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Une envie de bonne heure
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18 octobre 2010

Oser se tromper

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Il y a des jours où on aimerait juste....dormir.

Et puis il y a ce (ces) repas à faire, cette petite à habiller, une maison à ranger,  une paire de bottes  pour Bianca à ramener au magasin, parce que je n'arrivais pas à choisir, la dame m'a laissé les deux paires, la nuit pour réfléchir, hésiter encore le matin, se décider enfin pour la bottine mi-haute plutôt que la botte, pour une petite c'est mieux, faire la vaisselle, s'habiller en fin d'après-midi pour partir en ville, arriver 1/2 heure avant la fermeture des magasins pour faire un choix de lunettes aussi, la grande fille de Jean-Marc, en visite pour la soirée, gardait les enfants depuis 16h30 pour que l'on puisse partir "en amoureux", mais il est rentré très tard, après son rendez-vous avec des clients et il aime papoter cet homme-là, un samedi pas si mal finalement, bien fait de ne pas dormir, trouvé des lunettes rose vif,  il faut oser... un échange contre celles qui font mémère et dont la correction n'était pas bonne, rentrée faire des crêpes, les 4 enfants et leur papa jouent sur la table basse. Je décide que, même si je n'ai pas reçu mon patron pour une robe tunique, celui que je voulais acheter mais qui était en rupture de stock, commandé finalement en Angleterre, et cette promesse faite à la marchande de tissus, celle qui m'avait offert un patron que j'aimais bien pour une blouse d'été, en me  lançant un défi  "je vous l'offre mais vous revenez dans deux semaines avec votre robe cousue", il s'agissait d'un projet de robe en lainage, un tissu souple et chaud que je venais de lui acheter, une fin de rouleau, 2m10 je crois. Il y a longtemps que je n'ai pas cousu! J'ai la trouille de tout rater. J'aime bien tenir mes promesses....les deux semaines sont passées, alors il me reste quelques heures pour la faire cette robe. Je recopie un patron, celui d'un magazine de couture, une forme un peu .....kimono, je suis à moitié convaincue, avant, je savais coudre sans patron et puis, est-ce que ce tissu ira avec cette coupe? Je ne sais pas, allez, je me lance, le patron copié, coupé, je le pose sur le tissu. J'attends pour couper, je n'ose pas...Je sais aussi que deux écheveaux de laine superbe commandée à Princesse des Neiges devraient être dans ma boîte aux lettres,  je n'ai pas été voir ce matin ce qu'il y avait dedans, je veux y aller mais il fait nuit, je n'ose pas...A minuit, Jean-Marc raccompagne sa fille à sa voiture, il dit qu'il prendra le courrier, il revient avec l'enveloppe de laines ET le patron d'Angleterre. Alors je me dis que, je suis peut-être pas si cruche de douter tout le temps, il s'agissait d'une bonne intuition, celle de ne pas couper cette pièce de tissu. Il fallait attendre le bon moment. La laine est superbe, celle qui servira à tricoter une jolie brassière pour un bébé nouveau-né, un petit Jules. La robe est coupée, un premier assemblage montre que c'est pas top, mais bon, c'est en se trompant que les apprentissages se font, je pourrais toujours la recouper pour faire un habit pour Bianca.  Allez je continue........j'arrête de bavarder!   

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8 octobre 2010

LE FACTEUR

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Pour les enfants, au fond de la boîte, au bout du chemin, c'est un trésor qui les attend à chaque fois: publicités, factures, lettres en tous genres, tout est bien. On y va à pied, juste après le déjeuner, il y aura forcément quelque chose à ramener. La pêche, pour Elia et Noé avant, pour Bianca maintenant, est à chaque fois miraculeuse.

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Je connais quelqu'un qui préfère envoyer des cartes, des lettres, qui refuse toute communication avec l'ordinateur. Il nous arrive de recevoir une enveloppe de lui et de ceux qui vivent avec, une lettre commune au moment de Noël ou un petit signe dans l'année, pour dire merci ou donner des nouvelles. C'est vrai que c'est un morceau de papier, c'est vrai qu'on peut le tenir dans la main, c'est vrai que parfois, si l'image est belle, on l'affiche quelque temps dans un lieu de la maison, c'est vrai que le vrai a quelque fois du bon.

T'as vu maman....Terre

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2 octobre 2010

COULEUR MOUTARDE

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Il était une fois, la dame des collines.
Il était une fois, la princesse des neiges.
Un jour, dame des collines, qui a toujours peur d'avoir froid, demanda à princesse des neiges quelques précieux conseils. "je ne peux rien vous conseiller pour l'hiver à venir, mais si vous le voulez, je veux bien vous tricoter quelque chose pour vous protéger, qui tiendra au chaud cette partie de votre corps qui abrite votre voix". Quelques  jours plus tard, la dame des collines eu la surprise de trouver dans la ruche qui se trouve au bout de son chemin et qui lui sert de boîtes aux lettres, une magnifique écharpe dont les couleurs chaudes entraient en résonance avec la beauté de l'automne.

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Cette écharpe a été tricotée par Princesse des Neiges dans une magnifique laine du Pérou, de chez Cascade Yards. J'en ai pris un écheveau de la même couleur moutarde pour tricoter  un béret ou un bonnet. Cette écharpe est douce et chaude. Je la trouve très belle...

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24 septembre 2010

CONTEMPLATION

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Alors que j'écris, ce matin, il pleut, beaucoup. Les photographies prises hier semblent d'un autre temps, celui d'un été lointain et pourtant, c'était juste.... hier. Un été indien comme je les aime, de la chaleur mais de la douceur, une lumière qui enchante le coeur et n'éblouit pas les yeux.  J'ai failli rester à la maison, pour faire tout ce que j'aimerais faire et que je n'arrive jamais à faire. Je suis une contemplatrice et je n'y peux rien. Cette contemplatrice est l'impératrice de tout mon être. Il y a bien quelques conseillers qui l'entourent, une ministre du linge qui a imposé sa volonté d'une nuit plus courte pour faire baisser la pile, la nuit d'avant,  une autre qui demande un rangement immédiat de tout ce qui traîne, elle attendra la fin de la journée celle-là, il y a ce député qui demande ma présence au jardin potager, et l'autre aussi qui voulait que je finisse la peinture des encadrements de fenêtre. Et puis il y a quelques opposants qui voudraient que je déprime un peu. Ce gouvernement, en ce moment, est en pleine dispute.  PFFFFF! leur a dit l'impératrice. Aujourd'hui, dernier jour de l'été, même si c'est déjà l'automne, je sors. Un point c'est tout.

 

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20 septembre 2010

COMPLET

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Des envies, des projets, des sorties, tout se bousculait ces derniers jours.

Ce que j'aurais vraiment voulu faire: aller voir le spectacle NELKEN à l'Opéra de Lyon. La troupe de Pina Bausch (chorégraphe décédée en 2009) qui danse encore cette création magnifique. VINGT ans que j'aimerais la voir. Complet évidemment, comme toujours avec les spectacles de Pina, créatrice qui savait si bien exprimer la nature humaine et la mélancolie, la vie et la mort, des oeuvres qui rejoignent, dans leur essence la  musique, la peinture, la danse,  le théâtre, la nature aussi, très présente même intra-muros.   

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Ce que nous avons décidé de faire, parce que la possibilité s'offrait à nous, Sylvie qui venait garder les enfants samedi soir, pour que nous allions au cinéma voir "Des hommes et des Dieux" suivi d'un débat avec un moine qui a vécu dans ce monastère, avant les évènements... Nous voulions partir tôt, pas comme d'habitude, parce que même si nous pouvons nous garer facilement, l'avantage d'une petite ville, même si nous n'avons jamais du attendre pour prendre nos places dans ce cinéma, ce soir-là, je pressentais que ce serait différent, à cause du débat forcément. Pourquoi, comment, je ne sais pas, mais nous sommes arrivés 20 minutes avant le début du film. Pas assez tôt, 10 minutes de trop à tarder chez nous, à manger une assiette de plus, à se changer pour mettre une jolie robe, à mettre un peu de parfum, à vouloir être un peu jolie pour sortir avec son homme, 10 minutes pour se faire belle, ce n'était pas beaucoup, pour le film, c'était de trop. La salle était complète.

Dimanche, j'avais décidé que, coûte que coûte, nous ferions une balade en famille.
Ce que j'aurais vraiment voulu faire: sortir avec nos deux chevaux. Au cours du repas, pris un peu tard, comme d'habitude, parce que je suis peut-être assez bonne cuisinière, mais pas assez organisée pour les rythmes d'une journée terrestre, nous avons discuté l'idée qui s'est éteinte comme un pétard mouillé, qui s'est dégonflée comme un soufflé trop quelque chose, parce que Jean-Marc m'a fait comprendre que non, ce n'était pas raisonnable de faire cette escapade qui forcément allait être difficile, une petite de deux ans à gérer, deux pur-sangs qui ne sont pas sortis en promenade avec nous depuis....si longtemps, deux garçons qui n'écoutent pas toujours les recommandations de leurs parents.

Ce que nous avons décidé de faire, après quelques énervements familiaux obligatoires le dimanche (je ne sais pas pourquoi c'est comme ça ici lorsque nous essayons de faire quelque chose ensemble) nous sommes partis avec nos vélos dans le coffre de "Joli Jumper" (le  cheval camion de Jean-Marc pour travailler). Et enfin, la respiration tant espérée est  venue. Enfin, grâce au mouvement, grâce à ce beau soleil, grâce au ciel si bleu ce jour-là, grâce au petit air frais qui a fait fuir les mouches qui nous ont empoisonné la vie tout l'été, nous avons ri, nous avons fait le tour de ce petit lac qui me rappelle un peu celui laissé là-bas, au pays des schtroumpfs. J'ai vu des promeneurs, des "en solitaires", un peu trop à mon goût, des "en famille", qui n'avaient pas toujours l'air contents de l'être, des "monoparentaux", qui semblaient heureux, globalement beaucoup d'inquiétudes sur les visages, peu de gens vraiment détendus et souriants, comme plombés par des pensées, restées secrètes.

Descendre de la colline  pour se mélanger à une vie plus proche des humains, vérifier que nous  faisons bien partie de ce monde, que, une fois les vélos enfourchés, un vent de liberté soufflait dans nos cheveux, que nous étions dans un bien-être, complet, le temps d'une sortie ensoleillée.

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Ces images sont de Tiphaine, qui me les avait données avant son départ pour l'Inde, photographiées le matin tôt au bord de ce petit lac à Autun

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2 septembre 2010

COLLEGE (2ème billet du jour)

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Je me souviens de ce matin de juillet, nous allions visiter le futur collège des garçons, celui où ils feraient leur rentrée en septembre.

Je ne m'attendais pas, ce matin-là, à ce que mon cerveau aille rechercher quelques lointains souvenirs de mes 10 ans.(mon entrée au collège) puis de mes 18 ans (mon entrée en High school en Louisiane), de mes 25  (mon entrée aux beaux-arts) puis de mes 30 ans (lorsque j'ai commencé à enseigner le dessin pour les 10-18 ans, à l'école publique). Un petit retour de manivelle, un petit tour de manège, un soulèvement du coeur qui m'a fait monter quelques larmes, à ma plus grande surprise. Une appréhension lorsqu'un nouveau cadre se dessine. Le cadre qui forcément, sera un peu trop étroit pour mon esprit qui est devenu si libre qu'il ne colle plus à aucun schéma pré-établi. J'ai pensé, ce jour-là, que vraiment, je ne pourrai plus retourner  dans aucune structure. Une maladie devenue chez moi chronique, irréversible et incurable. Le tout sera de ne pas transmettre ce refus à mes enfants, qui eux, y trouveront certainement des joies, mais pas que..., des enseignements formidables, mais pas que...., des camarades attachants, mais pas que...

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27 août 2010

LE VIOLONCELLE

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C'est en 2006 que la musique est re-venue à moi.

Petite, j'ai joué du piano de l'âge de sept ans jusqu'à quatorze ans. Un piano dormait à côté de mon lit. Celui de mon père et de son enfance. Il n'en jouait plus, lui qui avait passé toute sa jeunesse sur cet instrument, obtenu la virtuosité avec mention, à vingt ans. Il ne l'avait plus touché depuis la mort de sa mère qui rêvait qu'il soit pianiste. Elle est morte l'année de ses vingt  deux ans. Puis il s'est marié, puis il a oublié. (il a recommencé lorsque je lui ai annoncé mon entrée à l'école d'art, mais ça, c'est une autre histoire). Ma mère jouait du violon depuis sa tendre enfance et n'a jamais cessé en intégrant depuis toujours des orchestres symphoniques de musiciens amateurs. Les soirées de mon enfance étaient bercées par les sons des symphonies écoutées par mes parents, le soir, à la radio ou en bande Revox. Adolescente, je me sentais cruche avec mon piano. Guitare, je voulais jouer de la guitare, comme les autres. Puis la musique s'est arrêtée. Or en 2006 j'ai eu un passage...comment dire, curieux? Un retour à la foi, qui a débouché sur une rencontre avec l'église locale ainsi qu'avec une paroissienne  qui voulait absolument m'évangéliser, moi la protestante non pratiquante. Et comme j'étais affaiblie par la maladie de mon fils, j'ai suivi ce créneau, un certain temps. Oh, je ne dis pas que ce n'était pas bien. Simplement, entre-temps, j'ai révisé un peu ma position.  (pas celle de la foi, celle de l'Eglise). Ce sera certainement le sujet d'un ou deux billets un autre jour.  Aujourd'hui, il s'agit de la musique. La chorale de cette église catholique avait besoin d'une organiste pour l'accompagner le dimanche à la messe. Cette paroissienne, qui voulait évangéliser le monde par tous les moyens, m'a motivée à retrouver mon clavier et mes notes, et me voilà, organiste pendant deux ans. J'ai repris des cours de piano, avec un pianiste admirable, Gérard Parmentier. Cette année passée avec lui me rappelait aussi l'exigence de mon premier prof de peinture. Parallèlement, parce que j'avais été touchée à plusieurs reprises par le son du violoncelle cette année-là, je ne sais pas ce qui m'a pris, j'ai décidé de prendre des cours de cet instrument. Je me suis inscrite à l'école de musique de la ville proche de ma colline. Jusqu'au début de ma grossesse en 2007, les habitants de cette maison entendaient (subissaient), tour à tour, des études de Mozart, des messes pour le dimanche, sur le piano électronique qui basculait du son "piano" à la fonction "orgue" selon les morceaux travaillés pour enchaîner avec des gammes sur le violoncelle, exercices laborieux avec l'archet, positions des doigts pour obtenir la note juste et tutti quanti. LES PAUVRES! Enfin, peut-être pas, puisque Noé a décidé de se mettre au violon. Nous voilà, tous les deux, musiciens courant à nos cours de musique, le solfège s'ajoutant à la liste pour lui. Mon ventre s'est arrondi, arrondi, mais la musique continuait de plus belle. A la naissance de Bianca, j'ai ralenti ce rythme, arrêté les cours de piano, je ne pouvais plus tout assumer. Vu l'exigence de Gérard, je jouais presque trois heures de piano pour arriver à mes cours à peine d'aplomb pour ses critiques. J'ai continué le violoncelle, mais, en vérité, au fil des mois, mon désir s'est effrité. Trop dur, trop de travail, trop moche le son que je fais. En juin dernier, je n'ai pas rempli ma fiche de réinscription et Noé non plus.  Je sais, c'est dommage...Mais il faut se rendre à l'évidence, la musique, c'est un peu trop rigide pour nos esprits rêveurs. Avec le peu de temps que j'ai à disposition, je préfère m'occuper d'image, d'écriture, de dessin, de peinture. C'est (presque) décidé, aujourd'hui, je mets mon violoncelle en vente et peut-être même, mon piano (pour m'acheter un réflex numérique, si, si, si, j'en ai vraiment envie).

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22 août 2010

Vol avec ou sans retour? La Chute d'Icare (9)

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Dessin de 1992

Notre départ en avion était prévu très tôt le matin. Nous n'avons presque pas dormi avec Seif. Nous avons parlé, il était triste, très triste. Il espérait secrètement que je reste, que je ne retourne pas dans mon pays. Il voulait m'emmener dans une maison, ailleurs que celle-ci. Je n'ai pas voulu ou pas osé. Les pluies torrentielles de la mousson avaient commencé. Le Wadi (cours d'eau en arabe)  qui descend du désert de Marib, du royaume de la reine de Saba irriguant ainsi la nappe phréatique de Sanaa, menaçait de déborder. Si cela avait été le cas, nous n'aurions pas pu rejoindre l'aéroport puisqu'il faut le traverser pour sortir de la ville. La reine allait-elle m'aider à rester encore un peu?

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Photos empruntées ICI

Le signal de départ a été donné par Urs très tôt le matin, avant que la route ne soit plus praticable. Seif me demandait sans cesse de lui promettre de l'embrasser ouvertement devant le groupe à l'aéroport. Je ne lui ai rien promis. Pas parce que c'était lui, pas parce que je ne l'aimais pas, je n'aimais pas les démonstrations publiques et c'est encore le cas aujourd'hui. La pluie était intense. La ville que nous avions connue si sèche était méconnaissable. Les gestes  du départ se sont déroulés mécaniquement, valises jetées brusquement dans le Toyota, peu de paroles, tout me semblait brutal. Le check-in effectué, Urs nous a dit aurevoir, à ses côtés, Seif attendait le baiser qu'il pensait être en droit de recevoir, comme une preuve d'amour. On aurait dit que son souffle était coupé. J'ai donné "les trois bises conventionnelles" à Urs, comme il est de coutume chez les européens, j'ai fait de même pour Seif, il avait les yeux fermés. J'ai ajouté une caresse de ma main sur sa joue droite et j'ai passé la porte des contrôles douaniers. Mon ventre n'était plus qu'un bloc douloureux, j'aurais voulu pleurer. Curieusement, c'est en écrivant cette histoire que les larmes sont sorties hier après-midi. Nous sommes allés nous baigner avec Elia et Bianca et, alors qu'ils jouaient ensemble dans le petit bassin, j'ai voulu faire quelques brasses. De gros sanglots sont venus. J'ai réalisé que je n'avais pas encore sorti les larmes de cet été 1992 dont l'issue n'est pas joyeuse. Mon calvaire ne faisait que commencer.

Arrivés à notre transit à Amman, nous étions obligés d'y passer une nuit, ce qui était prévu dans le programme.  La Coordination des avions est moins facile dans ce sens. Nos profs nous avaient conseillé d'utiliser cette journée et l'argent de la banque Indosuez pour aller visiter Petra, un site à  ne manquer sous aucun prétexte, dans le sud de la Jordanie. Je ne décidais rien, je ne faisais que suivre le groupe. Je ne parlais plus. Je pensais juste à ce départ de Sanaa, à cette histoire qui me collait à la peau. "le corps voyage plus vite que l'esprit" une phrase de JL Godard dans un film de AM Mieville. Mon corps se dirigeait vers Petra, mais mon coeur, mon âme étaient restés au palais, avec Seif.

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Ces photos ont été glanées sur les sites nombreux qui parlent de Petra, parce que, depuis le départ de Sanaa, je n'ai plus pu prendre une seule image de mon voyage.

La route était longue. Le chauffeur écoutait une cassette ou peut-être était-ce la radio? Certainement la lecture du Coran, dans un arabe superbe dit avec une voix pleine de sagesse, un parler musical. Une lecture dans une langue que je ne comprenais pas mais que je ressentais comme bienfaitrice pour mon coeur à ce moment. Un baume de douceur sur une route désertique, un soleil de plomb, une équipe silencieuse, ébranlée par son séjour assurément. A l'arrivée sur le site, des bédouins attendaient les clients pour leur faire visiter l'endroit avec des chevaux, des petits purs-sang arabes. Je n'étais pas encore bonne cavalière en ce temps-là. Une chute à cheval 8 ans auparavant m'avait éloignée de ce rêve d'enfance.  J'ai travaillé ce traumatisme plus tard avec elle. (j'ai parlé de cela plus en détails ici) Pourtant, je me suis mise en selle avec bonheur et tellement d'aisance, parce que j'aime les chevaux, parce que je suis cavalière dans l'âme, que les bédouins m'ont laissée partir sans tenir la bride du cheval à mes côtés, ce qu'ils font habituellement avec les touristes. Le cheval m'a certainement aidée, par son énergie (je crois en la capacité réparatrice des chevaux sur l'humain en peine...) à retrouver un peu le chemin de la joie, pendant cette après-midi à Petra. Le groupe s'est à nouveau séparé  sur le site somptueux qui nous attendait. Peter et moi sommes allés dans les hauteurs, voir les maisons taillées dans la roche, les maisons troglodytes. Là, nous avons rencontré une femme qui  parlait arabe et qui s'est réjouie en regardant mes mains, mes bras, dont le tatouage qui avait tout de même  pris sur ma peau, lui prouvait peut-être que je faisais partie des leurs. Elle riait, s'exclamait, elle pensait peut-être que j'étais une jeune mariée, elle a demandé à son compagnon de voyage (un fils? un membre de sa famille?) de nous prendre en photo, elle et moi. Elle s'accrochait à mon bras, comme une vieille amie retrouvée. Je me sentais tout sauf européenne,  je n'avais qu'une envie, rester dans cette partie du globe. Genève m'attendait, moi pas.

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Lorsque je suis arrivée ici, Jean-Marc avait déjà deux chevaux. Puis sa jument est morte. Nous voulions absolument un pur-sang arabe. Nous avons craqué pour celui-ci. Cet après-midi, j'ai réalisé, en allant les voir au pré, pourquoi j'avais tant insisté pour être entourée de cette présence qui me rappelle ce lointain passé

8 avril 2010

Petite Soeur

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C'est le temps des vacances. Pas de départ pour nous. En fait, nous partons rarement d'ici... Sur notre colline, nous vivons un état de "vacances" permanent. Si nous devions repartir un jour, je pense que nous irions dans une ville, chercher le bruit, le contact de la foule, de l'humain, prendre un café sur une terrasse, regarder les passants, aller dans les musées, ou alors la mer, oui, ce serait bien aussi. Les garçons ont trouvé un équilibre dans cette nature solitaire, plus que moi. Je peine parfois à trouver le sens dans cet isolement. Je vérifie régulièrement si ce choix leur convient, nous discutons d'un éventuel déménagement "oh non! j'aime trop ma colline et ma forêt" me répondent-ils en choeur...

Leur petite soeur les observe, les suit partout, voudrait participer un peu plus à leurs jeux. Depuis quelques temps, ils se sont créés un monde parallèle au nôtre, en construisant une cabane dans les bois, ils ont deux amis complices qui habitent tout près. Leur décision est prise : quand ils seront grands, ils vivront ainsi, dans la forêt, dans une maison construite de leurs mains, avec leur arc, ils iront à la chasse, juste pour leurs besoins, et se vêtiront de peaux de bêtes. "comment feras-tu pour acheter ta chocolade Noé?" "tant pis, je n'en mangerai plus, ou alors j'irai m'en acheter avec les sous que je vais économiser, si j'y arrive...". Ils échafaudent des tas de plans au cas où la planète ceci, au cas où la planète cela, . "Bianca, quand tu seras plus grande, tu pourras venir à la cabane avec nous, on t'initiera, et tu auras un arc aussi" lui a promis Noé.

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18 avril 2010

Les Visiteurs

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Ils sont presque arrivés en même temps, deux couples avec chacun 3 enfants, à l'improviste. Et moi, j'aime bien ça, les visites improvistes!

J'avais prévu un grand travail de rangement avant la rentrée des classes, les chambres des garçons sont dans un état pitoyable. Rien de tout cela aujourd'hui, nous avons pu profiter de ce beau soleil, de la joie des enfants d'être ensemble, sorti le pain, la chocolade, des tartines, de la tisane (une dernière trouvaille délicieuse, Tisane du Mâquis Corse),  et la journée est passée, et les conversations se sont enchaînées. Jean-Marc est parti voir le propriétaire des sapins, pour fixer le prix du "préjudice moral". D'autres sont partis à la cueillette de cresson sauvage, M. est restée avec moi, nous avons préparé des muffins à la banane et pépites de chocolat, et tout le monde s'est retrouvé pour un verre de Kéfir (le champagne du pauvre): nous étions im-pa-tient du verdict. Lorsqu'il est arrivé, j'ai vu à son visage que l'affaire prenait une tournure un peu mauvaise. Nous avons plaisanté, des présences amies, ça aide à relativiser. Le petit village que nous habitons a été qualifié de "perle du Morvan", on l'appelle aussi "la Corse du Morvan". Il y a deux ans, des marcheurs corses s'étaient arrêtés chez nous, et n'avaient pas démenti cela. Aïe, ça risque d'être chaud sur la montagne. Bien que de faible altitude, cette montagne me rappelle les vallées des Alpes où les histoires de propriété vont bon train. Mais non, ce n'est pas la Corse, il n'y aura pas de coups de feu! pas de règlements de compte agressifs, juste quelques mots pour remettre les choses au bon endroit, et rendre un peu plus objective toute cette affaire.

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9 avril 2010

Un voyage en Ture

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C'était en 2007, juste après notre retour de Corse. Nous pensions que c'était ce qu'il nous fallait.

Un camping-car, pour partir au pied-levé. Le père de notre ami E. l'avait acheté il y a fort longtemps, il avait des envies de voyages, mais sa femme ne l'avait pas suivi dans son désir. Alors le véhicule a été rangé, puis oublié, puis le toit a perçé, les loires on fait leur nid. Le jour où Jean-Marc l'a ramené, il était fou de joie. Je crois que l'histoire du père de E. allait se reproduire, je n'ai pas complètement partagé son élan. Non, décidément, trop de travail de réparation, l'odeur à l'intérieur, qui trahissait le passage des bestioles, et le prix, trop élevé. Le propriétaire tardant à venir le récupérer, il a trouvé une place, dans les genêts, à côté d'un gros rocher. Bianca, elle, se l'est vite approprié. "TURE", ainsi le nomme-t-elle (comme tout ce qui roule).  Lorsque nous partons de la maison pour faire un tour au potager, nous y faisons halte, inévitablement. Les portes du four et du frigo, qu'elle ouvre et referme inlassablement, une vraie dinette sur roulettes. Et lorsque je me mets au volant, c'est tout un voyage qui commence. J'entre dans le jeu, et nous voilà parties pour Istanbul, parfois la Grèce, et plus loin encore. Je crois que, si il reste encore un peu vers nous, j'y mettrai de la musique, orientale bien sûr.

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9 janvier 2011

Propos sur la violence

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Je suis humaine et je crois bien avoir eu, et j'en aurai encore (quoi que...) des énervements. Je pense qu'ils n'étaient pas toujours justifiés, d'autres fois si, besoin d'exprimer à l'autre une limite, j'appelle cela une saine colère. Hier, j'ai lu ce petit conte indien "violence sans écho". Puis j'ai dormi. A mon réveil, j'y ai pensé, avec le café aussi, et puis la journée s'est déroulée. Un téléphone, celui d'une voisine qui était fâchée pour une histoire de clés, une histoire sans importance .Elle était hargneuse, démesurément. Je crois bien que cela ne m'a absolument pas touchée, pour la première fois de ma vie. Etait-ce l'effet de ce conte? Je l'ai illustré rapidement, le voici:

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Le Bouddha enseignait partout où il passait. Or, un jour qu'il parlait sur une place du village, un homme vint l'écouter parmi la foule. L'auditeur se mit bientôt à bouillir d'envie et de rage. La sainteté du Bouddha l'exaspérait. N'y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible; L'homme fulminant quitta la place. Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s'apaisait. Déjà, le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu'il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l'aise qu'il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.

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Lorsqu'il arriva sur la place où l'enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l'homme qui avait insulté le Maître. Les gens incrédules le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l'attention des voisins, un murmure suivait ses pas. Lorsqu'il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l'indécence de sa pensée; Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever.

- Je n'ai rien à vous pardonner, je n'ai reçu ni violence ni indécence.
- J'ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves;
- Que faites-vous si quelqu'un vous tend un objet dont vous n'avez pas usage ou que vous ne souhaitez pas saisir?
- Je ne tends pas la main, je ne la prends pas,  bien sûr.
- Que fait le donateur?
- Ma foi, que peut-il faire? il garde son objet.

C'est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n'ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n'y avait personne pour la prendre.

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Contes de sagesse de l'Inde, Martine Quentric-Séguy, Seuil, P; 89 à 91


12 septembre 2010

PARTIES DANSER AVEC LA VIE

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Depuis quelques temps, Bianca dit beaucoup: Maman, pas peuzon, parfois pas Meuzon.

Bianca veut sortir, elle veut voir du monde. Bianca en a assez de rester à la maison.
Et ça tombe bien, moi aussi.

Donc, sortons. C'est ce que nous avons fait, vendredi, parties à 10heures du matin, déambulé au marché, acheté un porte-monnaie fabriqué en Inde, très joli, en cuir rouge avec un motif  gravé en forme de coeur, et aussi une petite trousse assortie. Acheté des pêches blanches, rencontré D, puis P, puis B, puis O, parties manger sur une terrasse avec eux,  sans B ni O, mais avec A, le fils de D (ça va? vous suivez...?) Bianca et Christiane, entourées de trois messieurs, tous contents d'être là, à parler, faire plus ample connaissance. Parties plus loin en voiture, à Beaune, chercher la peinture pour les encadrements de fenêtres, puis visité le magasin de décoration que j'aime tant et dont les étoffes précieuses seront toujours trop chères pour moi, acheté encore une peinture, rouge pour un mur vers l'ordinateur. Croisé plein de motards qui partaient au bol d'Or; Retournées sur Autun pour faire quelques courses à la coopérative bio qui me voit toutes les semaines depuis deux ans, puis nous avons continué au petit marché du vendredi soir, pris quelques fromages de chèvre et de vache chez D et quelques aiguillettes de canard chez P, P et D avec qui nous avions mangé le midi, quelques légumes encore, au jardin associatif et toujours Bianca qui disait: maman, pas meuzon, pas meuzon. J'aurais bien continué comme ça, jusqu'au lendemain, nous aurions pu partir danser? C'est à la tombée de la nuit que nous sommes rentrées, nos petit gars et le grand aussi nous attendaient. Il ne nous restait plus qu'à cuisiner.

Au fait Bianca, lundi, meuzon ou on recommence?

Découvrez la playlist DANSER avec Loane

2 septembre 2010

DES RAYURES (3ème billet du jour)

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Du matin jusqu'au soir, la vie se tricote, rayures faites de doutes, de joie, de colères,  de fatigue, de nouveaux horizons, d'affirmations un peu trop définitives et fermées, revisitées une fois la journée achevée.

Une vie en mouvement.

Des idées qui avancent et qui montrent que les évènements peuvent être plus légers que ce que j'avais imaginé. L'après-midi passée au Collège avec les enseignants s'est déroulée le mieux possible, d'une façon que je n'imaginais pas: bien sûr, c'est un cadre. Normal, indispensable pour le bon fonctionnement lorsqu'il y a un groupe d'individus. J'ai rencontré une équipe pédagogique  qui a su nous entourer avec clarté et respect. Il est certain que  l'aspect compétitif de l'école ne me convient pas, mais le mode de relation rencontré aujourd'hui m'a plu. Je n'ai pas connu cela au commencement de mon collège là-bas, à 9 ans, au pays des Schtroumpfs. Je devais prendre le train, puis marcher un long chemin de la gare en ville jusqu'à l'établissement. Attendre. Puis, parachutée dans ce nouvel univers, je me suis débrouillée, vaille que vaille. Il n'y avait pas eu cette précieuse mise en route, cette prise en charge un peu affective, qui tisse un lien entre enseignants, enfants et parents, tous ensemble réunis pour comprendre les règles, poser les questions, enfants et parents écoutant d'une oreille attentive les recommandations.  Je suis heureuse de ce constat et je me sens prête à accompagner avec beaucoup de sérénité cette nouvelle étape pour mes deux garçons. (qui commencent ensemble la sixième, puisque Noé a sauté un niveau).

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23 juin 2010

1. UN PORTRAIT DE CE JOUR

LA VACHE ET LE TAUREAU

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Calme, forte et sereine, voilà comment je te perçois, chère vache. En traversant la campagne en voiture, hier, j'ai pensé à toi, beaucoup.  Ainsi, j'ai envie de tisser le portrait de ce jour en parlant de toi. Dans ce pays d'élevage que j'habite, c'est pour ta chair que tu es élevée. Non pas pour ta sagesse. Je me vois déjà, aller dire aux agriculteurs que je t'admire de façon intuitive pour cela. Quoi que... je devrais peut-être essayer. Que tu sois blanche, tachetée, noire ou grise, peu m'importe. Je t'aime, voilà tout! Lorsque je te regarde, cela me rassure, il en va de même pour ton mari le taureau. Je ne suis pas très contente de vous voir séparés dans les prés, le taureau, tout seul, perdant ainsi sa dignité de protecteur du troupeau , son statut étant limité à la reproduction. Les vacances de mon enfance se déroulaient dans les montagnes, où tu pouvais paître tranquillement, dans une herbe fraîche et naturelle. J'entends encore le son, incessant, des cloches  que les montagnards avaient accroché autour de ton cou pour ne pas te perdre. Cette musique répétitive me berçait dans mon sommeil de vacancière. J'étais dans l'innocence, tu faisais partie d'un décor que je croyais idéal, je ne savais pas  non plus que tu devais produire, lait et veau, pour l'industrie alimentaire, mais ça, c'est une autre histoire...Mes ballades dans les prairies des montagnes, remplies de petites fleurs, les sommets étincelants, et surtout, si je devais garder une seule image de lui, ce serait celle-ci: mon père qui souvent allait te caresser, avec un amour inouï, une tendresse qui lui donnait un visage de toute humanité.

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Extrait d'encyclopedia:

la vache et le taureau   : La vache est un symbole de maternité et on parle   de "vaches célestes" qui symbolisent la voûte céleste.   Quant   au taureau, il renvoyait à la fertilité, à la puissance sexuelle et à le force physique. Les rois étaient d'ailleurs étroitement associés à cet animal procréateur par excellence. Ce thème de la fertilité persistera durant toute l'époque pharaonique et même au-delà. Ainsi Diodore de Sicile relate que les femmes avaient l'habitude de relever leur jupe devant Apis.
Dominant les deux compositions de la pa
lette de Narmer (recto et verso), on peut à loisir contempler deux têtes de vache, vue de façe, aux cornes symétriquement recourbées vers l’intérieur. Il ne faut pas oublier que cette palette remonte   à la première dynastie : la vache joue donc un rôle primordial dès le début de l’histoire de l’Egypte ancienne.
Dès l’Ancien Empire, on trouve dans les Textes des Pyramides le cheminement du roi défunt qui, avant de gagner une place auprès du Dieu, se dirigeait d’abord vers Hathor (symbolisé par la vache), régnant sur l’Océan primordial : c’est le chemin de   la renaissance.
 

17 juin 2010

Dis maman? un miracle, ça existe, tu crois?

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Cet enfant représente un miracle pour moi.

C'est mon fils, le premier. J'ai vécu une grossesse heureuse, parce que j'attendais depuis longtemps cet état privilégié. Il y a eu ce début, un peu chaotique, le fossé entre le rêve de l'enfantement et la réalité, qui parfois nous submerge...
Son prénom choisi en lisant un article sur le cinéaste Elia Kazan...

Prénom grec, prénom solaire.

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Elia est né lumineux!

Elia a grandit, très entouré de son papa, de sa maman, et de ses deux soeurs, filles de son papa. Puis il a accueilli son petit frère, 17 mois seulement après sa naissance, ils ont été co-allaités, élevés comme des jumeaux. Des nuages sombres sont arrivés sur cette famille, dans laquelle il est né: des difficultés de toutes parts, avec ma famille d'origine, avec celle de son papa, des conflits avec les relations du passé de son papa.  Elia m'a vu me débattre dans des disputes familiales où j'étais dévalorisée, ainsi devenir un être triste, parfois colérique, il voyait que je n'arrivais pas à faire ma place dans ce monde, il sentait peut-être notre désarroi: survivre plutôt que vivre. Petit à petit, sa lumière faiblissait. Je voyais bien que quelque chose n'allait pas, je sollicitais des médecins, l'institutrice des maternelles: "ne vous inquiétez pas, c'est le complexe d'Oedipe."  Un jour de printemps, en 2004 plus exactement, il est rentré plus fatigué que jamais, un immense hématome dans le dos, je pensais que des enfants l'avaient frappé à l'école. Il n'en était rien. Elia était malade, gravement. Il souffrait d'une leucémie, nous l'avons su une semaine plus tard, suite à une prise de sang indiquant que le corps (l'âme?) était à bout. Alors que ma vie basculait ainsi, en un court instant, j'aurais pu me liquéfier ou me laisser endormir  par des médicaments souvent prescrits dans ce genre de circonstances, devenir un être passif, subissant mon destin silencieusement, dans l'endormissement. Ou peut-être que.....tiens, si je parvenais à faire le vide, à me libérer un seul instant de ma peur, je pourrais entendre et accueillir une force de vie incroyable qui porte des noms: tous ces noms ont été abîmés et souillés, alors j'hésite à les écrire, et pourtant.... La foi (universelle bien sûr)? L'amour? Je m'apprêtais à chauffer au micro-onde un plat cuisiné industriellement (c'est de cette façon qu'ils sont nourris à l'hôpital, les enfants soignés en chambre stérile) pour mon petit garçon âgé alors de cinq ans. Des chimiothérapies passaient dans son cathéter, mes mains gantées, mon visage masqué et mon corps recouvert d'une longue robe hospitalière couleur vert-chirurgien. Allais-je m'écrouler, devant cette ironie du sort, moi la maman bio, qui avait allaité si longtemps son enfant, anti micro-onde et tutti quanti? Je suis restée debout, parce que, à mon grand étonnement, Elia souriait sous sa bulle. Il avait confiance... Et aussi, quelque chose d'inattendu s'est produit à cet instant: une force douce et enveloppante est descendue sur moi, m'indiquant, je crois même avoir entendu la voix, que l'amour peut tout. Et avec cette conviction, cet état de foi inconditionnelle, j'ai chauffé ce plat, dans le micro-onde, sans la moindre hésitation et j'ai regardé avec joie mon petit bonhomme le déguster. Jean-Marc et moi avons revisité nos vies, mis à plat les conflits qui nous habitaient, nous ne pensons pas que la maladie vienne par hasard, ni qu'elle soit une punition d'ailleurs. Simplement, un appel à la vie, à plus de vie. Un appel à un Eveil. Nous l'avons accompagné en alternance, sans jamais le quitter, dans ces 3 mois de chambre stérile, 1 an d'hospitalisation presque complète, 2 ans et demi de traitements et le voilà, tellement fort à présent. Il a eu onze ans le 1er janvier, il a retrouvé toute sa lumière.

Aujourd'hui, par écrit, je voudrais rendre grâce de ce miracle: la guérison d'Elia.

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15 août 2010

La petite chaumière

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Un début de journée pluvieux, presque un temps de Toussaint. Je pensais pouvoir commencer mon récit, au sujet de ce voyage au moyen orient. J'ai cuisiné des lasagnes, l'envie du jour, un repas pris dans la bonne humeur, tardivement, comme souvent le dimanche. Et puis le soleil est revenu, et puis nous avons eu envie d'emmener nos chevaux dans les prés du haut, et puis nous nous sommes assis dans l'herbe; là, j'ai retrouvé le plaisir de vivre ici, le plaisir éprouvé les premiers temps de mon arrivée, lorsque nous avions le temps, lorsque nous étions rien que nous deux. Avec nos trois enfants, nos animaux, le soleil et un début de fraîcheur automnale, il y avait comme un petit air de bonheur retrouvé.

Pour revenir à la maison, nous avons décidé de nous arrêter à la "petite chaumière", là où nous avons logé pendant un an, pendant la maladie d'Elia. Ses traitements de chimiothérapie lourde le mettait en état d'aplasie. Notre maison était encore en travaux et présentait un danger pour lui, il avait besoin d'un lieu sans poussière. Nous nous étions réfugié dans cette  maisonnette, le temps pour Jean-Marc de terminer les ouvrages commencés chez nous. Lorsque nous retrouvons cet endroit, une joie incompréhensible nous envahit, à chaque fois! Est-ce le fait de l'issue,  la guérison d'Elia, est-ce le fait d'y avoir vécu des moments d'une grande intensité, parce que nous savions qu'il fallait vivre maintenant, pleinement? Par "hasard" nous avions la clé aujourd'hui. Souvent, Noé a manifesté sa nostalgie, il nous disait qu'il avait tellement aimé vivre ici. C'était en 2004, il avait quatre ans, Elia cinq.  A peine entré, ils étaient fou de joie, "là-haut, c'était ma chambre, a dit Noé (alors qu'il s'agit d'une mezzanine que nous nous partagions pour les quatre...)". Elia n'a rien dit, mais j'ai vu son enthousiasme dans tout son corps. Je mesure aujourd'hui le chemin parcouru et la présence de Bianca, qui est née bien après ces évènements. Sa venue qui venait comme une indication supplémentaire, pour nous dire que tout va bien, que la vie est bien là. De retour chez nous, à la nuit tombée, les garçons ont allumé un feu. Ils grandissent et c'est très bien ainsi.

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10 août 2010

Les Retrouvailles, 4ème et dernier mouvement

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Photos de Bram extraites du catalogue de l'exposition

la première photographie avec lilly sa compagne décédée en 1935 suite à une mauvaise opération dans un hôpital anglais


Comment ne pas évoquer Laetitia, au sujet de cette exposition.
C'est à elle aussi que j'ai beaucoup pensé pendant ce court voyage.

Laetitia est une lectrice de ce blog. Elle se promène comme ça, de l'une à l'autre. Nous avons eu quelques échanges par écrit, c'est une jeune femme intelligente et intuitive. Laetitia a des antennes. Un jour, l'air de rien, elle m'a envoyé un courrier parlant de Bram et de cette exposition dont je n'étais pas au courant, trop éloignée que je suis de la culture et de ce qui s'organise autour d'elle. Savait-elle à quel point ce peintre compte pour moi? Nous avions songé à nous retrouver au musée, cela ne s'est pas fait. Je crois que, en ce qui me concerne, 2 rencontres importantes n'auraient pas été possibles.
Laetitia était présente tout au long de ma visite. Je voulais ici lui rendre hommage et lui montrer ma reconnaissance.

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Bram Van Velde et son frère Geer

Je n'ai jamais voulu utiliser un audio-guide. Pour la première fois, je l'ai fait.
Je ne l'ai pas regretté.
Il m'a semblé que nous formions, les visiteurs qui avaient fait ce choix et moi-même, comme une seule âme. Nous étions chacun pris, saisi je crois par les propos entendus dans ce petit appareil, qui m'a fait entrer dans le monde des deux frères Van Velde. Parfois, nos regards se croisaient. Les paroles auraient été de trop.

Quelques mots retenus, inscrits ici en mémoire de ce très beau voyage dans leur peinture, dans leurs pensées, dans leur histoire:

La peinture ne les intéressait pas, ce qui les intéressait, c'était la condition humaine

La toile ne vient pas de la tête mais de la vie

Je peins l'impossibilité de peindre

On ne peut pas fabriquer la peinture, il faut qu'elle soit vraiment vécue

Bram: Je pense donc je suis : Je pense, donc je m'écroule

La peinture et le monde sont séparés, la peinture doit montrer quelque chose d'insaisissable

Geer: la voie de la certitude, la paix de la certitude

Bram: le doute?

Le chemin du succès est une mauvaise piste

N'être rien. Simplement rien. C'est une expérience qui fait peur. Il faut tout lâcher

Il faut chercher à voir, là où voir n'est plus possible, où il n'y a plus de visibilité

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5 août 2010

Les Retrouvailles, 2ème mouvement

Déjà, en conduisant, quelque chose de particulier avait commencé...

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Bram Van Velde, détail

A la fenêtre d'une maison isolée que je vois habituellement lorsque je prends cette route, une femme, je ne l'avais jamais vue auparavant, était entrain d'épousseter un immense lapin en peluche qui prenait tout l'espace de l'embrasure, une apparition surréaliste, j'ai souris. Un vent de liberté, nouveau, poussait ma petite voiture jusqu'à la gare.

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Geer Van Velde,  Vue du Village, 1925-1928 (?)

Là, nous avions largement le temps pour prendre nos billets, puis aller s'asseoir à la terrasse intérieure du bar. Je n'étais plus inquiète pour Elia, ni pour Bianca, ni pour leur journée avec leur papa. J'étais déjà en route pour mes retrouvailles avec la peinture de Bram et peut-être, quelque autre fragment de moi perdu en route? Ce peintre, je l'avais découvert lors de ma quatrième année d'école d'art à travers un texte d'abord, celui de Charles Juliet intitulé "Rencontres avec Bram Van Velde". C'est grâce à cet hymne à la peinture de Bram que j'ai pu ouvrir mes propres vannes et me laisser aller sur la toile: un sentiment de me libérer de mes chaînes, de mes peurs, de vivre!  Un jour, c'était bien après mon école et bien après sa mort, les toiles de la dernière période de Bram étaient exposées à Genève. J'avais été saisie corporellement, ses peintures étaient entrées à l'intérieur de moi, une rencontre extraordinaire, un état rarement éprouvé auparavant avec une oeuvre d'art et qui n'aura jamais lieu devant la reproduction photographique d'une peinture, surtout les siennes, dans un livre ou sur un écran. Ses peintures touchent physiquement, une présence réelle devant vous. Surtout pas une image.

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9 juin 2010

Féminité souterraine

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C'était en 2008. Je venais d'accoucher d'une fille, après deux garçons nés en 1999 et 2000 et plusieurs fausses-couches. Une sage-femme qui avait suivi cette grossesse avec beaucoup d'attention m'avait tendu un petit papier sur lequel était inscrit le nom d'un blog portant un nom  qui m'a d'abord étonnée:  "tous les jours dimanche". Elle nous trouvait des similitudes. Cet univers m'était totalement inconnu. Je l'ai visité, d'abord un peu, puis de plus en plus. Au fil du temps, je m'y suis attachée. J'ai cliqué sur les favoris de cette blogueuse très appréciée et j'ai découvert que ce monde regorgeait de femmes d'une espèce que je pensais être en voie de disparition: des qualités de regard, des images intéressantes, des femmes qui disent leur envie d'aimer, qui n'ont pas peur de se dire. Elles parlent de leurs doutes aussi. Beaucoup tricotent ou font de la couture (je fais ces activités depuis mon enfance, de façon cachée, craignant d'être démodée). Elles m'ont redonné l'ENVIE d'être femme. Elles n'ont pas la perfection et la froideur des mannequins des magazines, des célébrités du cinéma ou du show business, mais je les trouve tellement plus belles, plus vivantes. Des femmes qui parlent de leur vie,  avec parfois beaucoup de talent et de grâce. J'ai  eu envie de les rejoindre et je ne le regrette pas. Par la suite, j'ai découvert un homme et son blog,  qui me semble nous communiquer par ce moyen la part féminine de son être. Le sait-il?

Cette féminité qui peine parfois à s'exprimer dans la vraie vie est tout à fait présente dans ce monde dit virtuel, et cela me remplit de joie et même, me nourrit.

Bianca porte une robe offerte par sa grand-mère maternelle, réalisée en Inde, pour Nila Moti, une fondation qui soutient un artisanat de qualité manufacturé en Inde. Les bénéfices permettent la construction d'un centre pour la promotion de la femme et de l'artisanat rural.

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4 juin 2010

Vos papiers s'il vous plaît

DSC06753Mon titre de séjour a expiré.
Mon passeport issu de mon pays d'origine est périmé.
Je suis officiellement sans identité, en tous les cas, une sans-papiers.

D'où viens-je, qui suis-je, où vais-je?

Je me souviens de cette phrase entendue pour la toute première fois, dans un cours de français au collège. Notre professeur nous la disait sur un ton ironique, toute la classe avait bien ri, mais pour moi, elle est restée inscrite à tout jamais.

Partie ce vendredi 4 juin, parce que le soleil était au rendez-vous, parce qu'un jour il faut bien se décider à quitter la colline de la liberté pour régulariser sa situation auprès des autorités, parce que ce vendredi était un bon jour pour cela, partie pour la sous-préfecture. Au guichet, nous sommes 3 étrangères à solliciter les services français, 2 femmes d'origine turque, et moi, la schtroumpfette. Au guichet d'à côté, les français qui régularisent des papiers pour leurs voitures. Après avoir obtenu l'attestation pour laquelle j'étais venue, j'ai demandé les formulaires en vue d'une naturalisation française. Je suis en France depuis 13 ans et je n'ai pas réussi jusqu'ici à franchir le pas:  je me sens ni française, ni schtroumpfette. Mon long séjour aux Etats-Unis à l'âge de 18 ans, dans une famille américaine, fréquentant l'école officielle américaine, mes intérêts depuis très jeune pour les autres cultures, un séjour en Afrique dans une famille de griots musulmans, un amoureux éthiopien musulman au Yémen, et bien d'autres expériences de vie et d'échange avec des cultures dites "étrangères" m'empêchent d'adhérer à une nationalité cloisonnée, qui craint la différence culturelle, et tout homme étranger à ses idées. Dernièrement, le pays des schtroumpfs a choqué le monde en interdisant la construction des minarets. Le peuple français aurait peut-être fait le même choix. Et globalement, l'Europe. Changer de nationalité? Choix difficile. J'entreprends cette naturalisation pour me régulariser...Clarifier mon statut. Participer aux scrutins aussi. Les employés de l'administration française m'ont très bien reçue, "vous êtes schtroumpfette, mariée à un français, ce ne sera pas difficile, juste une procédure...". Et comme je suis schtroumpfette, je sais me montrer obéissante. Mais au fond de moi, je voudrais juste être citoyenne de la planète terre.

29 mai 2010

KAMIS

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DSC06177j'aime les étoffes et les jolies robes lorsqu'elles volent et virevoltent dans le vent! Mais il a fait froid ces derniers temps, les robes de printemps et d'été, trop légères, restent au placard et la saison avance. J'ai succombé à la tentation d'un site de vêtement, qui m'attire par son défilement permanent, vous savez? en haut de l'écran. Parce que je l'ai visité quelquefois, il revient sans cesse sur la page de ma boîte email, un rappel comme le chant des sirènes pour les marins de haute mer. J'ai commandé un basique qui me permettra de mettre une tunique printanière, tout en portant des tongs ou des sandales, en fait, un leggings noir d'une marque que je ne connaissais pas: Kami. Le paquet ouvert, le "caleçon" enfilé, je l'ai tout de suite adopté, doux, de bonne tenue, quelques petits boutons sur le bas de la jambe, pratique et joli. J'ai passé ma commande sans prendre le temps de découvrir ce qui se cachait derrière cette marque. Sur l'étiquette j'ai eu l'agréable surprise, et pour ceux qui ont lu le message précédent, je fus très amusée et réjouie de découvrir la philosophie qui se cache derrière, à savoir:

LES KAMIS, au japon, sont des divinités shintoïstes positives, dont la mission principale est de favoriser la relation entre les générations, elles s'incarnent dans des arbres, des ruisseaux ou des animaux. La marque KAMI est née de l'envie de vous proposer une garde robe très tendance et de qualité, mais en plus, s'inscrivant dans une démarche impérieuse de développement durable.A l'exception d'une laine vierge et d'une laine recyclée, KAMI n'utilise que des matières organiques (bio) et certifiées: coton, laine, alpaga, lenpur (pulpe de pin blanc du canada), les cintres sont en protéines de mais. A travers cette collection nous vous proposons de vous sentir belle et en harmonie avec la nature.

Aujourd'hui, en toute simplicité, les kamis des fleurs et le chant des étoiles que Fanny nous a offert sur son blog cette semaine m'ont montré une fois de plus l'infinie bonté de la vie.

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28 février 2011

Sur la route des mimosas 1/3

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Il y a quelques semaines, j'annonçais avec beaucoup de joie notre projet de partir en voyage aux prochaines vacances scolaires, c'est-à-dire celles de maintenant. Je pensais que nous partirions dès les premiers jours, au gré du vent grâce à ce camping-car prêté par un ami. Quitter notre Bourgogne pour se rendre sur la route des mimosas.

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Lorsque j'avais prévu ce voyage, il faisait très doux ici et la perspective de vivre plusieurs jours dans un camion assez bien aménagé ne me faisait pas peur. J'étais portée par ce rêve que j'ai:  depuis de nombreuses années, je désire voir les mimosas en fleurs, si possible avec une douceur, celle d'un soleil clément, celui du sud.

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Les vacances sont arrivées, les journées ont passé, et nous n'avons pas réussi à décoller cette première semaine. Une intuition peut-être? Il y a eu cette fatigue, ces rhumes d'enfants, ce froid qui ne part pas, ni ici, ni là-bas, et puis cette personne à écouter en fin de semaine, qui avait surtout besoin de la présence de Monsieur Bonne heure. Si nous n'avions pas été là, elle n'aurait pu s'appuyer sur lui, celui qui est son papa à vrai dire. Alors, c'était bien que nous soyons à la maison.

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C'est certain que si nous habitions un H.L.M. en banlieue parisienne ou ailleurs, nous serions dèjà partis, nous serions entrain de manger des chips ou des sandwichs  (clin d'oeil à Madame Zaza qui a gentiment cherché à  me motiver...) en regardant la mer. Peut-être même entrain de respirer l'odeur de ces merveilleuses petites boules jaunes qui me font tant rêver! (d'ailleurs, est-ce que ça sent bon les mimosas?)

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Alors voilà, nous avons pris notre courage à deux mains, nous sommes montés dans l'engin, nous avons tourné la clé, fait ronronner le moteur, et nous sommes partis sur la route.

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Au début, j'étais assise sur le siège avant et je dois dire que, rien que le fait d'être en mouvement était déjà formidable, un voyage joyeux qui commençait. Envie d'aller comme ça, pendant des heures, jusqu'à la mer.

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Nous avons roulé 15 minutes, les enfants heureux, à l'arrière. Nous devions nous arrêter pour récupérer un sac de vêtement pour les garçons, à quelques kilomètres de là, chez une amie.

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Puis, nous avons encore roulé quelques....minutes, l'itinéraire que nous avions prévu de faire ce jour-là, pour tourner à droite, direction le haut de la colline. Cette petite sortie était un essai, pour voir si tout allait bien avec le véhicule, voir "comment k'ça fait dans les virages". Elia, à l'arrière, devenait tout blanc et je lui ai rapidement cédé ma place, celle bien confortable à l'avant, celle où le chauffage rend le voyage plus doux. Les 10 minutes passées à l'arrière, dans le froid de l'habitation, la tête qui tourne en effet, le bruit du camion, Bianca difficile à tenir, qui dit inlassablement "rentrer maison"...Pffff, pas gagné ce voyage alors!  Nous nous sommes dirigés sur les sommets de notre colline, celle où tout le monde vient le dimanche lorsqu'il fait beau. Ce jour-là, qui pourtant était un dimanche, il n'y avait personne. Trop froid, trop gris certainement.

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A vrai dire, la colline comme ça, elle me plaît bien aussi. Pas de touristes, un côté sauvage auquel je me suis habituée, peut-être même attachée. Les enfants qui vivent leurs vacances à leur rythme, en visitant quelques copains. Le poêle qui ronronne dans la maison, près duquel je tricote et me réchauffe. Ah lalalala, pas gagné ce voyage en camping-car.

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Il faisait vraiment froid hier, dans ce magnifique paysage, alors que nous discutions ce départ. Nous nous sommes imaginé sur cette route des mimosas, entrain de rouler, entrain d'entendre la petite gémir "rentrer maison", Elia tout le temps assis à l'avant, donc moi à l'arrière, sinon il serait certainement malade, moi essayant tant bien que mal de composer avec tout ça. Dit, et si on rentrait se faire un petit thé bien chaud, à côté du poêle?

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Oui, me répondit-il, après tout, demain j'ai un travail à faire avec mon ami R. Juste le matin... On pourra toujours décider après. Ce soir, on regardera encore la météo, pour voir comment c'est là-bas, dans le sud.

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Et vous les enfants? Vous avez vraiment très très envie de partir en vacances?

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Au repas du soir, après s'être bien réchauffés, après avoir mangé de bonne crêpes, on se disait que notre lieu d'habitation est décidément un bel endroit de vacances. Allez, c'est pas gagné ce voyage pour les mimosas, on va encore y réfléchir quelques heures. On en reparle demain?

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7 avril 2010

Au pays des jouets

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Lorsque j'ai déposé Elia et Noé pour leur stage de tennis, je pensais bien remonter à la maison. Allez, un petit tour à la boutique cadeau ... une dépense s'annonçait.

Jouer, je n'y pense pas assez.

Ce jeu d'échec, tout en marqueterie m'a plu. Non pas pour y jouer. Les échecs, ce n'est pas mon truc. J'étais trop souvent l'observatrice silencieuse et passive des longues parties que faisaient mon père et mon grand-frère; ce jeu évoque plutôt l'exclusion du féminin dans mon histoire.

Aujourd'hui, à la Boutique, celui-ci m'a séduit, parce qu'il me rappelle l'orient, les voyages que j'ai fait. En le regardant, je me revois au Yémen, le marché de Sanaa, les odeurs. C'est curieux, il n'y avait pas de jeu d'échec là-bas...Ah oui, mais, les femmes voilées, complètement, absentes du souk. Ce sont les hommes qui tiennent les étalages de fruits, légumes, parfums, sous-vêtements, épices, assis ou couchés, tout en mâchant du kat, ou fumant le narguilé. Et les femmes, absentes ou cachées? 

Des envies de voyage, j'en ai encore:  Istanbul? l'Asie? l'Inde? le Mexique?

Pour le moment, ce jeu d'échec a trouvé sa place dans la maison, et ce sont bel et bien les garçons qui y jouent...La petit table marocaine prise dans la foulée apportera sa touche de féminin.

Bianca est trop petite, elle les regarde, quant à moi, je continue de rêver à mes voyages en regardant ce bel objet.

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14 octobre 2010

PRINCESSE, FEE OU SORCIERE?

Le_roi_et_l_oiseau

Le roi et L'oiseau, un film de Paul Grimault

Petite, j'admirais toujours les princesses, les jeunes filles sages. Celles qui dérangent juste parce qu'elles sont jolies et si gentilles... Cette représentation du féminin qui ne se met jamais en colère, soumis, qui vit des épreuves terribles, aujourd'hui, ça m'énerve un peu. Je préfère la nature plus sauvage de la femme.

Peut-être que je ressentais aussi cette aide surnaturelle que ces héroïnes recevaient, un chevalier servant ou une bonne fée, un animal bienveillant, enfin, quelqu'un qui veille. Aujourd'hui,  je ne ressemble pas du tout à ce modèle, celui de la belle princesse,  je suis plutôt calme et douce mais il m'arrive de crier et tout mon entourage tremble. Une vraie sorcière cette femme, cette maman, cette épouse. Pourtant, j'aimais Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au bois dormant....pas la méchante!

Nous savons tous que se cachent derrière ces personnages des archétypes. J'ai trouvé ce texte qui parle des messages cachés à l'intérieur des contes de fées.

"la belle au bois dormant"                   

Saviez-vous que les contes traditionnels nous préparent affectivement à évoluer?

Dans chacun d'eux se cache un sens symbolique, ce message caché du conte est souvent un message de vie. Ainsi, "la belle au bois dormant" parle de la transformation de la fille en femme...au début du conte les 13 fées (qui correspondent aux 13 mois lunaires de 28 jours,c'est-à-dire au cycle de la femme), elles annoncent que la princesse se piquera avec son fuseau à 15 ans, équivalent à prédire qu'elle saignera à la puberté (l'âge des premières règles). Le roi,son père fait tout pour l'éviter, tandis que la reine sait bien qu'une femme ne peut y échapper. Ils seront tout les deux absents le jour ou leur fille se pique (les parents ne peuvent empêcher leur enfant de grandir). Ce conte prépare le terrain "Vous grandirez et nulle transformation n'échappe aux risques et à la violence", la violence est symbolisée par la piqûre du fuseau, le long sommeil de la princesse représente le risque d'être si effrayé par la croissance qu'on se replie sur soi. Il pourrait aboutir à la mort éternelle de la Belle si le prince ne venait pas la secourir. Toutefois, ne vous inquiétez pas si vous passez par une période de passivité, continue le conte, vous devez attendre d'être prête. C'est pourquoi les épines du bois se dressent contre le prince qui  est venu chercher la princesse. Ce message est valable pour les deux sexes, l'adolescent, fille ou garçon a besoin d'une période passive ou "il dort sa vie" pour mieux affronter ensuite le monde adulte. Mais quand on est prêt rien n'est insurmontable, comme l'indiquent les branches qui s'écartent toutes seules, l'arrivée du prince peut représenter l'ouverture de la princesse au monde extérieur ou encore l'entrée dans la sexualité active.

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Découvrez la playlist Le roi et l'oiseau avec L'orchestre Symphonique De La Radio Et De La Télévision Polonaise, Stanislaw Wislocki

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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