J'ai toujours pensé que le solstice était un moment fort, surtout depuis ce jour où un ami m'a fait part de son bonheur, celui de savoir que le jour avait gagné de quelques secondes sur les journée précédentes... J'avais réalisé alors le sens profond de ces journées autour de Noël, célébration chrétienne dans nos contrées, mais pas que... car quoi de plus universel que ce soleil qui revient pour nous, qui repart pour d'autres, ces cycles auxquels nous devons nous aligner. Cette année, j'ai découvert chez cette amie de blog des aspects qui m'ont particulièrement intéressée et j'espère qu'elle ne m'en voudra pas de la citer ainsi, et même, de faire un copier-coller de ce passage, celui qui m'interpelle le plus (pour la totalité de l'article, cliquer ICI):
Cette renaissance solaire annuelle, synonyme de renouveau intérieur,
est marquée par une éclipse lunaire totale, donc par la Pleine Lune
éclipsée, qui fait suite à toute une série d’éclipses . Ainsi, ce
rendez-vous intime du Soleil et de la Lune coïncide avec le Solstice,
que les Anciens considéraient comme un portail solaire apportant une
ouverture du cœur et de la conscience. Autrement dit, le Solstice de
cette année s’inscrit dans un cycle beaucoup plus grand et constitue un
seuil exceptionnel vers un alignement corps-âme-esprit au plus près de
notre essence, car en résonance avec le Centre Galactique. Nous vivons
actuellement une synchronisation maximale des cycles de la Lune et du
Soleil : c’est une opportunité formidable pour nous libérer des
‘démons’ hérités de notre lignée génétique et pour nous réconcilier
avec le passé, sur un plan personnel. Au collectif, un renouveau
planétaire au niveau des valeurs et des engagements est en route. Il
prend parfois des formes inattendues et brusques dont l’impact positif
réel ne se révélera que plus tard. D’autres particularités des énergies
planétaires entourant ce solstice nous demandent de ‘voir clair’, de
‘percevoir’ et d’être attentifs à la façade et à ce qu’elle peut
cacher, autrement dit de pratiquer l’authenticité et de l'encourager chez les autres. Ce sera le grand mot-clé de 2011.
Il y a les choses que j'ai vues et celles que je n'ai pas su voir, ou pas pu, ou je n'étais pas assez présente ou trop distraite par mes pensées ou préoccupée par des soucis inutiles ou trop jeune ou entrain de travailler ou encore dans l'instant d'avant ou déjà dans celui d'après
Si j'avais vu ce que je vois aujourd'hui Si j'avais su ce que je sais aujourd'hui Mince alors, mais ce ne serait pas moi Que ce que je n'ai pas su voir apparaisse alors! Je suis prête
J'aimerais bien vivre juste l'instant présent, ici et maintenant. Mais ce présent n'est-il pas fait de tous ces âges inscrits dans notre mémoire cellulaire? S'occuper de celle qui a vécu avant, qui ne savait pas qu'elle ne savait pas. Je suis la grande matriochka, celle qui contient toutes les autres, jusqu'à la plus petite. Que cette aînée console celle d'un autre temps "je suis là...tu as fait de ton mieux...tu ne savais pas...racontes-moi...je te consolerai..."
Il est temps pour moi de me réapproprier cette zone qui m'a permis de donner naissance... Il m'a fallu un certain courage pour prendre ce rendez-vous chez la sage-femme qui me connaît bien, depuis la naissance d'Elia en fait. Je savais que j'allais revoir les photos, les faire-parts de naissance, les revues, les objets, tout ici parle de cela: de bébés et de maternité. Seulement voilà, je ne suis pas là pour une grossesse, mais pour tonifier ce qui voudrait bien encore, et encore, continuer à porter et donner la vie. Il est temps pour moi de passer le témoin, de laisser cette partie de ma vie s'éloigner en douceur, de trouver une nouvelle façon de "mettre au monde". D'où me vient cette terrible insatisfaction, dans tous les domaines, "peut mieux faire", "aurait pu mieux faire" "peut encore mieux faire".... ? Stop, Madame Exigence. Bonjour Madame Indulgence. Stop Madame Nostalgie, bonjour Madame Vive aujourd'hui. Il est temps pour moi de m'abandonner à tous les mystères de la vie, garder confiance que la joie d'enfanter se retrouvera en toutes choses.
Je ne sais pas comment accepter ce fait: l'incompatibilité avec ma famille d'origine qui vit là-bas, au pays des schtroumpfs. Je dois faire attention à ne pas perdre pied lorsque je pense à eux, enlever tout sentiment de culpabilité: tout un travail. La culpabilité est un venin qui a touché plus d'une famille. Non, personne n'est coupable d'être ce qu'il est. Je suis certaine que de leur côté, ce n'est pas facile non plus. Il y a là une souffrance qui nous dépasse.
En fait, je n'ai rien fait de mal. Juste pris ma route, commencé un chemin de traverse il y a très longtemps déjà. En marche vers ma patrie. "Ma patrie, n'est ni tout à fait ici, ni tout à fait là-bas. Ma patrie, c'est la relation" citation de Georges Haldas, que je m'approprie absolument.
Pour élever son pommier et espérer qu'il soit beau et rentable , selon les critères du moment, l'arboriculteur, avec tout son amour, en prendra soin, le nourrira, parfois avec des engrais, ou lui administrera des traitements afin de le protéger des parasites, il lui mettra peut-être un tuteur. J'ai longtemps cru les adultes qui m'expliquaient que les jeunes ont besoin de ce support extérieur pour bien grandir. Mais il est possible que l'arboriculteur n'ait pas su repérer l'essence de son protégé. Il ne comprend pas alors pourquoi, en grandissant, son petit arbre ne donne pas de pommes. Avec le temps, fatigué de ne pas obtenir les résultats escomptés, il s'en détournera, tout décontenancé... L'arbre trouvera tant bien que mal comment contacter sa force. Il se dirigera vers La source de lumière et petit à petit, poussera, d'abord un peu de travers, puis torsadé, mais pas si vilain avec tous ses méandres dans l'écorce. L'arbre devenu grand sera nourri par des racines qu'il aura pris soin de rendre saines, plantées dans une terre prête à l'accueillir, riche en humus. Ses petites branches pourront prendre appui, non pas sur un support artificiel, mais sur un tronc solide et rassurant. Il grandira ainsi, loin de sa culture de ... pommiers , lentement deviendra ce qu'il est... un cerisier sauvage. Malgré la solitude et la nostalgie, il sera joyeux chaque fois qu'il pourra donner du fruit à ceux qui auront bien voulu faire le détour pour venir y goûter.
On me demande parfois si je peins encore. Je ne sais jamais quoi
répondre. Je pourrais dire non, et la discussion s'arrêterait là. Je
pourrais dire oui, et la discussion ne décollerait pas plus, parce qu'il
est rare de rencontrer sur son chemin des êtres qui nous posent des
questions pour de vrai. Ces questions pour de faux sont un prétexte et les
conversations demeurent dans la couche superficielle d'échanges de convenance. Mais si je pouvais leur répondre pour de
vrai, je dirais que oui, je peins tout le temps. Bien sûr, la toile, le
papier, les supports, les pinceaux, les encres, les craies, les sables,
les pigments, les couteaux, tout cela est resté dans mes cartons du
déménagement, une autre partie dans un atelier là-bas, au pays des
schtroumpfs, et de résultat, ils ne peuvent encore en faire le constat. Chaque arbre regardé, je l'ai peint, dessiné, imaginé, et même si mon cher professeur de peinture d'antan me disait que les travaux restés dans la tête n'ont aucune valeur, je lui répondrais aujourd'hui avec beaucoup d'aplomb que ces estampes, coulures, surfaces, matières, couleurs, ombres et lumières ne sont pas dans ma tête mais dans mon coeur, et qu'il me suffira le moment venu d'aller puiser à cette source sans limites. Alors, je le sais déjà, il n'y aura pas assez de place dans la maison, dans l'atelier, dans les hangars alentours pour empiler toute cette énergie qui ne demande qu'à sortir.
Bon, je vous laisse, je vais changer ma petite puce, finir le repas pour mes loulous qui rentrent bientôt de l'école, ranger le linge et les chambres des enfants, faire les factures pour mon mari artisan, ....
J''avais réalisé cette tunique (?) gilet (?) cache-coeur en février.
Testé pour vous:
Un modèle trouvé chez Kids tricots. Facile à réaliser, les mesures sont exactes, rien à corriger si l'échantillon de départ est respecté, tricoté en aiguilles 4,5. La laine proposée, "Quito" de Cheval Blanc est une composition de 60% Alpaga+40% laine. Elle ne me paraissait pas très intéressante au toucher, lorsque je l'ai reçue en pelotes, mais au final, elle est très agréable, souple, de bonne tenue et tout se passe bien au lavage (à la main tout de même). Bianca adore porter ce nouveau vêtement, je pensais qu'elle allait le refuser comme souvent... C'est probablement la couleur rose et les froufrous qui lui plaisent! Je conseille donc aux tricoteuses ce modèle et cette laine.
Photographies prises à la mi-mars... d'où le bonnet!
Ces photographies, je les ai piratées sur le net, mais après tout, il suffit que je mette le lien vers l'auteur pour me donner bonne conscience. (cliquer sur les photos pour le lien). Il y a des envies fortes de voyages en moi. Par exemple, il suffit d'un devoir à faire en histoire-géo avec Noé, qui me demande où se trouve le désert d'Atacama, et me voilà projetée en Amérique du Sud, survolant la Cordillère des Andes. Rien que le nom d'"ATACAMA" me donne déjà des ailes. Hier après-midi, j'ai attendu mes deux garçons à leur sortie du collège pour partir en ville faire quelques courses. Nous avons retrouvé JM en ville puis, tous les cinq, partis à la maison de retraite médicalisée où vit ma belle-mère, l'impression qu'elle est de moins en moins "là", la ferme conviction que ces maisons sont juste des mouroirs et la révolte qui pourrait naître de ce constat, l'envie de ré-inventer l'accompagnement à la vieillesse, la peur au ventre qu'un jour, je serai peut-être dans le même état, dans un lieu comme celui-ci. Pour l'heure, je choisis d'enfouir tout ça, ou plutôt, je laisse passer l'angoisse, la ressortirai plus tard pour la traiter, l'alléger, la transcender, enfin, quelque chose du genre. Nous voilà partis pour aller manger dans un petit restaurant turc.
Alors que je racontais à Jean-Marc ma quête du meilleur prix pour un éventuel billet d'avion en avril, partir pour les Cyclades (une envie folle?), mon projet aussi de les entraîner sur la route des mimosas aux prochaines vacances, nous regardons les photographies affichées sur les murs, un tissage aussi, avec des pompons colorés, une conversation avec le patron qui nous raconte la Turquie, lui qui est turc, lui qui es né là-bas, lui qui vit en France, mais pourquoi? et me voilà partie pour Istanbul, les montagnes somptueuses et leurs bergers, les galettes cuites sur des fours à bois, les maisons troglodytes, et plus loin, la mer, ou encore les sources chaudes dont je voyais les images, il y a longtemps, dans le bureau d'un homme d'affaires pour qui je travaillais.
Je me sens nomade en ce moment.
Besoin d'évasion, besoin d'élargir mon champ de vision, besoin d'air nouveau, besoin de visages ensoleillés. Besoin de mouvement. Besoin de nouveauté.
Pour l'heure, je vais aller cuisiner le repas du midi, des épices orientaux certainement, mettre du soleil dans nos vies, coucher quelques rêves colorés sur du papier, pour le porte-monnaie et la logistique d'un voyage à cinq, ce sera plus léger.
à toutes les saisons, toutes les heures, tous les instants de ma vie...
Ce sujet sera le principal de mon activité picturale,
parce qu'ils me rassurent, parce qu'ils me donnent toujours de la joie, parce qu'ils sont beaux où que j'aille sur la planète et à n'importe quel moment de l'année, parce que je crains parfois leur disparition, parce que je souffre lorsqu'ils sont coupés, parce qu'ils me donnent la force d'aimer et de vivre.
J'aurais pu raconter, en ce 29 décembre 2010, l'épisode de l'année dernière à la même date, notre visite chez mes parents, la dernière fois que je les ai vus... cette boisson offerte dès notre arrivée, parce que je ne voulais pas d'alcool, après 3 heures de route de la Bourgogne en passant par le Jura pour arriver sur les plaines helvétiques, juste envie de souffler, je n'avais pas eu envie d'accepter le jus de tomate que ma mère me proposait, parce que je ne supporte pas ce breuvage, qu'il me donne des brûlures d'estomac, l'air choquée parce qu'elle ne comprenait pas pourquoi je ne répondais pas affirmativement à sa proposition, enfin, un si bon jus de tomate tout de même, et le reste du séjour, des tensions pour tout et pour rien, sur trois petits jours qui nous ont paru une éternité, notre départ le 1er janvier, jour d'anniversaire des 11 ans d'Elia, complètement brisés intérieurement de ce constat, pas le premier d'ailleurs, que, quoi que je fasse, quoi que je dise, je dérange, même si je me tais .... Ce "je" qui n'est pas "moi," qui est ce "elle" qu'ils ont fabriqué dans leur esprit et qui justifie leur mépris à mon égard. Non, je ne laisserai pas "Une envie de bonne heure" se faire envahir par cela.
Je suivais quelques blogs depuis plusieurs mois et l'idée germait en moi, pourquoi ne pas en ouvrir un? A la fin du mois de mars 2010, je me suis lancée. J'en avais informé par email mes parents et mon frère, ma belle-soeur, car secrètement, je pensais ainsi créer un lien, leur montrer ce que je pense être mon vrai visage, celui qu'ils ne veulent pas voir, celui avec lequel ils ne peuvent ou ne veulent entrer en contact, que peut-être, "ils" viendraient me lire, chercher à me connaître, arrêter de projeter leur ombre sur moi et constater que je ne suis ni "paumée" ni "mauvaise" ni "extraordinaire" d'ailleurs, juste une humaine, en quête. Ainsi, l'ouverture de ce blog, annoncé à ma famille natale, aux filles de mon mari également, quelques vieilles connaissances avec lesquelles il ne se passait plus rien depuis mon départ de Suisse en 1997, annoncé aussi à des personnes que je connais depuis que j'habite ici, ainsi que les deux blogeuses qui m'avaient donné envie d'en ouvrir un: je n'ai pas trouvé d'écho auprès de ces destinataires. Combien de fois ai-je douté. Comprenez mon désarroi, une famille qui ne répond pas, des amis qui ne viennent pas lire ou pour qui cela n'a pas d'intérêt, des lecteurs anonymes aussi, qui passaient ici, tous silencieux.... Au fil du temps et de façon très différente de ce que j'aurais pu imaginer, un lien s'est créé, entre moi et moi d'abord, j'ai retrouvé le fil de ma créativité, compris que dessiner et écrire avait un sens absolument vital pour moi, c'était d'ailleurs mon souhait émis au tout début, sur le deuxième billet. Je me sens en accord aussi avec le tout premier billet qui parlait du bonheur, "que chaque heure est la bonne". Ainsi, j'ai pu déposer ici quelques pensées, poser les mots qui soulagent, évoquer quelques souvenirs aussi. Je me souviens d'un des tout premiers commentaires, d'un lecteur nommé Loulou, qui m'a rempli de joie! Puis un deuxième, un troisième, tous m'ont aidé à ne plus douter, à continuer. Je n'écris pas pour la certitude de recevoir des commentaires mais chaque message laissé ici de votre part m'a permis de soigner la blessure d'être ignorée de ceux pour qui je destinais, en partie, cet espace. Je viens ici vous remercier pour cette présence. Finalement, je suis très heureuse d'avoir été ignorée d'eux, un sentiment d'avoir élargi mon champ de vision.
J'ai constaté que, dans ma vie, le temps des "neuf mois" était bien plus important que celui des "un an", et puisque la nouvelle année pointe le bout de son nez, j'avais envie de célébrer cette date anniversaire avec vous. Laissez ici une trace écrite de votre passage, racontez comment vous êtes arrivés sur ce blog, vos envies concernant votre vie dans l'année à venir, votre bilan de l'année passée ou juste un bonjour, juste un petit mot. Ce blog ouvert, comme un salon de discussion.... J'enverrai à chacun un dessin (pas une reproduction bien sûr) de ce poisson, il s'agit d'une carte format 82x128mm:
J'avais commandé début décembre l'impression d'un livre en format de poche A6, une édition personnelle des "trois cheveux d'or" illustrée sur ce blog, (le sens caché du conte est lisible sur les billets des trois premiers dimanches de l'Avent) afin de le proposer en cadeau en cette fin d'année. Le fournisseur à qui j'ai passé commande a beaucoup de retard, je ne peux donc le photographier pour vous le présenter. En attendant qu'il me soit livré, début de semaine prochaine certainement, voici quelques images du projet photographié sur mon ordinateur:
Le soir de mercredi prochain, je réunirai tous les noms laissés ici, chacun de mes enfants en piochera un. Vous serez trois à recevoir un exemplaire. Je vous souhaite de belles fêtes de fin d'année, solitairement ou en famille, avec des amis ou avec votre amoureux/se, dans le bruit ou le silence, selon votre désir ou vos possibilités.
D'ores et déjà, je vous souhaite une belle et heureuse année 2011.
Il y a eu ce début de semaine, Elia un peu malade, fiévreux, et l'inquiétude qui en découle.
Il y a eu une jolie ballade le soir d'avant, les garçons dormaient dans leur cabane dans la forêt, et nous avons marché, avec Bianca, jusqu'à la nuit tombée
Il y a les chevaux, de retour de leur prairie, contents de retrouver les herbes autour de la maison
Il y a eu cette escapade en ville, les garçons m'ont bien aidée à choisir des lunettes. Nous avons regardé le monde sur un banc et mangé des glaces
Il y a eu cette petite fugue matinale. Délaissé les tâches de la maison, juste un instant de liberté qui a décalé fortement l'heure du déjeuner...
Regarder les arbres, et le ciel et se sentir momentanément rassurée
Il y a eu cette rencontre avec les chèvres
Il y a cette belle relation avec ma fille
C'est l'été!
Summertime, and the livin' is easy Fish are jumpin' and the cotton is high Oh, your daddy's rich and your ma is good-lookin' So hush little baby, Don't you cry One of these mornings you're gonna rise up singing Then you'll spread your wings and you'll take to the sky But 'til that morning, there ain't nothin' can harm you With Daddy and Mammy standin' by One of these mornings you're gonna rise up singing Then you'll spread your wings and you'll take to the sky But 'til that morning, there ain't nothin can harm you With Daddy and Mammy standin' by
Nu - 1988, extrait de mon dossier d'entrée à l'Ecole d'Art
C'est l'été, les êtres vivants de cette partie de l'hémisphère, plus particulièrement ceux de la blogo-sphère, parlent de leurs corps, qui s'étirent, se prélassent ou se mettent en mouvement sous le soleil ou caché de lui, à l'ombre des parasols ou dans les sous-bois, sous le ciel étoilé les âmes se mettent à rêver et même, risquer des souhaits.
Modèle Doris, danseuse contemporaine, 1991
Il est question de ralentissement, chaleur oblige. Le solstice est passé et bien que le soleil soit vraiment de la partie, il y a un petit air de nostalgie qui pointe sur les billets ou dans mes rencontres. Plonger de tout son corps, de tout son coeur, dans cet espace où la splendeur terrestre exalte et sentir aussi l'éphémère de cette beauté, tel est le paradoxe. Vivre l'instant, accepter d'être cela, (que cela?) juste un être humain au coeur d'un univers qui nous fait valser sur des airs et des rythmes qu'il nous suffit d'accueillir, les savourer sans craindre le changement de musique qui arrivera à temps, au bon moment bien sûr!
taches dues au mauvais stockage dans une cave après mon déménagement
Depuis le début de la projection, les larmes voulaient sortir. Lorsque Pina a fait son entrée dans le film, elles ont coulés, lentement. Je n'ai pas cherché à les essuyer. Elles ont atteint mes lèvres, me donnant ce goût particulier, un mélange salé et doux, celui d'une tristesse connue et familière qui s'exprime ainsi, une fois de plus. Il y a cette nostalgie de la danse que j'ai voulu approcher, petite déjà, puis, plus tard, encore et à plusieurs reprises, à chaque fois, ces rêves dansants qui se dérobaient. J'ai insisté pourtant, sans vraiment comprendre ce que je cherchais. C'est dans les cours de dessin de ma troisième année d'école d'art que j'ai commencé à entrevoir le sens de ce désir. Grâce à cette professeur de dessin qui animait ses cours en musique avec notre modèle, une danseuse très inspirée du travail de Pina Bausch. Je ne sais pas précisément ce qui m'a mise dans un état pareil hier soir. La danse, bien sûr, qui m'a si souvent bouleversée. Le travail que ces deux femmes (des danseuses des premiers temps de la troupe) ont fait avec les adolescents. Le souvenir de mes années à l'école d'art, en ce temps-là, je dansais beaucoup. Celui de mon travail de professeur d'arts plastiques avec des jeunes, parce que je sentais qu'il y avait de très belles choses à vivre avec eux, différentes de ce que l'école publique proposait. Celui de ma vie d'avant, dans une ville, celle où je travaillais avec d'autres artistes sur des projets passionnants. A la sortie de la séance, je me suis confiée à mon compagnon, lui qui partage ma vie, mes peines et mes joies depuis 14 ans maintenant. J'ai pu lui dire, une fois de plus, que je me sens parfois vivre un terrible conflit intérieur, que j'ai ce sentiment indomptable d'avoir sacrifié une partie de mon être, afin d'être maman. Que si je n'avais pas été maman, j'aurais aussi dû sacrifier cette part de maternité dont je rêvais, que tout ceci n'est pas simple à vivre, que je ne suis pas certaine de savoir encore qui je suis dans tout cela. Dans ces moments-là, je ne me sens évidemment pas à la hauteur dans mon rôle de mère. L'artiste qui sommeille en moi demande sa part de vie et ne l'obtient pas. Alors elle se met en colère ou pire, déprime... Et la maman qui devrait être joyeuse ne l'est pas forcément. Je sais qu'il y a des femmes qui ont réussi à vivre les deux, en jonglant avec ces deux faces, en se faisant aider, en confiant leurs petits à d'autres, pour un temps. De mon côté et depuis toujours, je suis incapable de me partager. Ce rôle unique pourtant n'est pas synonyme d'harmonie. Il y a plusieurs femmes en moi qui se livrent à de terribles batailles. En écrivant ces lignes, je réalise que ce blog est certainement une tentative inconsciente de réunir tous ces personnages, les rassembler et peut-être aussi, les rassurer. Ces instants de vie vécus comme des éléments séparés, mon amour de la musique, celui du mouvement dansé, celui du trait laissé sur un papier ou une toile, l'amour de la lumière et de la couleur, le regard que je porte sur les êtres qui m'entourent, tout cela a certainement un sens dont je ne mesure pas encore l'ampleur. Ces traces laissées d'abord entre moi et moi, puis lues par d'autres, comprises, aimées ou entendues, parfois. Comme une lumière dans la nuit.
Notre quotidien se déroule sur la colline, en duo solitaire, une maman et sa petite... Les garçons au collège, l'homme à son travail. Ces jours, nous avons retrouvé un rythme... qui nous laisse un temps conséquent l'après-midi pour nous balader. Nous avons le choix: descendre d'abord, la montée au retour sera rude... ou commencer par monter sur cette route qui mène au village déserté, où se trouve la petite église et quelques maisons de villégiature. Il faudra pour cet itinéraire passer devant le cimetière qui abrite des anciens, certains que j'ai connu à mon arrivée. Des plus jeunes aussi, une qui était une amie. Il y a également quelques parisiens qui ont choisi d'être enseveli ici, parce qu'ils y avaient une résidence secondaire pendant la guerre, devenue résidence principale pour se cacher pendant ces années difficiles. Il y a ceux qui n'ont jamais réussi à vivre complètement sur la colline, ceux qui avaient deux vies, celle de la ville en hiver, puis celle enchanteresse ici, l'été, la fraîcheur des sous-bois, la splendeur du paysage, les étangs où se baigner. A chaque fois, Bianca veut s'arrêter, entrer, visiter ce cimetière, une sorte de rituel dans lequel elle m'entraîne. Une petite fille qui demande: c'est qui là? Qui demande à voir sous la pierre... à la fois respectueuse des lieux et joyeuse.
J'avais écrit ce billet la semaine dernière, je n'avais pas envie de le publier et puis aujourd'hui, en allant avec les trois enfants à notre bibliothèque municipale, en roulant, j'ai entendu une émission sur France culture qui m'entraîne, m'autorise presque à le faire, parler d'un cimetière...
L'auteure invitée: Marie-Ange Guillaume pour le livre
"tout le cimetière en parle".
Les états d’âme du jeune « opérateur funéraire » fraîchement embauché, venu présenter son catalogue de cercueils à sa cliente fraîchement orpheline de père. Le monsieur de 87 ans qui ne veut plus se laisser emmerder par son taux de cholestérol. Le fait divers sanglant chez le petit couple « sans histoire », comme on dit avant que la moquette soit repeinte en rouge. Le départ du chien et la détresse de son maître. La visite à l’amie dans son mouroir de luxe — on aurait voulu tout savoir d’elle, mais c’est trop tard et on parle météo. Le vieil homme magnifique à la vie si pleine, devenu la chose hospitalière d’une infirmière qui entre sans frapper. Le mortel qui veut durer et l’immortel qui se barbe : ça fait un partout…
La mort, sujet réputé antipathique, Marie-Ange Guillaume l’ausculte avec humour, colère parfois, larmes quand le chagrin déborde. Si bien que ce livre salutaire revigore le vivant — il est bon d’apprivoiser cette chose hostile et invivable, puisqu’elle nous pend au nez.
Regarder les peintres, les peintures de la grotte de Lascaux c'est bien pour commencer.
Puis, s'arrêter devant des toiles, des dessins, des oeuvres qui nous touchent dans le corps,
quelque part, au ventre, au coeur, une impression que le monde
n'est plus tout à fait le même une fois sorti du musée ou de la galerie,
que les oeuvres regardées ont changé quelque chose si profondément que
le regard que l'on porte sur notre vie, sur le paysage, sur notre
quotidien s'en trouve métamorphosé. Ainsi commence, je crois, la leçon
de peinture ou de dessin.
Il y a quelques années, nos deux garçons Elia et Noé avaient respectivement 4 et 3 ans, la rétrospective dédiée au peintre
Nicolas de Staël touchait à sa fin au Centre Pompidou. Je m'étais promise que, coûte que coûte, vaille que vaille, nous irions
voir les oeuvres réunies de ce peintre. Les
mois avaient passés depuis le début de cet évènement et ce déplacement me semblait difficile à faire en
famille: train, séjour à l'hôtel, restaurant tout ce tralala me décourageait d'avance. Au dernier moment, quelques jours avant la fermeture de l'exposition, dans un élan
formidable, j'étais partie à la gare TGV prendre des billets, un
aller-retour en une seule journée, voilà qui me semblait être la
solution. Nous sommes partis à 8h30 de chez nous, avec le chant des grillons. A 11h00, nous étions dans la salle du musée. Quel
bonheur! Nos deux petits se sont montrés si coopératifs, si
joyeux. Ils regardaient chaque toile, avaient l'air aussi transportés
que nous. A mi-chemin dans l'exposition, ils se sont endormis
dans nos bras. Nous sommes restés assis, nos enfants blottis contre nous. Nous avons regardé longuement une toile, l'inachevée, la dernière du peintre.
Rentrés dans notre maison à 22h00, avec le chant des grillons qui nous
attendaient, nous étions comblés, nourris. Quelques semaines plus tard,
lors d'une promenade, Elia regardait le ciel flamboyant, celui juste avant le coucher du soleil. Il m'avait dit: "on dirait une
peinture, tu sais maman, comme celles qu'on a vues l'autre jour à Paris."
Jouer *** pas assez joué dans mon enfance
*** j'avais si peur des autres *** enfance solitaire *** adulte joyeuse
*** j'aime mon homme *** j'aime le soleil *** j'aime jouer *** essayé
le tennis à 20 ans, un peu *** retrouvé le plaisir de la balle échangée
avec l'autre *** petite musique, un peu triste*** souvenir d'un film aimé il y a longtemps *** je l'aime bien même si
je ne suis pas triste *** la colline ensoleillée *** Envie de jouer
longtemps!
Juste au-dessus de chez nous se trouve ce terrain de tennis, un peu abandonné, attenant à un gîte en location à la belle saison. Cette maison était celle d'Odette une vieille dame décédée il y a quelques années qui considérait Jean-Marc comme son fils. C'est peut-être pour cette raison que ses descendants nous laissent les terrains pour nos chevaux dès le printemps, lorsque l'herbe pousse, et, lorsque le gîte est inoccupé, venir taper quelques balles. Ce village, petit à petit, est devenu un lieu de vacances, les maisons du petit bourg central pour la plupart transformées en résidences secondaires ou louées à des touristes. Une colline où les gens, autrefois, vivaient modestement, certains misérablement.
Tous les ans, le matin du 1er mai, il me glisse à l'oreille: "c'est le 1er mai". Et on se sourit..."
La providence. Belle providence qui m'a menée jusqu'ici, sur la colline. C'était un 1er mai. Dans mes voyages, j'avais pour habitude de garder tous mes sens en éveil, surtout le regard. C'est la première fois que j'arrivais les yeux fermés. Un ami de longue date m'avait entraînée dans cette escapade vers la Bourgogne. Il avait rencontré Jean-Marc depuis peu, au hasard de ses rencontres et prévoyait de passer ces 4 jours près de lui. Il pensait surtout trouver un lieu pour s'installer, quitter sa vie de citadin pour monter une ferme dans la région et tenait absolument à me montrer une propriété à vendre. Il voulait peut-être un peu plus, partager un bout de vie avec moi , mais je faisais comme si il n'en était rien. J'avais 34 ans et épuisé mes batteries, affectives, professionnelles, familiales. Alors que je cherchais à m'endormir dans cette voiture qui m'emmenait vers mon futur, l''ami m'avertissait "non, ne t'endors pas! Nous arrivons!" Pourtant, mes paupières se sont fermées et lorsque le bruit du moteur s'est arrêté, je suis sortie du véhicule, j'ai marché jusqu'à cet endroit à l'heure où la lumière est si belle. Il me dit que je me suis accroupie, regardant au loin j'ai dit: "oui, ici, ça ira bien, je crois que ça ira très bien". Je ne me souviens pas de ces mots prononcés face à ce ciel immense, mais j'aime beaucoup lorsqu'il me raconte mon arrivée ici.
Partir au dernier moment pour "Les Ateliers du Jour" et sa bibliothèque, Bianca, Elia et moi, Noé resté avec les copains dans la forêt, partis juste à temps 1/2 heure de route, pour 1/2 heure sur place...Vraiment, n'importe quoi!
Profiter d'être là, au bord du canal, pour regarder les péniches et rêver encore et encore aux voyages... Arriver devant un petit restaurant, presque au bord de l'eau, malgré la pluie, se sentir en vacances en bord de mer.
Avoir envie d'entrer dans l'établissement après avoir lu les trois menus du jour, pourquoi pas? Tu as faim? Moi aussi... Alors, on y va!
Se sentir accueilli, par un garçon avenant, souriant, gai, un air de Paris soudain. "Oui, j'étais garçon de café à St Michel pendant 10 ans, mais je suis revenu au pays" nous dit-il entre l'entrée, un taboulé délicieux, et la suite, un feuilleté de la mer... Manger avec bonheur, sur des airs de Ray Charles. Au moment du dessert, une tarte aux abricots pour nous, avec un café pour moi et une glace à la vanille pour Bianca, il nous dit aimer la colline où nous habitons, qu'il y achètera une maison un jour. "c'est une vie très solitaire..." je le préviens. Déambuler dans la rue piétonne, se renseigner sur les prix d'un bon appareil réflex, envie de faire des belles photos, comme avant, avec mon argentique. Je repars avec un catalogue, l'achat sera pour plus tard. "vous pouvez payer en 4X sans frais" il essaie de me convaincre à l'acheter tout de suite. "Non, plus tard" suis-je obligée de lui répondre. Repartir, avec la satisfaction d'avoir vécu une certaine humanité, sans avoir fait d'achats, juste bien mangé, un air de vacances à côté de chez moi.
Je suis peintre, en panne ou en attente, en tous les cas, peintre. Cet univers "virtuel" ne m'est pas familier. Des problèmes techniques, mise en page, insertion de photos, je m'y perds un peu. En me promenant autour de la maison, dans cet environnement sauvage et préservé, j'ai surtout regardé les arbres, guetté les premiers bourgeons, et tout en marchant, me posais la question du bien-fondé de cette nouvelle initiative.
Je me souviens de ce temps où, assistante d'un professeur de peinture dans ma ville natale, j'expliquais avec beaucoup d'arrogance, celle de la jeunesse, qu'il fallait tout oser sur la feuille blanche, puisque finalement, il n'y avait aucun danger. Je ferais bien de retrouver un peu de cette audace. La peinture me manque, j'attends de trouver l'espace-temps et l'espace-lieu dans cette maison pour m'y jeter corps et âme. Mes peintures étaient assez physiques, grandes, et j'aimais travailler la matière. Ici, je vais chercher à retrouver le chemin de ma créativité. Je me suis mariée tard, en 1998, je l'ai connu trop tard, mais c'était lui, enfin, rencontré par hasard bien sûr... le 1er mai 1997, nous ne nous sommes plus quittés. Puis les grossesses, les fausses-couches, les naissances, trois enfants merveilleux, la longue maladie de notre premier enfant, à 5 ans, la leucémie. Il va bien maintenant. Ecrire des billets pour eux, pour nous, besoin de laisser une trace, avec des images, ça aide à fixer certains états d'âme. L'idée d'être visitée me paralyse un peu, celle d'être ignorée encore plus!
Hier soir, je n'ai pas allumé l'ordinateur. Je n'avais pas vu les quelques commentaires écrits suite à mon billet qui déclarait mon besoin, celui d'une chambre à soi. Je suis heureuse aujourd'hui de les découvrir et de sentir que je suis en contact avec ces femmes que je lis, qui me lisent, une sorte de télépathie ancestrale? Je m'égare... (ou pas).
En me couchant, je me disais que peut-être, ce blog était justement devenu "ma chambre à moi" et que si mon mari ne vient pas le lire, ce n'est pas uniquement par manque de temps, car il est vrai qu'il a beaucoup de travail. Je pense que c'est, même si c'est de manière inconsciente, une façon de me laisser dans un espace qui est le mien, n'y venant que si il y est invité. Lorsque j'ai écrit ce billet, j'avais en arrière pensée le livre de Virginia Woolf que je n'ai pas encore lu, mais ça ne saurait tarder... Il me semble avoir compris avant cette lecture, qu'elle ne revendique pas une féminité opposée à l'homme. Plutôt un appel, une main tendue aux femmes à devenir elles-mêmes et à se nourrir les unes des autres, "incitant chaque femme à devenir héritière de ses soeurs, à tirer sa vie de la vie des inconnues qui furent ses devancières, ainsi que les hommes le font depuis toujours entre eux. (cit. Elaine Audet)." J'ai vraiment hâte de la lire! et ceci justifie pour moi, parfois dans le doute d'écrire un blog ouvert publiquement, que oui, cela a vraiment un sens d'être en contact de cette manière: confidences offertes sur une blogosphère publique. Le rapport à la femme me ramène aussi à mon séjour en Afrique, il y a dèjà.... 20 ans. Je vivais avec une famille de griots de tradition Mandingue, mon ami était percussionniste et élève d'un fabuleux joueur de djembé: Adama Dramé. Virtuose en la matière. J'avais appris avec eux les danses traditionnelles de cette culture si différente. Ainsi, lors de mon séjour, je pouvais aller quotidiennement aux fêtes pour lesquels Adama et ses musiciens jouaient, pour faire danser les femmes ou accompagner les chants superbes des femmes griots. J'ai d'abord observé, admiré aussi, l'amour qui se manifestait, à travers la danse, entre ces créatures féminines si belles, si puissantes, qui bien que souvent rivales dans leur quotidien, devenaient amies et aimantes les unes des autres, elles transpiraient de bonheur, je vous assure. J'en étais bouleversée.
Puis, petit à petit, je me suis intégrée au groupe et j'ai dansé, et frappé des mains avec elles, beaucoup. Chanté aussi. Ceci est inscrit dans mon corps à tout jamais.
Amies blogueuses, lectrices de blog, merci d'être présentes et de communiquer parfois votre soutien, votre envie d'être amies des femmes. Oups, si un homme passe par là, qu'il se sente bienvenu! Car, pour revenir à Virginia, tout comme elle, je cite (dans une chambre à soi): "Elle rêve d'être auteur qui écrit comme une femme, mais comme une femme qui a oublié qu'elle est une femme et qui, en tant qu'esprit androgyne, connaît cette délivrance majeure de penser aux choses en elles-mêmes..."
Quelques photos argentiques, eh non, le numérique n'existait pas..., de mon séjour en Afrique, en tradition mandingue
Les professeurs du collège absents l'après-midi, les garçons rentrés pour le midi. Un repas pris au soleil, sur la terrasse devant notre maison, puis le projet d'une sortie tous ensemble. Mon week-end passé à l'intérieur afin de travailler cette émotion difficile (la colère) m'avait laissé un goût amer. Cette balade du printemps s'est imposée tout naturellement, celle que nous oublions chaque année de faire: lorsque les petites feuilles se font dentelle, il y a si longtemps qu'il m'en parle, depuis notre première rencontre à vrai dire, il dit qu'il ne faut pas "rater" cet évènement et partir se promener dans la forêt. Chaque année, nous l'avons manqué: partir tous ensemble admirer ce beau spectacle. Un lundi comme un dimanche, c'était ce qu'il me fallait.
J'ai écrit ces quelques lignes mardi. C'est ça, tenir un blog, il y a des jours où cliquer sur "poster & publier" est si facile, d'autres où ce geste semble impossible. Se rappeler que, ici, c'est avant tout un espace qui fait mémoire de notre vie et des pensées qui en découlent, un miroir aussi, qui permet peut-être de ne pas perdre pied... Bien sûr, ce qui peut bloquer, c'est l'idée de cette ouverture sur le monde, celle-là même qui fait que justement, ce geste est possible. Tout en marchant, j'ai commencé à digèrer cette émotion forte qu'est la colère, une traversée difficile comme je le disais dans le billet précédent. Je voudrais évoquer ici les premières pistes: la colère n'a pas la cote. Il n'y a pourtant pas de bonne ni de mauvaise émotion. La colère en est une, c'est tout. Mais la colère est souvent confondue avec la violence, est un des pêchés capitaux ne l'oublions pas, même si il existe ce qu'on appelle des "saintes colères". C'est un émotion forte, qui fait perdre contact avec le rationnel. La colère rend coupable ou honteux. Culpabilité: ce que j'ai fait. La honte: ce que je suis, ou dit autrement, je n'ai pas le droit d'être qui je suis. Il y a évidemment tout un monde à comprendre à travers cette émotion, celui de la relation à soi et aux autres. Ceci mène à la notion de peur: de ne pas être reconnu, respecté, aimé, entendu, peur d'être abandonné, envahit, de ne pas exister.
En langue des oiseaux COLERE - une colle qui erre: le désir de se détacher (de quelqu'un, de quelque chose) sans savoir personnellement dans quelle direction aller.
Tes photos sont des tableaux. Moi qui n'ai pas le temps d'aller me balader par les chemins, je vais rester longtemps devant la 5éme: J'en sens presque l'odeur de l'herbe et j'entends les petits bourgeons s'ouvrir! Merci de nous emmener dans ta poche!
Ton post sur la colère me touche personnellement, moi qui ai tant de mal à la gérer.
Tes photos sont superbes, empreintes de sérénité.
Je n'ai rien compris de ton post, de plus que les photos respirent la sérénité et le bonheur. Quand je suis furieuse, je sors dehors et je crie, je cours, je m'épuise jusqu'à tomber par terre. Tes photos sont magiques, tes enfants aussi, un beau cavalier, l'endroit fait rêver, la nature, les chevaux, le chien, que demander de plus de la vie?..
Je crois bien que tes photos sont de plus en plus belles!!! Je crois bien que ta puce est de plus en plus jolie!! Je crois bien que ce que je ressent en ce moment est très proche de la colère là, sous le goût de la vie et la douceur d'aimer... Ton printemps est bien joli en dentelles!!!!
Rien à répondre à ce sentiment personnel........juste regrder cette campagne qui t'entoure, qui m'entoure, y trouver la paix,la sérénité.............
Décousu même si l'ensemble parle; tu es totalement dans l'émotion... ... Cette forêt est vraiment magnifique et vous avez bien raison d'en profiter! Pensées amicales.
J'aime tes émotions... et le printemps en fleurs, en feuilles... j'aime aussi ton printemps !
Tu sais, la colère est une émotion qui fait partie de moi aussi, et qui m'emporte, et me dépasse... et j'ai appris à la gérer. C'est difficile, de l'accepter, avant qu'elle ne déborde. Chouette cheminement, encore une fois. Des bises!
L'Épiphanie, tout comme le cycle de Noël, est loin d'être d'origine purement chrétienne, mais tire son fond et son sens des célébrations païennes de la Lumière. En effet, Noël, avant d'être un jour, est d'abord un cycle, qui atteint son apogée au jour du solstice d'hiver
(ou en tout cas un des jours associés au solstice) le 25 décembre.
Cette nuit du solstice, qui est la plus longue de l'année, signifie le
retour de la Lumière ou, mieux, la renaissance de la Lumière à l'origine
de toutes choses. Puis la célébration se prolonge durant un nombre de
jours hautement symbolique : 12 jours. Ainsi Noël est-elle une fête qui
dure 12 jours et 12 nuits, le 12 représentant entre autres la Totalité
(12 mois, 12 heures, 12 Apôtres, 12 Dieux Olympiens, 12 Imâms dans le
shî'isme duodécimain, etc.) Le cycle prend fin le 6 janvier.
C'est à ce moment que les jours commencent à s'allonger de façon
sensible, que la promesse de la nuit solsticiale est tenue. On célèbre
alors l'Épiphanie, la manifestation de la Lumière. La galette symbolise
par sa forme ronde le soleil. Extrait tiré de Wikipédia.
Lecteurs réguliers ou de passage sur ce blog, grâce à vos messages laissés pour célébrer les 9 mois de ce blog, j'ai réalisé l'importance de se dire, de partager ces instants du quotidien. Un message d'une lectrice, par exemple, au sujet du petit poisson, qui parlait d'un signe de reliance universelle. Voilà pourquoi, certainement, les blogs existent. Une façon de se sentir relié au monde et c'est ainsi que j'envisage le jour de l'épiphanie, comme une ouverture, large, au-delà des limites, que ce soit des mers, des horizons, mais surtout, celles de notre esprit. Je suis heureuse d'avoir réussi à ouvrir cet espace, malgré les doutes, avoir persévéré, avoir tissé des liens avec d'autres, vous, élargir la sphère connue, c'est important, nécessaire, réjouissant et nourrissant. Encore merci pour votre présence et participation à ces fêtes de fin d'année et ces neuf mois d'anniversaire!
Je souhaite à tous une heureuse Epiphanie, un très beau retour de la lumière, à partir d'aujourd'hui, les jours vont grandir. Mardi après-midi, alors quela glace avait recouvert toute la nature alentour, nous sommes parties en balade en direction de la petite chapelle, Bianca et moi, pour ajouter les Rois Mages à la crèche du village et allumer les lumières. C'était féérique et j'ai senti une odeur de printemps, malgré le froid, malgré la glace...
Le livre illustré est éditable à volonté. Il suffit de m'envoyer un email pour que j'envoie la demande de ré-impression, je vous communiquerai le prix et le délai.
Je crois bien que j'aime l'hiver, comme ça, bien froid, un manteau de glace sur les arbres, c'est encore plus beau que la neige, j'aime j'aime j'aime!
Une série d'autoportraits, avec la robe que j'ai aimé coudre, dans un tissu bien chaud, v'zaurez remarqué, je suis dehors sans manteau... et pour prouver à mon homme qu'elle est finalement très "in the mood" en séance photo shot d'hiver, il me disait qu'elle faisait un peu "femme des cavernes" lors du premier essayage... Encourageant n'est-ce pas?
Je ne la connais pas très bien, je l'aime bien. Elle ne vient pas souvent me voir, elle habite à Paris, depuis quelques années. Elle, son compagnon, sa famille, ils sont tous d'ici, et peut-être qu'elle consacre tout son temps à eux lorsqu'elle vient. Un petit deuxième pour eux, je crois que c'était ce qu'il leur fallait. J'espère qu'elle vit avec bonheur cette maternité, que le petit Jules va bien. Je pensais les voir pendant les vacances de la Toussaint. Ils étaient sûrement débordés. Je vais donc lui envoyer la petite layette que j'avais tricoté, envie de le faire pour ce bébé.
J'ai choisi une laine très douce, naturelle, une couleur pas habituelle pour une layette. Je l'ai commandée chez Olga, Laine des neiges, elle est extraordinaire à travailler. (Elle vient d'ouvrir une nouvelle boutique en ligne ICI). Un petit esprit kimono, un biais Liberty que j'avais tout de suite repéré sur les sites de mercerie. J'aime bien l'ensemble, un modèle cache-coeur inspiré de Marie-claire spécial Cadeaux de naissance, mais fait à ma manière (je n'arrive pas à suivre un modèle à la lettre, il faut toujours que je change quelque chose...). Je vais tricoter un ensemble kimono dans le même style pour Bianca, que je vais inventer, mais je tricoterai avec un No d'aiguilles plus grand (là en 5,5 qui donne une densité un peu trop importante à l'ouvrage je trouve).
Lorsque je suis passée en voiture dans la petite localité en bas de la colline, j'ai aperçu le général, avec sa petite-fille. Ils rentraient d'une promenade ou d'une course à l'extérieur, à pieds. Je les ai vu ouvrir le portail qui leur permet d'entrer dans le jardin de leur propriété. Alors j'ai pensé à mes enfants et à leurs grands-parents. J'ai rapidement chassé de mes pensées le fait que non, ces vacances-ci, ni celles de l'été dernier, ni celles du printemps, en fait aucunes vacances de cette année 2010 n'auront abouti à une rencontre entre mes enfants et mes parents. Il n'y a pas d'explications rationnelles sur ce fait. Il n'y a pas d'interdiction de notre part. Il n'y a simplement plus de relation, en tous les cas pas pour le moment. Cela peut paraître dur ou injuste. Il faudrait alors raconter. Je ne suis pas prête pour cela, je n'arrive pas encore à mettre de mots sur ce conflit. Je le déplore, c'est tout. Pourtant, il faudra bien que j'y arrive un jour. Les enfants, tout du moins Elia et Noé, ont déjà compris que pour le groupe d'adultes que nous formons, une rencontre est difficile. Ils savent qu'ils peuvent écrire ou téléphoner. Ils ne le font pas. Je pense qu'un enfant a besoin de cohérence. Comment pourraient-ils communiquer avec des grands-parents qui ne sont plus en contact avec leurs parents, qui voudraient faire "sans nous"?
Alors l'image de mon beau-père, décédé il y a huit ans, m'est revenue. On l'appelait Papic. Je me souviens de ce temps où, presque à chaque sortie en voiture que je faisais, je le voyais déambuler avec son petit sac à commissions dans les rues, pour aller chercher son pain ou son jambon. Un homme que j'aimais profondément, malgré ses maladresses, parce qu'il était authentique, parce qu'il ne trichait pas dans ses relations. J'aimais le son de sa voix, j'aimais danser avec lui, le Paso Doble... Aujourd'hui, j'ai pensé à lui et j'ai réalisé à quel point il me manque. Bianca ne l'a pas connu du tout, je lui raconterai ce grand-père. Je ne sais pas si mon père me manquera, je crois qu'il me manque déjà, qu'il m'a toujours manquée. Nous n'avons pas réussi à nous rencontrer, fraternellement, humainement. Je ne sais pas ce que je raconterai à mes enfants. Je ne sais pas...
la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.