pour faire le premier trait, la première tache. Il suffisait de peu de mots pour les brancher à cette source qu'ils connaissaient forcément. Leur donner l'envie, les connecter avec ce qu'ils sentaient et l'encre coulait les plumes ou les pinceaux se déliaient.  Donner un coup de pouce, surtout lorsque l'élève est encore un enfant. Mais est-ce vraiment le souhait des enseignants aujourd'hui? La réussite pour le plus grand nombre? Transmettre plutôt qu'ordonner et sanctionner? Pour ma part,  je faisais confiance à mes élèves, je savais que, lorsqu'ils ne travaillaient pas, ce n'était pas forcément de la mauvaise volonté.  Ce soir, j'ai rendez-vous avec Mme la Principale. Je sens que ça va chauffer!

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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