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Une envie de bonne heure
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7 septembre 2010

QUELQUES FLAMMES

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Lorsque la pluie a commencé hier après-midi, toute en douceur, je n'étais pas mécontente. Curieux... Je crois que tout l'été, en arrière-fond, je pensais à l'hiver qui allait revenir. Ce n'est pas cohérent de ma part, puisque je parle souvent de vivre au présent. Lorsque je suis arrivée dans cette région, j'étais surprise de la préoccupation des habitants à penser l'hiver en plein été. Ici, on prépare le bois de chauffage au printemps, en été, en automne et même en hiver. Ici, tout simplement, on se bat avec les intempéries et bien plus que dans ma vie d'avant, en ville, j'en mesure les conséquences. Hier, j'étais soulagée, ma migraine venait de passer son chemin. Le corps, bien qu'épuisé, retrouvait un peu de sa souplesse. Et puis, je dois l'avouer, même si j'ai tout pour être heureuse après tout, une mélancolie m'habite et je ne peux lutter contre. Je l'apprivoise depuis des années maintenant et même si je sais qu'elle date de ma plus tendre enfance, c'est à 29 ans que j'ai commencé à m'en occuper, à mon retour du Yémen, en faisant appel à une thérapeute. Ce travail avait ouvert les premières vannes. Je n'avais pas eu le courage de continuer. C'est mon corps qui a crié 3 ans plus tard, qui a demandé que je m'occupe enfin de  ces zones d'ombre, des non-dits, des secrets de famille, de tout ce qui fait qu'une personne ne va pas bien au fond. Je savais bien que j'avançais vers plus de vie, vers un début de guérison en somme. Je ne savais pas que cette re-construction allait détruire mon lien avec mes parents et mon frère, car au jour d'aujourd'hui, il n'y a plus de communication entre nous. Et voilà pourquoi, par moments,  je plonge dans une sorte de coma, une demi-mort. Je pourrais me mentir, vous mentir, photographier sans cesse mes enfants, les beaux paysages environnants et faire croire à un bonheur lisse. Il y a d'un côté un vrai bonheur, mais pas seulement. Il y a une honnêteté que je dois à moi-même mais aussi aux quelques lecteurs qui viennent ici, à ceux qui ont la générosité d'y déposer un mot, une trace, qui me fait souvent avancer. Il y a une honnêteté que je dois aussi à mes enfants qui liront ces lignes plus tard, lorsqu'ils seront grands et qu'ils chercheront à comprendre pourquoi ils n'ont plus vu leurs grand-parents, leur oncle, leurs cousins, pendant un certain temps ou définitivement. Qu'est-ce que j'en sais, au jour d'aujourd'hui?  Ce que je sais, c'est que j'ai enfin compris que le regard que cette famille veut porter sur moi leur appartient, que je ne suis pas CELA. Ce que je sais, c'est que je ne peux pas par ma volonté, par mes mots, les convaincre de quoi que ce soit. Je dois lâcher prise, il n'y a plus que cela. Ne rien faire. Ne rien vouloir.

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23 août 2010

La Chute d'Icare (10 et fin)

"Le voyage est un travail et, sans doute aussi, un art.

Il n'autorise pas le laisser-aller, mais requiert le meilleur de notre acuité."

Extrait: "Du volcan au chaos, Journal sicilien" d'Edith de la Héronnière, aux éditions Pygmalion

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Marc Chagall

Hier après-midi, nous avons pris un peu de temps pour parler, Jean-Marc et moi. Il sait que j'écris et revisite ce voyage. Il m'observe je crois.

Suite du récit la Chute d'Icare:

Le soir, à l'hôtel, nous avons mangé avec un architecte suisse allemand qui faisait partie du projet, dans une autre partie de la ville. Il avait décidé de rentrer un peu au pays et faisait le voyage avec nous. Dans la conversation, il a compris que je voulais revenir à Sanaa (il ne savait pas pourquoi évidemment) et m'a proposé de travailler avec lui, parce qu'il ne pouvait pas rentrer dans les maisons facilement, en tant qu'homme. Une femme collaboratrice pour son travail lui aurait permis d'accéder à des informations précieuses. J'acceptais la proposition, il me semblait que tout s'articulait pour m'aider à retourner au Yemen. Nous avons décidé de rester en contact pour organiser ce projet. A l'aéroport de Genève, mon ami m'attendait. Je suis d'abord restée un peu chez lui à Genève, je lui ai raconté. Notre histoire était déjà sur le déclin avant mon départ. La rupture était amorcée. Puis je suis rentrée dans mon petit logis d'étudiante, à 60 km de là, par le train. Chez moi, à peine rentrée, le téléphone a sonné. C'était Seif. Je n'ai certainement pas eu des paroles rassurantes. Je crois que j'ai dit que je n'étais pas libre, un truc du genre. Je ne savais plus trop où j'en étais avec ma vie sentimentale. Et puis j'avais besoin de temps. Il n'entendait rien, il était encore sur son petit nuage. Il voulait que je lui envoie des photos de moi. Je lui ai écrit une lettre, pour lui dire que j'allais revenir dans l'hiver. Il m'avait écrit lui aussi. Au dos de l'enveloppe son nom, son adresse, celle du palais  où il avait sa chambre. Je n'ai pas retrouvé sa lettre dans les boîtes. Un jour, j'ai pris le téléphone, pour parler à l'architecte qui était retourné à Sanaa. Je voulais organiser le projet de ma venue et de mon travail éventuel avec lui. Je ne me souviens plus de la conversation exactement, mais c'est là que j'ai appris que Seif était allé partout dans Sanaa parler de notre histoire, qu'il se vantait de sa conquête, l'architecte riait, me disait qu'il ne croyait rien de tout cela. J'ai demandé si je pouvais parler à Seif. "Seif est parti, il a perdu la tête, apparemment il a été abattu à la frontière, tu sais, il y a des émeutes qui commencent au Yemen, peut-être une guerre civile à nouveau". Je ne voulais pas croire à sa mort. Je décidais que, coûte que coûte, il fallait retourner, pour vérifier, pour comprendre, pour accepter pour.....faire face à la mort.

En octobre, l'école recommençait. J'avais organisé avant mon départ le projet d'une année supplémentaire avec 4 autres étudiants, l'idée était de travailler sur un thème commun et d'exposer dans un lieu à l'extérieur de l'école. Une sorte de tremplin pour une vie d'artiste future. J'avais été, cette dernière année, un moteur pour la volée que je trouvais trop perso et je m'étais donnée beaucoup de peine pour organiser l'exposition de fin de quatrième, une salle pour chacun, l'envie de créer un esprit dans l'école, quelque chose de moins individualiste. Mon prof, celui qui nous avait envoyé au Yémen, soutenait notre initiative et devait suivre l'évolution de nos travaux. Je lui avais fait part de mon intention d'un retour à Sanaa. Il n'avait pas désapprouvé, comprenait mon envie, il était habitué aux voyages, était né en Afrique et savait qu'il est parfois difficile de revenir à la vie européenne. Un jour pourtant, alors que nous avions rendez-vous pour parler "arts plastiques", il m'a posé la question de front. Les histoires yéménites étaient arrivées jusqu'à ses oreilles. J'ai avoué ma liaison; il l'a très mal pris. De la morale d'abord "je t'avais fait confiance, tu étais la plus âgée". Le pire pour moi a été l'amalgame qu'il a fait avec les responsables du projet à savoir le comportement des autres membres de l'équipe, qui avaient bu, les filles qui ne prenaient pas garde à leur attitude (aller sur la terrasse se faire sécher les cheveux, dans un pays où les femmes sont cachées, surtout les cheveux..), toutes ces choses évoquées dans les billets précédents sont tombés sur moi comme un couperet comme si je portais toutes ces "erreurs" dans ma seule personne. Je n'avais plus la force de me défendre. Je n'avais plus la force de rien. Il m'a menacée de m'expulser de l'école si je retournais là-bas. J'ai eu peur, de devoir rembourser la somme des cinq années de bourse que l'Etat m'avait accordée, j'ai eu peur de tout.

L'année s'est déroulée. Tous les rendez-vous que j'avais pris avec ce prof, il les a zappés, une volonté délibérée de sabotage (il me l'a dit à la fin de l'année).  Je n'ai pas réussi à faire un travail cohérent. J'étais enlisée dans une pitoyable estime de moi-même. J'aurais eu besoin d'aide. Au moment de l'exposition, mes travaux étaient médiocres. J'avais même renoncé à la peinture qui était tout de même mon médium de prédilection pour partir dans des pistes plus contemporaines, plus à la mode, des installations pleine de discours. Mon père est venu, cette fois-ci, lui qui n'avait pas daigné venir voir mes peintures l'année d'avant. Il n'a rien compris à mon travail, ni à celui des autres, ce qui lui a permis de dire par la suite combien ce que j'avais fait était n'importe quoi et que l'école que j'avais suivie ne valait rien. La relation avec ma famille n'a cessé de se dégrader depuis.(évoqué ici et ici).

Ces hommes, dans ce projet, les sauveurs d'un patrimoine, qui disaient vouloir aider le sort des femmes yéménites qu'ils croyaient prisonnières dans leur palais, en créant un centre de parole pour les aider, n'ont pas supporté la femme européenne qui décide de vivre une histoire  librement, qu'ils ont jugée comme étant une vulgaire coucherie. Urs, qui a vécu des histoires avec des femmes, éthiopienne, puis somalienne, n'a jamais eu de blâme. Il a même, m'a-t-on dit plus tard, épousé celle à qui j'avais ouvert la porte, dans la nuit vous vous souvenez? L'épouser pour la sauver de sa condition de réfugiée somalienne au Yémen et lui offrir une situation en Suisse. Mon prof, un an plus tard, a quitté sa femme, pour aller vivre avec une élève....Les hommes s'autorisent à vivre leur vie d'homme, sans qu'il y ait de préjudice pour leur avenir professionnel, sans qu'il y ait de jugement. J'en suis encore dégoûtée aujourd'hui. N'ont-ils pas usé d'un pouvoir, celui de m'enfermer dans le palais de la morale?

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La chute d'Icare, titre de ce voyage, symbole d'un orgueil. L'orgueil du Prix de Peinture, qui m'a fait croire que j'étais arrivée à un accomplissement, l'orgueil de Seif, pour avoir séduit l'"européenne" et ce besoin de le crier sur tous les  toits,  mon orgueil d'être mise ainsi sur un trône de reine de pacotille.

Je n'ai plus réussi à peindre une seule toile depuis ce jour.

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Les photos demandées par Seif, qui n'ont pas pu arriver jusqu'à lui

J'ai mis du temps à me relever, il a fallu récupérer les morceaux éparpillés. Ce poème, lu hier, pourrait illustrer l'état dans lequel je me trouvais, lorsque j'ai rencontré Jean-Marc 

« Croyez-m'en bien mon vieil ami

on a coupé mes ailes

on a brouillé mon ciel

on a miné la terre sous mes pas d'espérance

on a tué mon ange

on a brûlé mon âme

on a drogué mon coeur

on a sali mon rêve

on a déchiré mon beau costume

dans une bagarre d'ivrognes spirituels

 

Croyez-m'en bien mon cher ami

je m'amène chez vous

dans un état très lamentable


 Voulez-vous bien me recueillir

pour une nuit

le temps de recharger

soigneusement

mes armes

celles de la colère de la révolte et de l'amour. »

Achille Chavée (1906-1969) extrait de "De vie et de mort naturelles" Editions Lucpire

14 août 2010

Le quotidien

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Je pensais que nous partirions un peu en vacances, à Paris il y avait un appartement prêté gracieusement.
Nous n'irons pas, parce que je suis vraiment la seule à en avoir envie.
Il y avait cette possibilité en Vendée...
Nous n'irons pas, parce que finalement, je n'ai pas le courage de voyager  et puis, il y a tellement de choses à faire ici, peindre deux fenêtres avant l'hiver, ranger la maison, vraiment vraiment il le faut...
Il y a l'été qui passe, il me semble ne pas en avoir vraiment profité. Impression? Réalité? Bel été? Je n'en sais rien...J'ai parfois besoin de recul pour penser bien les choses.

Aujourd'hui, j'ai cherché déséspérement la petite paire de chaussures un peu argentée avec une fleur et à bride,  celle de Bianca. J'ai tourné, viré, crié, je suis montée dans les deux chambres, vu le désordre, une fois de plus, ça m'a complètement découragée. Visité la voiture 10X, retourné tous les sacs. L'après-midi a passé, je ne sais pas pourquoi, la perte d'un objet que je chéris peut me mettre dans un état pareil. Le monde semble s'arrêter, c'est comme si j'avais perdu, je ne sais pas moi, un bout de mon bras? En général, les choses s'arrangent lorsque je me calme intérieurement, je me concentre sur l'objet et sur les jours passés, ce que j'ai fait, où j'étais. Le rythme ralentit. Je les ai retrouvées, sous l'armoire de l'entrée. J'aimerais me contenter de ce quotidien. Dans quelques années, je dirai que c'était après tout très bien.

Il y a ce voyage au Moyen Orient que j'aimerais raconter, ce début de fracture, quand la peinture s'est arrêtée...

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9 mai 2011

Comme des enfants 6/6

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Ecrire notre histoire. Ce n'est pas une volonté de rentrer dans le passé, à reculons...Il ne s'agit pas d'imaginaire ni d'un rêve. Ce bout d'histoire a existé, comme je le raconte, avec mes yeux et mes sens encore éveillés à ces instants. Et donc, forcément, c'est un récit très subjectif. Me plonger dans cette mémoire,  rassembler quelques fragments. Ecrire comme une volonté de vivre une seconde fois, une rumination positive, pour mieux savourer puis digérer, pleinement, ce vécu qui m'a constitué. Raconter et reconstituer.

 

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Le dimanche 4 mai de cette année-là,   Jean-Marc avait  sorti des cerf-volants et j'avais découvert la joie de sentir la force du vent dans mes mains. Peu de mots ce jour-là, nous sentions l'heure du départ. J'étais curieusement très sereine. Un sentiment que rien ne pouvait interrompre le fil.  En fin de journée, des nuages noirs dans le ciel, la veille si flamboyant. Nous avons attendu que passe l'orage, une pluie intense au moment du repas du soir, dégustant une petite poêlée de légumes avant de prendre la route.

Nous avons roulé, Luc et moi, silencieux, il n'y avait plus de mots entre nous. Il avait senti qu'un lien encore innommable s'était créé entre son ami et moi. Je suis arrivée très tard dans ma ville. Luc m'a déposée en bas de mon immeuble, j'ai pris mon bagage et je suis montée les 4 étages jusqu'à mon petit appartement, celui que j'avais pris soin de bichonner les deux dernières années, comme un nid douillet. C'est là qu'est venu me rejoindre Jean-Marc, quelques temps plus tard dans ce joli mois de mai.

Dans le film de Truffaut, Catherine entraîne Jim dans la mort, sous le regard de Jules. Dans notre histoire, Luc s'est peu à peu effacé, (il a trouvé à s'installer du côté de Montpellier)  il nous a conseillé de prendre du temps avant de faire un enfant. Nous ne l'avons pas écouté. Nous sommes partis vers notre destin de parents. Des années difficiles nous attendaient, nous ne le savions pas, nous avons perdu au fil des ans un peu (beaucoup) de notre légèreté enfantine du début mais je sais que notre source est là. Samedi, nous avons réussi à partir pour la journée, sans nos enfants, voir le film "Pina" de Wim Wenders. Dans ma mémoire, ces quatre jours que je viens d'évoquer en quelques billets sont inscrits comme des tableaux chorégraphiés où règnent les éléments Terre, Eau, Air et cette Flamme, qui ne nous a jamais quitté, malgré les disputes, doutes, lourdeurs qui forcément, sont arrivées dans notre histoire. Mon désir, ici et maintenant? réactiver toujours plus notre base:

libres, comme des oiseaux.

 

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Posté par CHRISTIANE2 à 11:08 - Notre Histoire - Commentaires [16]
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Suite à un problème du 4/07/2011 tous les messages d'avril à mai avaient été effacés. J'ai réussi à récupérer les textes avec une manip "en cache" mais je n'ai pas réussi à récupérer les commentaires. Dommage!

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11 avril 2011

Voyage intérieur

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Dessin de mon fils Elia lorsqu'il était en CM1, illustration pour "l'Albatros" de Baudelaire

Je l'avoue, je le confesse, j'ai besoin de gentillesse intelligente. Je l'avoue, je le confesse, il m'arrive  si souvent d'être en colère et de ne pas réussir à l'exprimer. Je peux dire que le monde me fait peur et que, en même temps, j'ai appris à surfer, slalomer, jongler, composer avec. Je me sens unie à la nature sauvage, une relation de coeur à coeur, une perfection relationnelle infinie et renouvelable. Je me sens désunie du monde des adultes, donc du mien aussi, avec nos noeuds, nos "moi je", nos incapacités à vivre l'instant. Je ne suis pas certaine de nous aimer ainsi. Je me sens observatrice plutôt qu'actrice du monde des enfants et de leur spontanéité, de leur capacité à vivre les secondes telles qu'elles se présentent, à dire leur douleur et leur colère. Et je les aime pour tout cela, je les admire et je les envie. Je viens de vivre deux jours avec un groupe d'adultes qui avaient choisi comme moi de faire une traversée accompagnée dans le monde d'un sentiment méconnu parce que souvent renié et interdit: la colère. Je dois maintenant digérer, accepter, intégrer, il me faudra du temps, j'en reparlerai de manière plus posée. Là, j'ai juste envie de pleurer, puis marcher, prendre la main rassurante de mon mari, de mes deux fils, de ma fille, les regarder dans les yeux, les écouter. 

L'albatros

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

********

Charles Baudelaire

Suite à un incident fâcheux (Bianca est venue clapoter sur l'ordinateur et a effacé tous les messages d'avril-mai 2011...) j'ai réussi à récupérer les textes, parfois les commentaires, mais pas pour chaque billets. Ceux de celui-ci sont ci-après:



Commentaires

C'est un très beau dessin qui prouve que le talent se transmet... pensées...

Posté par Brizou, mardi 12 avril 2011 à 06:20

cocon

C'est doux et rassurant de savoir que certaines familles (comme la tienne, la mienne aussi) restent des hâvres de paix.

Posté par anne, mardi 12 avril 2011 à 14:14

Bien souvent nous avons peur de la submersion dans laquelle la colère pourrait nous mettre... mais être en colère est sain.

Posté par Lautreje, mardi 12 avril 2011 à 15:39

La colère survient lorsque l'esprit ressent fortement qu'il doit céder à la contrainte de plaire quand il se complairait à faire tout autrement... Bien amicalement

Posté par Phène, mardi 12 avril 2011 à 17:29

l'important est de dire les choses... savoir mettre des mots sur ce que l'on ressent... savoir aussi les dompter... savoir juste qu'il est normal d'avoir mal, d'avoir besoin de dire... et accepter ce qui est parfois...
je t'embrasse fort,
anne-sophie

Posté par l'arbre blanc, mardi 12 avril 2011 à 18:46

Tes peurs s'envoleront lorsque ta colère  s'apaisera.
je t'embrasse....

Posté par Catherine, mardi 12 avril 2011 à 19:46

Tu nous diras... le groupe peut être très "porteur" pour une traversée difficile. Lorsque l'émotion ne prendra plus toute la place, le ciel s'éclaircira, et tu pourras dire.

Posté par mim_, mardi 12 avril 2011 à 22:01

La colère,  lorsqu'elle n'est pas chronique, est salvatrice. Comme un bon coup de poutze de temps en temps ,-). Me réjouis de connaître la suite de ton aventure intérieure. Bises

Posté par spiruline, mercredi 13 avril 2011 à 14:06
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12 mars 2011

Sakura

 

SAKURA

Rouler... Ecouter ce récit sur la vie et l'oeuvre de Liszt... Sa gloire puis son dépouillement le plus total, comprendre cela,

ne pas savoir encore, pour le Japon...

Penser à mes parents, en écoutant "rêve d'amour", cette pièce que mon père jouait aussi, je crois me souvenir... Les musiques  qu'ils écoutaient le soir, ils étaient jeunes, nous étions petits, nous étions peut-être amis, sont entrées dans mon âme à tout jamais. Verser quelques larmes, celles qui sortent lorsqu'une situation ne nous permet plus d'être en relation,  se sentir impuissants, en espèrant, priant même, qu'il sera possible de se parler en vérité, en tendresse, avant le grand départ,

ne pas savoir encore, pour le Japon...

Rentrer de la ville, après avoir rempli mon coffre de bons légumes et autres victuailles pour la semaine et puis s'arrêter voir Julien, nouveau-né, si fragile, mettre ma main près de la sienne, lui, si petit, saisissant mon doigt, lui, ouvrant les yeux et me regardant, longuement, puis s'assoupissant, tranquillement,

ne pas savoir encore, pour le Japon...

Arrivée à la maison, il m'a raconté, il écoute la radio toute la journée sur ses chantiers, j'étais pressée, il fallait faire le repas du soir, les enfants avaient faim, moi aussi,

ne pas prendre le temps, pour penser au Japon...

J'ai dormi, milles incohérences occupaient mon esprit, approcher un nouveau-né, toujours troublant, pour mon ventre, qui ne portera plus de bébé,

oubliant, de penser au Japon...

Ce matin, je l'ai entendu me parler de cette centrale nucléaire, d'un nouveau Tchernobyl possible, de son souvenir de sa deuxième fille qui, en ce temps-là, allait naître alors qu'ils jardinaient avec sa compagne, je les ai imaginés, jeunes, portant la vie, inquiets quant aux conséquences de ce nuage qui sûrement, allait arriver jusqu'à eux.  Je n'ai d'abord pas aimé cette mémoire évoquée, un couple dont le vécu parfois me blesse, réussi pourtant à le faire taire, mon nombril, qui s'est soudain senti tout bête lorsque je lui ai ordonné de se ratatiner dans sa coquille,

J'ai bien voulu accueillir l'inacceptable, pour le Japon...

Après avoir consulté les médias, j'ai repris ma journée, mais tout était différent. Chaque geste rempli d'une pensée pour eux, pour ce que qu'ils ne peuvent pas faire aujourd'hui, cuisiner dans la paix, s'occuper de leur maison, la rendre jolie ou simplement s'y reposer, entendre leurs enfants rire ou se disputer, chaque seconde de vie, je l'ai savourée. J'ai senti cette évidence, cette responsabilité aussi d'être heureux, là tout de suite, sans désirer autre chose, un "autrement" ou un "ailleurs". J'ai mesuré la fragilité d'être en vie, d'avoir un toit et un repas, d'être avec ceux que j'aime autour de moi,

simplement et pleinement vivre, pour le Japon...

 

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5 août 2010

Les Retrouvailles, 3ème mouvement: anges gardiens?

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Arrivée à Lyon.

Une gare et une ville que je ne connais pas. Je prends mes repères. Je dois faire attention à Noé qui n'est pas du tout concentré, marche trois pas en arrière ou trois pas en avant, trop au bord des voies, la tête dans les étoiles, une façon peut-être de se comporter dans un élément peu habituel pour lui. Les voyages en train, les gares, j'en ai connu, beaucoup. Mais je suis devenue un peu sauvage, plus aussi à l'aise et la foule m'impressionne. Nous commençons notre trajet à pied, nous le terminerons en bus. Mon oeil photographie, mon oreille enregistre, je suis "toutes antennes en alerte". La vie en ville n'a pas changé, moi si. L'indifférence des passants, le "non-regard" des uns par rapport aux autres, celui qui écoute sa musique très fort dans sa voiture, qui fait comme si il était seul au monde, mais toute une partie de l'avenue l'entend, le voit, les élégantes qui ne sourient pas, le restaurant japonais avec le tapis roulant (nouveau ça, pour moi...), les gens qui mangent le dos tourné à la vitrine d'où nous pouvons les voir, des sushis défilant devant leurs yeux, nous avons été pris d'un vrai fou rire.

Le bus nous a déposé à l'hôtel de ville, un chauffeur avec qui nous avons ri aussi, parlé de sa vie ici.

Sur la place des Terreaux, une statue imposante, l'eau, un souvenir soudain: Anita Ekberg, Marcello... La fontaine de Trevi, La Dolce Vita...

Je m'égare

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Je me laisse distraire, mon esprit est entraîné par les flux de la ville, les passants, les vitrines, je regarde l'humanité...Mon cerveau fait défiler toutes les images qu'il a enregistrées dans cette vie, mes souvenirs se mélangent à l'instant présent, mon ordinateur de bord est entrain de s'emballer, il faut revenir à l'essentiel,

ce pour quoi je suis venue, Bram et Geer

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Noé a faim, moi aussi, je l'entraîne dans les jardins du musée, puis à l'étage du restaurant, j'accélère le pas, je me réveille enfin, je sens qu'il y a urgence. Il est déjà 13h00... Non, ici, c'est trop cher, nous retournons sur la place, ne trouvons pas de sandwich simple: baguette-jambon-salade, ça n'existe plus, nous avons fait le tour de toutes les petites échoppes, que des kébabs, soit, prenons un kébab. Retour dans les jardins du musée pour le déguster. Noé s'installe sur un banc, je m'assied à ses côtés, il est content, il y a des arbres, des oiseaux et son livre. Il décide de rester là... "Je suis bien ici, je veux lire mon livre tranquillement" affirme-t-il. Il m'avait dit la veille qu'il voulait venir en ville pour manger un sandwich et une glace. Je ne l'oblige pas à me suivre. Je réalise qu'il m'accompagne, que je croyais le protéger, lui le "petit" de 10 ans, moi l'adulte, mais ne serait-ce pas le contraire? Aurais-je eu le courage de partir toute seule? Sa présence pendant ce voyage m'a vraiment aidée. Un enfant est parfois un ange gardien pour son parent, j'en suis persuadée.

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Découvrez la playlist La Dolce Vita avec Nino Rota

1 janvier 2011

UN TGV pour vivre l'instant

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Partir en fin d'après-midi, faire les courses de la semaine dans la coopérative bio, puis au supermarché, juste pour des stylos dorés, juste pour un DVD. Retenir l'élan des enfants qui veulent tout acheter, des livres, des BD, un jeu pour la console Wii, et pourquoi pas 4 films? Leur faire comprendre que ce n'est pas possible, tant pis, ils prendront des livres à la bibliothèque, attendront pour le jeu, partir voir la grand-mère à la maison de retraite, pas longtemps, ils les couchent tôt et puis, elle n'est pas bien en forme, et puis, c'est déprimant ces mouroirs.... Nous voulions partir à Paris, prendre le TGV, déambuler dans la foule, voir les lumières, manger simplement dans une brasserie. Et pourquoi pas ici? Allons manger un kébab, les enfants adorent ça, avec des frites, sauf que, tout était fermé, sauf le café du Commerce, quelques personnes au bar, un apéritif avant de partir pour leurs fêtes respectives, des voix qui parlent fort, besoin de faire heureux, de faire festif, mais nous, on veut juste des frites pour les enfants, le garçon dit qu'il n'y a rien à manger, que ça va fermer, mais le patron nous voit, dit qu'il va arranger ça, nous prépare des lasagnes, des croques, des frites, sûrement du congelé mais on s'en fiche, on voulait juste voir les humains, boire une bière, regarder les lumières de la ville. Les enfants sont contents, les gens sont partis faire la fête et sur l'écran, passe le clip de "Summer time", Grease, Olivia Newton-John, John Travolta, le garçon ferme le rideau,  il est 22h00 seulement.... il met les chaises sur les tables, Jean-Marc qui plaisante comme toujours lorsqu'on sort, avec le garçon, me prend pour danser, ce n'est plus summer time mais un slow, un café au bar avec le patron, quelques mots, il dit qu'il va rentrer voir sa copine, "j'ai 60 ans, elle en a 40, elle n'aime pas sortir, elle a deux gosses petits, et puis moi, je connais tout le monde, ça l'énerve, je sortirai plus tard, on verra, et vous?" Nous? On va rentrer chez nous, manger une bûche glaçée, chez vous, on a passé un bon moment, on peut rentrer, les enfants sont contents aussi, on va regarder un film, Adèle Blanc-sec, et puis, le 1er janvier, on fêtera les douze ans d'Elia. Arrivés chez nous, la chaleur du poêle, on s'est dit que Paris comme ça, c'était vraiment bien et pas fatiguant du tout.

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psst!!!!! pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, vous pouvez laisser un commentaire sous le billet du 29 décembre pour recevoir un petit poisson de bonne année et peut-être aussi, le livre illustré.
psst!!!! pour ceux qui ont suivi le blog, le collier de Madame mim, mis sur la robe cousue (et enfin terminée mi décembre).

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BONNE ANNEE 2011!

13 juillet 2010

Achillée Millefeuille

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Aussi loin que je me souvienne, je suis amie avec ces plantes sauvages, appelées communément "les simples". Ma mère me racontait que, lors des promenades familiales en montagne, je m'arrêtais pour  les admirer. J'ai retrouvé ce lien avec elles en 2005. Mon fils Elia était en traitement intensif depuis plus d'un an pour soigner la leucémie dont il souffrait.  Cela devenait difficile, pour lui, pour moi, de suivre ce protocole de chimiothérapie. La providence m'avait mis sur le chemin d'une très vieille dame  qui, plantée sur deux pieds solides, un visage rieur de 93 ans, se promenait avec vigueur dans la région à la recherche de toutes sortes de plantes. Une femme plus jeune l'accompagnait, vivant tour à tour un état d'amie, de chauffeur, d'élève, de fille avec son aînée. Un livre les accompagnait : "La Santé à la Pharmacie du Bon Dieu" de Maria Treben. C'est ainsi que commença ma cueillette: autour de chez nous, toutes les plantes conseillées pour les maladies du sang étaient présentes. Nous avons, Elia et moi, passé du temps à les cueillir, plus particulièrement l'achillée millefeuille et je me souviens que, rien que le fait de se pencher sur elles avait déjà un effet réparateur sur nous. Je sentais que nous communiquions avec une force "simple"  qui réparait nos séjours prolongés dans les espaces aseptisés du milieu hospitalier.

Le temps a passé, Elia a guéri, Bianca est arrivée, l'achillée millefeuille, plante du féminin par excellence, est particulièrement présente cette année.

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Découvrez la playlist Emiliana Torrini avec Emilíana Torrini

29 mars 2011

Tourne, tourne, tourne...

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Je n'ai pas vu le temps passer...

J'ai parfois "le tournis" avec la vie qui passe et qui fait que tout change, se métamorphose ...

Je ne savais pas, au printemps 2007, que j'allais être à nouveau maman, certains auraient pu dire que ce n'était plus de mon âge, personne n'a osé. Peut-être aussi parce que tout le monde avait préféré, après la leucémie de notre fils Elia,  sa guérison toute fraîche, se réjouir avec nous de cette vie qui venait. Puis une échographiste nous a annoncé  déjà très tôt que, dans mon ventre qui avait porté la vie plusieurs fois (cinq fausses-couches, certaines avant, les autres après nos deux garçons) cet être qui grandissait en moi était une fille... Les larmes ont jailli, bien sûr! Un air d'opéra, en souvenir des deux concerts où j'ai découvert cet art "en vrai", une chanteuse sublime, Sandrine Carpentier. J'étais au premier rang dans cette chapelle où elle chantait, je suis tombée raide dingue amoureuse, de cette femme, de sa voix sublime, du chant lyrique et cette enfant qui dansait dans mon ventre... Une belle grossesse, j'aime tellement cet état, une naissance comme je les aime, sans aucun appareil médical, pas même un monitoring, parce que la sage-femme était, heureusement pour nous, trop occupée. Bianca est née dans la chambre,  je ne voulais plus quitter ce ballon qui me permettait de bouger naturellement, facilitant le travail extraordinaire qui est celui de mettre au monde un enfant:  elle est arrivée ainsi, sur cette sphère bleue, une petite Bianca qui déjà, aimait surprendre et surtout, rire et faire rire. Bianca dit tout le temps "mais si maman, c'est trop bien, c'est drôle, en prononçant le "d" comme un "g" et terminant sa phrase avec un immense éclat de rire!

Je la vois grandir, elle s'épanouit, elle m'enchante, nous sommes en vie,  il ne me reste plus qu'à remercier pour toute cette grâce offerte ...

même si, en ce moment, tout me fait un peu beaucoup peur...

alors j'écoute de l'opéra...

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Joyeux anniversaire, petite Bianca qui a  3 ans aujourd'hui!

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2 avril 2011

Le Levant

 

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Rouler, la douleur d'une dent, depuis trois jours. Partir le matin, c'est si rare pour moi, un bain de lumière sur le versant Est de la colline,  rouler en direction du Levant, pour rejoindre le cabinet dentaire,  la floraison des arbres qui m'enchante,  se faire soigner, repartir, la douleur endormie, la route dans l'autre sens, les fleurs éclatantes, toujours le soleil, si chaud aujourd'hui. Comme j'aime être seule en voiture, traversant des paysages qui se dessinent dans mon pare-brise, et puis, cette musique... D'Enfant prodige, je n'en connais pas, j'aime ce rythme et Paolo Conte, en français, cette voix si chaude qui m'a enveloppée et accompagnée dans ce trajet.

 

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21 mai 2011

Hissons les voiles!

 

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Je volette de perchoir en perchoir

dans une cage de plus en plus petite

dont la porte est ouverte, grande ouverte.

Gyula Illyes

(Poète hongrois, 1902-1983)

 

J'étais toute retournée. Je l'ai retourné aussi, tant qu'à faire...

Un blog, remis à l'endroit, c'est pas pareil qu'à l'envers. Quand on est tout à l'envers, il faut se remettre à l'endroit. Sinon, on y comprend plus rien.  J'ai parcouru les billets que j'avais écrits, tourné ces pages en ordre  ascendant et, contrairement à ce qui me retournait, je me suis reconnue. Cela fait beaucoup de "re" mais tant pis, il fallait bien re-lire pour re-trouver mon chemin. J'ai vu ce que j'aimais, ce qui me meut, ce qui m'émeut, ce qui me réjouit et ce que je dois laisser derrière moi. Je n'ai pas cherché à manipuler, ni les lecteurs, ni ma propre vie. Je disais vouloir changer d'espace, un lieu sur invitation uniquement, pour fuir? pour re-naître? pour effacer? regretter? pour changer de peau? pour contrôler? empêcher? connaître enfin les identités qui se cachent derrière l'écran? A quoi bon, je retrouverai ailleurs les mêmes obstacles, surtout celui qui barre régulièrement la route: au féminin, la peur, au masculin, le doute. Expliquer le pourquoi du comment? Non, cet espace ne servira plus à cela, je vais l'alléger... Je hisse les voiles et j'invite les voyageurs à naviguer ici, partir en mer tranquille ou tempétueuse, des brises légères ou des vents qui décoiffent, faire face aux embruns ou jouir de la beauté du ciel après l'orage.  Cette embarcation baptisée "une envie de bonne heure", née il y a un peu plus d'un an, ira somme toute très bien car elle est encore assez solide et courageuse pour faire le voyage, malgré quelques fissures, maintenant colmatées.

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Cela peut paraître étonnant, écrire le 18 mai que je mets le blog en pause... et revenir le 21 mai annoncer que je continue. Mais cet état de doute durait pour moi depuis plus de deux semaines. Il y a, comment dire, un décalage entre ce qu'il se passe à l'intérieur de mon être et ce qui est émis par écrit ici. Suivra qui pourra...

 

 

Posté par CHRISTIANE2 à 18:30 - Au sujet de ce blog - Commentaires [14] - Permalien [#]
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Commentaires

Allez zou,je te suis,même si je n'ai pas le pied marin et que l'immensité de la mer me fait peur!

Posté par carole, samedi 21 mai 2011 à 20:43

je sais nager !

Posté par Lautreje, samedi 21 mai 2011 à 21:36

You preferred sailing to failing

Voguons ensemble!!!!!!!

Posté par Laetitia, samedi 21 mai 2011 à 22:02

Bon... eh bien moi ce que tu déposais sur la toile ici ou ailleurs va me manquer. Affectueusement.

Posté par Fee grain d ciel, samedi 21 mai 2011 à 22:35

Chouette chouette chouette !

Posté par mim_, samedi 21 mai 2011 à 23:51

Je reviens... Hissons les voiles, levons l'encre et.... et si justement tu relevais le niveau d'encre pour "affirmer" davantage tes écrits ?

Posté par Lautreje, dimanche 22 mai 2011 à 09:42

je te suis...
bises

Posté par mamou, dimanche 22 mai 2011 à 15:55

Pour moi soulagée: j'avais mauvais conscience , d'être le petit caillou qui fait trébucher, mais c'était sans doute me donner trop d'importance. Et heureuse de te retrouver. bon vent à ton navire vaillant qui avance dans les embruns.

Posté par Anne, dimanche 22 mai 2011 à 21:07

Chouette ! J'ai ma bouée ! Je vais pouvoir voguer à ta suite !

Posté par Madame zaza, dimanche 22 mai 2011 à 22:31

Je te suis... J'ai relu certains billets, j'ai y vu un "humain trop humain" comme dirait Nietzsche, et cela m'a plu et me plaît encore. Bienvenue!

Posté par cookloubabette, lundi 23 mai 2011 à 00:30

Après le creux, le haut de la vague. E la nave va! J'en suis heureuse sincèrement

Posté par spiruline, lundi 23 mai 2011 à 08:53

Alors je suivrai...

Posté par Des Moulins, lundi 23 mai 2011 à 09:48

Bonne nouvelle !

Posté par Christine, lundi 23 mai 2011 à 19:26

ça c'est une bonne nouvelle ! car j'aime lire tes petits mots, tes histoires... admirer tes photos et tes dessins...
tu as douté, c'est cela?
cela arrive, cela m'arrive et arrivera encore... car c'est ça la vie !
le dessin de ta bannière est superbe... j'aime et cela te correspond bien je trouve !
merci de continuer ton joli blog, Christiane... ce qu'il faut c'est te faire plaisir à TOI... mettre des petits mots, des photos, des idées, des envies, des impressions...tout cela pour te faire plaisir, pour t'exprimer, partager si tu le souhaites...
ton blog est très beau...
je t'embrasse,
anne-sophie

Posté par l'arbre blanc, mercredi 25 mai 2011 à 08:46

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7 avril 2011

Sa Robe en Lin

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C'est le printemps, mais c'est l'été. La joie d'être dehors, le temps des robes avant que quelques giboulées, peut-être, reviennent nous remettre à l'ordre. Une petite robe, en lin, est arrivée en cadeau d'anniversaire, cousue main par une fée du New Hampshire  (Sparrow Hills).

Je ne pensais pas qu'elle plairait autant à Bianca qui a passé une bonne partie de sa journée à la porter!

 

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25 mars 2011

Danser dans le ciel

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Il y a des matins où, malgré le soleil, malgré les enfants qui vont bien, malgré les chantiers qui s'enchaînent  nous apportant ainsi la sécurité que l'entreprise "tourne", à l'intérieur de moi,  je sens bien que c'est tout embrouillé, tout ennuagé, tout perdu. Je mets plusieurs heures à éclaircir mon paysage intérieur. Certains hommes diront que c'est normal, les femmes fonctionnent par cycles et que, dans les "mauvais jours", il vaut mieux s'éloigner d'elles, attendre que cela passe. Je n'ai jamais trop quoi su répondre à ces propos, qui n'ont certainement pas le mérite de comprendre les pensées secrètes d'une femme. Peut-être que oui, les chutes d'hormones ont un effet sur le mental, mais je crois que ces états d'âme ne sont pas de cet ordre-là. Il m'arrive d'attendre le milieu de l'après-midi pour que l'état de grâce advienne enfin! Car c'est bien de cela qu'il s'agit: percevoir l'instant où tout se met en place, un accord parfait entre le monde extérieur et le monde intérieur. Hier après-midi, alors que mon quotidien se déroulait entre repas terminé, petite puce à entourer, linge à étendre dehors, une buse, au loin dans le ciel, a effectué sous mes yeux un ballet superbe qui m'a transportée dans une joie immense, je crois bien que je volais avec elle, elle a donné à ma journée le souffle qui lui manquait.

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13 janvier 2011

A la Croisée des Chemins

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Hier, j'ai reçu un livre, par la poste, oui!

Fréquent me direz-vous, sauf que là, ce n'était pas une enveloppe d'Amazon ni de la Fnac ou autre fournisseur, mais de l'auteur lui-même, un "christmas present" m'avait-il annoncé. Il n'était pas dédicacé, mince alors! mais je suis certaine qu'il ne s'agit pas d'un oubli, c'est juste parce que cet écrivain-peintre-anthropologue-prof-basketeur-papa-amoureux-de-la-vie  ne se prend pas trop au sérieux, il ne l'a jamais fait.  Aussitôt ouvert, aussitôt plongée dans la lecture, aussitôt transportée: des petites chroniques, celles qu'il a écrites pendant 30 ans sur les pages de la rubrique sport d'un quotidien suisse, réunies dans cet ouvrage, des petits trésors.

"Jon Ferguson décrit avec philosophie et beaucoup de talent un univers qui ne se limite pas au sport.  Il aborde le patriotisme, l'ambition démesurée, la vie par procuration, la mort, les rapports entre l'homme et l'animal, l'argent, la morale, la politique, la culture, les jeux, les croyances, les Dieux ou encore la folie guerrière et même l'école avec l'enseignement. Il utilise pour ce faire le sport comme métaphore de l'existence humaine." cit. du blog "lectures et impressions" de Mélusine

Au cours du repas, j'ai lu quelques passages à mes enfants, à mon homme, ils écoutaient attentivement. Les garçons ne comprenaient pas tout, Noé a acquiescé vivement le passage qui mentionnait ".....peut-être que , maintenant ,je sais pourquoi je passe de plus en plus de temps dans les forêts avec mes chiens et de moins en moins avec des gens sur les terrains de sport...". Ce qui préoccupait Elia, c'est le lien qui m'unissait à ce très bel homme en couverture. Je lui ai raconté alors, pour résumer une longue histoire, qu'il était mon professeur de basket au collège, lorsque j'étais adolescente. "- il se souvient de toi alors?". "- Non, lui ai-je répondu, sûrement pas. C'est juste par les hasards d'internet, j'ai découvert ses écrits, puis sa page facebook , je lui ai laissé un mot, nous avons échangé quelques messages et comme ses livres sont vendus principalement en Suisse, il m'a proposé de m'en envoyer un de mon choix par la poste, un autre de son choix par email en pièce jointe, une version en anglais, parce que Jon, tu sais, il est américain. J'ai entendu, dans une émission de télévision à laquelle il participait, qu'il n'a pas perdu son accent californien". Et puis, chacun est parti à ses occupations, me laissant seule à table avec ces "30 ans de réflexion".

Je me suis demandée alors si ce n'est pas un peu avec lui que ce rêve américain avait débuté, dans cette salle de la bibliothèque où je l'avais aperçu pour la première fois, j'avais 12 peut-être 13 ans, il était exactement comme sur la photographie en couverture du livre. Tous, filles, garçons, profs, oiseaux, chats, mouches, vers de terre et micro-puces qui fréquentaient ce collège sont tombés raides dingue amoureux de lui, parce que, en plus d'être beau, il était agréable, sympathique, à l'écoute des autres, pas orgueilleux pour un sou, un ange je vous dis. Je me souviens aussi de cet épisode où, assises par terre, en tenue de sport, nous l'écoutions, lui, du haut de ses 195 cm voire plus, vêtu dans son jean et sa chemise, rien d'un sportif prêt à l'action à vrai dire. Il nous racontait sa façon de préparer les endives au jambon,  une narration qui m'avait transportée dans un registre nouveau, à tel point que je me suis mise à adorer ce plat succulent que, auparavant, je détestais. En nous racontant sa joie de cuisiner, il réussissait à nous enseigner quelque chose de métaphysique. J'ai bien senti, dans mon âme d'adolescente, que cet homme était plus qu'un bel homme, un  bel esprit, quelque chose que l'on sent dans ces âges-là, mais que l'on met peut-être des années à verbaliser.  Des années plus tard, après avoir découvert cette Amérique, puis travaillé dans des multinationales de la ville, puis tout balayé pour entreprendre des études d'arts visuels,  je l'ai croisé lorsque je me rendais à pied, mon portfolio sous le bras, à mes cours de l'école qui était située juste à côté de ce collège où j'avais passé  ces belles années d'adolescence. Ce qu'il y avait de particulier avec Jon, c'était la qualité de son regard. Il fait partie de ces humains qui vous regardent vraiment. Il m'arrivait de marcher presque à ses côtés sur le chemin qui menait à ces deux établissements scolaires,  sentir son regard, sa présence et ne pas oser lui parler. Je l'avais croisé encore, plus tard, au bord du lac, un lieu pour acheter un casse-croûte, il attendait son tour, moi aussi, il parlait avec la dame qui préparait les repas. Je l'entendais raconter son quotidien de papa. Je restais muette. J'avais 32 ans, je vivais solitairement et une souffrance de ne pas être encore maman. Je crois bien que ce fut la dernière fois que mes pas avaient croisé les siens.

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A 32 ans

Me voici aujourd'hui, femme, maman, je vis loin de ce pays natal et je lis ses écrits. Je suis aspirée vers ce passé, surtout à travers cette photographie de ce jeune homme qui avait bouleversé mon coeur d'adolescente, celle qui n'a pas su ni osé approcher l'âme  qui se cachait derrière la plastique de son physique éblouissant. Il aurait pu être laid après tout, je pense que j'aurais réussi à lui demander ce que je découvre aujourd'hui seulement, de raconter encore, plus que les endives, son Amérique et son besoin de la quitter, l'éducation chrétienne qu'il avait reçue dans une famille mormon et son besoin de la quitter, son regard sur l'école et son besoin de la réinventer, le monde des paillettes qu'il approchait en étant parfois mannequin pour une marque de cigarettes (d'où la photo de couverture) ou joueur de basketball professionnel et son indifférence face  à cette part artificielle de la vie, son expérience de papa, de mari et son besoin de recommencer, avec une autre femme,  son  sentiment d'impuissance face à ce monde construit sur des valeurs trop matérielles et son besoin de le critiquer avec humour pour mieux l'aimer. Cette Amérique, je suis partie la découvrir à 18 ans. Ce qui me permet peut-être, lorsque je lis son livre "The Anthropologist", un roman en version américaine, de sentir absolument les atmosphères, les scènes qu'il raconte, et aussi le message universel qu'il y inscrit. Mon parcours dans une spiritualité libre, mon questionnement incessant sur la religion, mon approche de la parole du Christ suite à la maladie de mon fils, qui me permet de percevoir le regard chrétien que Jon pose sur le monde, au vrai sens du mot, c'est-à-dire dépouillé de son aspect dogmatique. Mon expérience de professeur d'art plastique au collège entre 30 et 33 ans, où j'aurais pu peut-être le rencontrer, encore une fois, comme collègue, qui me permet de le rejoindre absolument dans sa réflexion sur l'école aujourd'hui. Ma vie de maman et d'épouse d'un homme qui avait déjà élevé deux filles qui me permet d'entrevoir et d'accepter pleinement son parcours de père et d'époux, et pour finir, les préoccupations existentielles qui m'ont façonnées durant ces 30 années qui me permettent de comprendre l'émoi de cette première rencontre. Je pense que, si mon chemin croise le sien à nouveau, ici, là ou ailleurs, je me sens enfin prête à rencontrer sereinement et très amicalement cette très belle personne qu'est Jon.

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RECTO-VERSO DE LA COUVERTURE DU LIVRE: Jon à ~27 ans, puis à ~60 ans.

Ces deux images m'ont donné envie de rire de moi aussi, en ce temps-là, on ne se photographiait pas beaucoup, j'ai trouvé juste une série, des photographies qu'un ami avait faite avant mon départ, pour les Etats-Unis. J'avais 18 ans, le style est un peu kitch, flou à la Hamilton, l'époque romantico dans les champs de blé. Vous connaissez? Je me suis "amusée" à mettre mon portrait d'aujourd'hui, 30 ans (enfin, bientôt) après en vérité... ce qui éclaircira les lecteurs bien évidemment sur mon âge, on me le demande souvent, comme ça, c'est fait! Et ça me plombe un peu. L'empâtement dû aux maternités certainement, le physique marqué par toutes ces années, celles qui permettent de comprendre un petit bout, tout petit, de la vie.   

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J'ai envie, pour terminer cet hommage à Jon, vous l'aurez compris je suis fan, de publier ici la préface du livre, portrait si justement écrit par Marc Donet-Monet

Au début, je croyais que Jon Ferguson était entraîneur de basket. Mais ça c'était il y a longtemps. On le voyait sur des terrains de sport, grand, bien habillé, donnant des ordres à ses joueurs pendant les pauses - un de ces types qui vous impressionnent sans que vous sachiez pourquoi. Plus tard, je me suis rendu compte qu'en fait Jon Ferguson n'était pas entraîneur, mais écrivain. Il publiait dans le "24 heures" des chroniques sur le monde du sport, originales et bien écrites, et dont je suis rapidement devenu fan, comme des milliers d'autres lecteurs. Ensuite, en continuant à lire le journal, j'ai appris que Jon Ferguson n'était pas écrivain en fait, mais peintre. Ses tableaux étaient parfois exposés dans de petites galeries à Lausanne, que par la suite je visitai. Et c'est à cette époque - l'époque où je croyais que Jon Ferguson était peintre - qu'on m'a informé que Jon Ferguson n'était pas peintre en réalité mais prof d'anglais. Bien sûr, par la suite je me suis rendu compte qu'il était aussi philosophe, mormon (repenti), conférencier, papa et amoureux de l'Univers, - avec, concernant ce dernier point, une légère préférence pour les femmes, le vin et peut-être les chiens. Il est comme ça, Ferguson, il fait tout, il essaie, il n'a pas peur: il s'en fout. Mais avec toutes ses activités, avec ses talents multiples, il y a un point que je n'ai pas encore souligné : Jon Ferguson est toujours exactement le même. Vous pouvez le croiser à la piscine, dans une émission de télé, au bar du coin, il est toujours exactement le même Jon Ferguson, avec sa gueule de star, ses cheveux grisonnants, son accent américain et sa bonne humeur (je le soupçonne de faire le clown uniquement pour masquer le fait qu'il est très intelligent). C'est peut-être ce qui sonne si juste dans les textes de Ferguson : il ne fait pas de littérature, il ne ment pas, il est toujours parfaitement lui-même dans la vie comme dans ses oeuvres. C'est d'ailleurs étonnant qu'un homme si beau - d'après ma femme qui s'y connaît - écrive de manière si simple, si directe, dans un style si dépourvu de vanité. Si j'étais critique littéraire j'aurais sans doute des choses à dire sur le sujet, mais comme je ne suis qu'un banal humoriste même pas peintre je me contente de lire et de relire ces pages brillantes, en ne pouvant décidément que trouver sympathique un homme et un auteur capable d'écrire : Les hommes skient plus vite que les femmes. Mais les femmes on la peau plus douce.

Marc Donet-Monet.


 

25 décembre 2010

Douce nuit

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Une veillée tranquille et joyeuse, les enfants restés au coin du feu, nous sommes partis dans la neige à pied, montés la route qui mène à la petite chapelle, nous avons parlé aux rares personnes venues jusqu'ici pour célébrer la messe de minuit, leur voiture bloquée dans les deux derniers virages pentus, enneigés et verglacés, très peu de monde mais tous contents d'être là, une sensation de soulagement, tant pis si mon père ne peut ou ne sait m'aimer, ici, je me suis sentie,  comme toujours et depuis toute petite lorsque je me retrouvais dans une église, aimée pour ce que je suis, avec mes manques,

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à la sortie, nous avons accompagné à pied la soeur orthodoxe venue célébrer avec nous, quelques mètres de l'église à son monastère,  nous sommes rentrés en marchant dans le froid, les enfants terminaient de regarder le film, la grande soeur s'était couchée, puis relevée, la petite endormie sur le divan collée contre ses frères et son autre soeur. Une sensation d'harmonie, une douce nuit où chacun peut vivre ce qu'il est, sans effort, sans contraintes, dans le respect de l'autre, sans attente particulière.

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17 décembre 2010

Le chemin du retour

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Mon fils Elia s'était assis à l'arrière de la voiture pour distraire sa petite soeur fatiguée de cette sortie qui aurait dû nous prendre 2 heures au plus. Cette neige, venue plus vite que prévu,  ces véhicules apeurés qui roulaient à 5km/Heure, c'est vrai que ma voiture est bien équipée, une petite Kangoo 4X4 qui me permet de sortir et rentrer chez nous, même dans les pires situations. Mais je sentais bien qu'il n'était pas tranquille, qu'il fallait trouver la bonne attitude pour le rassurer, non pas avec des mots, mais un état intérieur qui pourrait rayonner de ma personne sur lui.  De longues files de voitures, des camions arrêtés sur le bord de route, puis une route plus fluide, la nôtre, celle que personne ne veut prendre lorsqu'il neige, celle qui monte sur la colline. J'ai senti qu'il était fier que sa mère soit à l'aise sur cette neige, trouvant les mots pour rire de cette sortie qui a duré 6 heures au final, content d'arriver chez lui, un cadeau qu'il est d'accord de garder fermé jusqu'à Noël, pour le mettre sous le sapin qui prendra sa place bientôt dans la maison, des vacances qui commencent plus tôt que prévu aussi, les transports scolaires ayant capitulé.

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5 décembre 2010

2ème dimanche de l'Avent: Mais qui est-elle?

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J'allume la deuxième bougie...

Il n'existe pas de bonheur linéaire ou plus précisément, "en affirmant l'existence d'une force éternelle chez l'homme, on est dans l'erreur". Il s'agit alors d'accepter ces cycles auxquels nous sommes appelés, ceux de la vie/mort/vie. Voilà ce que nous explique encore l'auteure de ce livre, celui où se trouve ce conte et qui remue certaines zones importantes de mon inconscient.

Or, la petite lumière s'est éteinte. Le vieil homme est presque mort, effondré sur le sol. Je me souviens de ces instants de ma vie où je me suis trouvée dans cette situation. Je ne savais pas, en les traversant, à quel point cet état était une nécessité pour grandir. Et si j'ai pu grandir, c'est que j'ai certainement pu rencontrer cette vieille qui a bien voulu me bercer. Il est encore plus intéressant de comprendre que ce vieil homme représente la part masculine de la femme, son animus. "que nous soyons centrées sur l'épanouissement de soi-même, sur les problèmes  qui se posent dans le monde ou sur les relations affectives, cela importe peu, l'animus s'épuisera de toutes façons. Lors des tâches de longue haleine - terminer ses études, finir un manuscrit, s'occuper d'une personne malade - vient toujours le moment où l'énergie a vieilli et s'effondre."

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Cette vieille qui, telle une mère, vient prendre le vieil homme dans ses bras, l'amène vers une source de chaleur, le berce, mais qui est-elle?

Il s'agit de cette part sauvage qui nous habite, celle qui n'est pas conditionnée, celle qui court avec les loups.  "Nous n'avons pas à paniquer quand nous n'avons plus d'élan ou que nous nous déconcentrons, comme la vieille qui nous relève et nous tient dans ses bras, nous devons tranquillement tenir notre idée (et j'ajoute: même si nous n'en avons plus...d'idées) et rester en sa compagnie (juste être à l'écoute, ne serait-ce que de notre propre souffle)."

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Je peux affirmer, aujourd'hui, très clairement, que je suis venue sur la colline pour cela.
Bercer, là, là, là. Là, là... et guérir tout tranquillement mon animus.

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10 novembre 2010

Avec les mains (3)

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Je ne sais pas pourquoi ça me travaille autant.
Alors je me suis lancée.
Une petite étiquette au nom d'Ondine.
Un peu japonisante. Je ne l'ai pas fait exprès,
à chaque fois, c'est ce style qui ressort
depuis des années, c'est ainsi. Petits ou grands dessins, j'aime lorsqu'ils prennent cette forme-là...
Est-ce pour parler du père d'Ondine dont on ne sait rien?
Ainsi, ce Lointain devient plus proche.
Un peu de Soleil Levant dans ma vie.

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Ondine est née en 1900.  Père inconnu. Elle a été placée à deux ans (tiens, encore une histoire d'une séparation à deux ans....). L'adoption a pris effet lorsqu'elle avait 17 ans.  Tout le monde l'appelait Georgette qui était son deuxième prénom. Pourtant, j'aime bien Ondine... Je ne l'ai pas connue, elle est morte avant ma naissance. Mon père ne m'en a jamais parlé, je comprends. Il avait 22 ans lorsque Georgette, sa mère, est partie, après plusieurs années de maladie. Je pense que pour lui, il valait mieux vivre le présent, vivre sa vie, oublier. J'ai cherché dans ce qu'elle avait laissé, quelques photographies, un livret de famille, j'ai aimé la découvrir, comme j'ai pu, en allant glaner des informations sur les registres de naissance, j'avais le nom de sa  mère biologique qui a eu un deuxième enfant illégitime trois ans après, un petit Charles. J'ai découvert par la suite qu'elle s'était mariée avec un homme de nationalité italienne qui avait légitimé cette naissance. Pour savoir la suite, il faudrait que j'aille à Mantoue (Mantova). C'est sur ma liste "des choses à faire...".

Peut-être est-ce pour faire vivre ce prénom qu'elle n'a pas porté que j'ai créé cette petite étiquette il y a quelques jours, et je me suis amusée à la mettre sur la layette que j'avais confectionnée. A suivre...

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5 septembre 2010

MON REFUGE

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Une méchante migraine qui me tient depuis 2 jours. Quelques courses indispensables pour les garçons, hier après-midi , alors qu'il faisait si beau. Ce temps passé dans des magasins. Le pire, cette musique ce bruit permanent dans des haut-parleurs de mauvaise qualité, qui ont achevé mon état physique, et les dépenses, qui ont achevé le compte en banque. Nous ne sommes pas partis en vacances. Jean-Marc travaille beaucoup, mais il ne reste presque plus une miette. La vie est trop chère ou nos dépenses trop importantes, je ne sais pas. Aujourd'hui, j'ai pris un temps sous le châtaignier, mon refuge, l'endroit où j'aime rêver. Le mal de tête n'est pas parti, je regardais le ciel, les feuilles et le soleil qui essayait de me caresser le visage même si j'avais du mal à le supporter, vu mon état.  Les enfants sont venus me taquiner avec quelques bulles, ils voulaient peut-être m'apporter un peu de légèreté.

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21 août 2010

La Chute d'Icare (7)

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"Le mythe d'Icare aborde des thèmes comme les relations père-fils, l'effet néfaste que peut avoir un conseil ou une interdiction, ainsi que le désir de l'homme d'aller toujours plus loin, au risque de devoir se retrouver face à face avec sa condition de simple être humain"

"La chute d'Icare symbolise la vanité de l'orgueil humain et rappelle les limites assignées aux mortels"

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Pour comprendre, il faut se souvenir de cette jeune femme qui n'avait pas reçu l'attention de son père, ni de son frère, alors qu'elle exposait ses travaux de peinture, l'aboutissement de quatre années de travail couronnées par la reconnaissance d'un jury. Même ce premier Prix n'avait pas suffit à la valoriser auprès de ces deux hommes.  Il faut se souvenir de cette jeune femme qui n'était certainement pas très sûre d'elle, dans sa féminité. Une petite fille-puis une adolescente-puis une jeune femme trop souvent reniée dans son essence, dans son être profond. Cette famille dont elle était issue, avait-elle seulement cherché à la connaître (re-connaître), vraiment? Il faut se souvenir de cette femme qui n'était peut-être qu'une enfant, même si elle avait déjà plus de 25 ans. Il faudrait se souvenir également des ces profs, partis au printemps, des adultes de quarante ans, revenus en parlant de la beauté des paysages, je crois me souvenir également de leur joie à avoir consommer du qat et qui trouvaient tout à fait normal de laisser six étudiants se promener quasiment seuls dans ce Yemen de 1992. La (plus que) quadra d'aujourd'hui, maman de trois enfants ne comprend pas et ne cautionne pas ce fait.

Dans cette voiture qui nous ramenait à Sanaa, les effets du qat commençaient à se manifester. Seif avait pris soin de choisir des herbes d'une haute qualité, effectivement.   

Le Qat produit des manifestations sympathomimétiques, due à la présence de cathine ou norpseudoéphédrine. Cet alcaloïde a une structure proche de celle de l'amphétamine, avec cependant une activité bien plus faible. On constate une mydriase ou dilatation de la pupille, une hyperthermie, une hausse modérée de la pression artérielle, une respiration accélérée, une augmentation de la libido allant de pair avec une impuissance. Chez des individus déjà fragilisés, on a signalé des accidents vasculaires cérébraux. Il ne semble pas que le Qat favorise les accidents coronariens. Accessoirement, les dents des mâcheurs de Qat prennent une coloration brune caractéristique. De plus, la consommation de boissons sucrées dans le but de masquer l'amertume du Qat provoque des caries dentaires. Plus grave est le risque de dénutrition, dû autant à l'effet anorexigène du Qat qu'au fait que l'argent dépensé en Qat manquera ensuite pour les achats de vivres. On verra alors apparaître une sensibilité accrue aux maladies infectieuses et à la tuberculose en particulier. Sur ces pathologies viennent se greffer les effets préjudiciables de la consommation intensive de tabac. Au niveau du système nerveux central, on constate une insomnie, de la nervosité. Des cas de psychose s'accompagnant d'hallucinations et de délire de persécution avec parfois actes de violence ont été décrits, ayant nécessité le placement des malades en institution. On a commencé par traiter ces malades par les neuroleptiques comme il est de règle en. Puis on s'est aperçu qu'il suffisait de leur interdire l'accès au Qat pour qu'ils guérissent parfaitement de tous leurs troubles sans autre médication. (info prise sur le net...)

Je me souviens que, à un certain moment, Peter était assis devant, à côté du chauffeur. J'étais à côté de Seif et nous parlions beaucoup. Parfois, je disais à Peter à quel point les paysages qui défilaient me rappelaient les peintures que j'avais laissée dans la salle d'exposition de notre école, mon esprit était entrain de faire fusionner cette matière picturale avec les moindres rochers, herbes, ciel du paysage yéménite. C'était extraordinaire. Solaire. Lumineux. Peter comprenait, il connaissait ma peinture. Il acquiesçait. Puis, la conversation continuait avec Seif. Le chauffeur, de son côté, était joyeux, avec nous, comme un père. Je me sentais entourée de présences masculines rassurantes qui me donnaient cette satisfaction illusoire d'avoir à mes côtés toutes les figures qui manquaient à mon architecture interne: Un père, le chauffeur, un frère, Peter, et un mari, Seif. Car, depuis cette plaisanterie  au bord de la Mer Rouge, Seif semblait s'approprier cette idée, de plus en plus. Il me complimentait, me faisait la cour. Nous sommes arrivés dans notre Palais à la tombée de la nuit. Arrivés dans le mufredge, les effets du qat, qui durent 24heures à peu près, étaient à leur comble. Nous nous sentions totalement étrangers à cette équipe. Nous étions devenus des ...yéménites. Oh yeah!  Les autres ont bien remarqué que nous étions un peu ...différents. Nous ne leur avons pas parlé ce soir-là et même, presque plus du tout jusqu'à notre retour à Genève.  Nous sommes montés,  Peter, Seif et moi-même, sur la terrasse et comme nous n'avions pas faim, nous y sommes restés, assez longtemps, oour rêver et écouter le chant du muezzin, puis parler encore. Puis, Peter est parti se coucher. J'allais descendre dans ma chambre lorsque Seif m'a proposé de boire un thé, sa chambre se trouvait à côté de la cuisine. Qui a entraîné l'autre? Comment les choses se sont articulées? Je n'en sais plus rien.  Au petit matin, je me réveillais dans son lit, nos deux corps enlacés, ses yeux de biche qui me regardaient amoureusement brillaient comme des étoiles dans la nuit, que sa peau était très douce et que je devais partir travailler au Palais, terminer le dessin de cette porte que je ne pouvais plus supporter, tant j'avais passé d'heures à la mesurer. Ce fût le début de ma chute.

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Femme yéménite en costume traditionnel

Ces photos, je les ai empruntées à LEZARTSVERTS. Son site offre des images superbes du Yémen d'aujourd'hui...comme cette femme voilée de façon traditionnelle:  je n'aurais jamais pu ni osé les photographier ainsi en 1992. Ces images, les mêmes que j'ai gravées à tout jamais dans ma mémoire, me montrent que les choses n'ont pas beaucoup changés...
Je me souviens de ce tissu qui cachait le femmes yéménites de condition plus modeste, surtout des marchandes qui vendaient du pain sans levain, dans des grands paniers qu'elles portaient sur leur tête, à l'entrée du souk. Ce bleu, ce rouge, magnifique. J'en avais ramené un, en souvenir.  Il a servi à décorer et fermer tel une porte l'armoire qui contenait mes vêtements, dans ma chambre, dans ma ville, avant que je parte vivre sur la colline, en Bourgogne

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2 juin 2010

Matriarcat

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Qu'est-ce que tu fais toute la journée? Tu ne t'ennuies pas? Tu ne travailles pas?

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Euh, non, enfin, je suis bien occupée quand même...

Mon travail ne gagne pas d'argent c'est vrai. Il n'a donc pas de valeur marchande. C'est vrai. Je ne peux pas raconter mes joies et mes soucis avec mes collègues ni mes réussites professionnelles, c'est vrai. Comme je ne travaille pas, nous ne pourrons pas nous payer les vacances balnéaires sous les tropiques, ou la location du chalet et des skis aux vacances d'hiver, c'est vrai. Toutefois, Mesdames et Messieurs, depuis 11 ans, je m'occupe de mes enfants à plein temps. J'aime beaucoup mon travail. Tenez, par exemple, aller écouter le silence au bord de l'Etang Neuf? C'est un sacré travail ça, si, si, je vous assure, voir les moucherons voler au-dessus de l'eau, entendre les poissons, écouter la symphonie des oiseaux. Et courir au milieu des arbres,

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Regarder l'eau, se laisser hypnotiser par ses mouvements et ses reflets ....DSC06621DSC06629DSC06634

Faire téter, petite pause câlin ou petite soif, juste la chaleur de mon lait... Comment? Le sevrage? Oh, bientôt, bien assez tôt, ne vous inquiétez pas...

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Du matriarcat d'où je viens, de mère en fille, chacune à sa manière, aucune n'a rompu la chaîne de ce travail: mère au foyer. Si pour mon arrière-grand-mère, cela était nettement plus difficile, huit enfants, la guerre, le manque de nourriture etc... à mon époque, c'est une autre difficulté qui se profile: souvent synonyme d'ennui, d'inutilité, d'isolement, voire même de constante dévalorisation. Certaines/certains doivent travailler pour garantir le salaire du ménage, d'autres ne pourraient supporter de rester au foyer, à chacun(e) son choix. Mais de grâce, ne dites plus à celles/ceux qui consacrent un temps complet à leurs enfants: Ah? Tu ne travailles pas? De même, il serait absurde et injuste de dire aux mères qui travaillent et qui emploient une nounou, Ah? Tu n'élèves pas tes enfants? A bon entendeur, salut!

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1 avril 2011

Aujourd'hui...

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J'ai regardé le ciel,  elle danse devant notre maison, tous les jours  à la même heure. Elles étaient deux aujourd'hui, pour la première fois,

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J'ai suivi la courbe de mon paysage intérieur, je m'y suis accrochée, un peu, beaucoup,

 

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Une  tulipe, une seule, a fleuri devant la fenêtre. Pour nous, c'est le premier signe du printemps enfin arrivé.

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Les autres suivront, et je passerai beaucoup de temps à les regarder, peut-être que je vais même en cueillir quelques-unes.

 

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Je crois bien que je ne sais faire plus que ça,  regarder ce qui m'entoure, m'y accrocher, m'en imprégner, le restituer, comme je peux, surtout,  ne plus penser à rien,

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25 février 2011

Danser la vie

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2000 - Elia 1 an, en attendant Noé

J'ai lu, aimé et entendu les messages laissés suite à mon précédent billet.

J'aurais pu écrire personnellement à chacune mais je préfère réunir ici toutes les réponses que ces mots offerts ont suscité en moi. Il y a ce choix que j'ai fait de quitter ma ville natale pour rejoindre  la vie de cet homme rencontré il y a 14 ans, arrivée ici par hasard, restée par amour. Il est certain que je n'aurais pas élevé mes enfants de la même manière à Lausanne, à Genève ou à Paris. Cette colline m'a plue, la perspective de cette vie un peu sauvage, loin de toute cette civilisation qui était devenue insupportable dans ma réalité d'alors m'avait convaincue. C'était le bon endroit. Je n'ai même pas réfléchi, je l'ai senti. J'ai  vécu mes grossesses comme un rêve éveillé, mis au monde nos bébés le plus naturellement possible, allaité  très longtemps, nous avons "cocooné et cododoté" nos petits et j'ai découvert ensuite que, pour certaines, cette attitude était presque une religion (je pense à la Leche League qui conseille à chacune cette façon de faire). Je ne l'ai pas fait ainsi parce qu'on me l'a dicté, je n'aurais tout simplement pas su faire autrement. Partir travailler très tôt le matin, dû au fait que nous habitons loin de tout, réveiller mes enfants pour les emmener chez une nounou, utiliser une grande partie de mon salaire pour payer la voiture supplémentaire et les frais que toute cette logistique aurait impliqué, donner des biberons de lait alors que le mien coule à volonté et que j'aime cet acte d'allaiter, vivre tous les instants de mes enfants petits était une nécessité. Ceci ramène le débat à la notion de contexte. Bébé, je n'ai pas connu le lait maternel, je me souviens de ces années où, ma mère ayant décidé de reprendre un travail après être restée à la maison quelques années, je rentrais de l'école, une clé autour du cou pour pouvoir ouvrir la porte de l'appartement familial, le silence  inquiètant en attendant que quelqu'un arrive, les devoirs faits solitairement dans la pénombre, juste une petite lumière sur ma table de travail. Je ne la blâme pas, non. Je ne veux tout simplement pas vivre cela une deuxième fois, en étant dans le rôle de celle qui ne peut pas être là. Je ne blâme pas non plus celles qui font un autre choix, bien différents du mien ou de celui de ma mère, les biberons, la nounou, le travail par obligation ou par envie de faire carrière. Elles ont un autre parcours que le mien, d'autres besoins, un autre contexte, d'autres possibilités, d'autres obligations, d'autres désirs que sais-je encore?  Aujourd'hui, je suis allée en course avec Bianca, les garçons partis à pied chez un copain du voisinage. Je serrais la main de ma petite à la sortie d'une parfumerie où je venais d'acheter quelques produits de cosmétique, un crayon pour les yeux, une ombre à paupière, ceux que j'achète depuis plusieurs années déjà, que je garde longtemps dans ma trousse parce que de qualité et que je les fais durer. Bianca s'est amusée à me suivre dans les rayons, elle a testé les couleurs avec moi, puis nous nous sommes dirigées vers la maison de la presse, sa petite main dans la mienne, nous étions dans la joie, elle riait, moi aussi et les gens qui nous croisaient, de nous voir ainsi, nous souriaient. Je me suis dit alors, que j'étais bien mal avisée d'avoir écrit, il y a quelques jours, que j'avais sacrifié ma vie d'artiste pour être maman. Que né ni! Ces enfants portés, allaités, chéris à qui j'accorde beaucoup de temps m'ont nourris d'une substance précieuse et infinie qui vaut bien tous les spectacles de danse, de théâtre, toutes les expositions de peinture que je ne ferai ou ne verrai peut-être jamais. Je crois que je me sens une folle envie de danser ma vie.

 Ces quelques vers découvert chez elle:

"j'ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ;
des chaînes d'or d'étoile à étoile,
et je danse
"


Arthur Rimbaud

 

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2008 - Elia, Noé, Bianca

14 février 2011

Oser dire

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Je me souviens de la St Valentin, il y a longtemps, alors que je vivais en Louisiane. J'avais 18 ans, j'étais loin de ma famille. Je vivais une expérience unique mais je me sentais surtout observatrice de la vie des autres. Par exemple, ce  fameux 14 février, il me semble que je n'en avais jamais entendu parler. Parce que je n'étais pas assez amoureuse, parce que ma famille natale ne s'en souciait guère, parce que ce n'était pas la coutume dans ma région? Je n'en sais rien. Cette St Valentin américaine reste gravée dans ma mémoire. Je découvrais la joie qu'avait tout un chacun de préparer des cartes, mais surtout des cadeaux pour tous ceux qu'ils aimaient. Pas seulement l'amoureux ou l'amoureuse, mais des camarades de classe, des voisins, tout était permis et encouragé pour aller vers l'autre ce jour-là. AInsi se levaient les barrières pour enfin dire ce qui est souvent oublié le reste du temps, de préciser tout simplement: tu comptes pour moi, ta présence, ta vie est importante dans la mienne. J'ai pensé à cela aujourd'hui et je me dis que je ne suis pas assez "valentinienne". Je vais donc envoyer cette carte d'anniversaire à mon frère, né un 17 février, j'hésitais à le faire puisque nous ne sommes plus en contact. Essayer de lui dire que, malgré nos différences, il compte pour moi. J'en profite aussi pour vous dire, visiteurs de ce blog, que vous comptez pour moi, pour mon quotidien solitaire. Je vous souhaite une heureuse journée.

La chanson du jour pour cette occasion

(merci à Lulu, par son blog, de m'avoir re-branché sur ce chanteur que j'aimais et aime encore tant),  :

I asked my father,
I said, "father change my name."
The one i'm using now it's covered up
With fear and filth and cowardice and shame.

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

He said, "i locked you in this body,
I meant it as a kind of trial.
You can use it for a weapon,
Or to make some woman smile."

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

"then let me start again," i cried,
"please let me start again,
I want a face that's fair this time,
I want a spirit that is calm."

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

"i never never turned aside," he said,
"i never walked away.
It was you who built the temple,
It was you who covered up my face."

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

And may the spirit of this song,
May it rise up pure and free.
May it be a shield for you,
A shield against the enemy.

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me,
Yes and lover, lover, lover, lover, lover, lover, lover come back to me.

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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