PEINTURES D'ENFANTS


Un petit écho au billet de Madame Mim intitulé "HSE méthode Coué"
Elia avait 6 ans. Noé 5. C'était en 2005.
Je n'ai pas de notions Montessorienne. Juste enseigné un peu. Mais surtout, j'aime observer les enfants.
Pourquoi donc mes enfants avaient-ils envie (ou besoin?) de dessiner partout, sauf sur du papier, celui que l'on donne pour qu'ils fassent de beaux dessins? Lorsque je les regardais laisser leurs empreintes dans la maison, au risque de choquer toutes les mamans, tous les papas, toutes les personnes bien élevées, je n'arrivais pas à les en empêcher. En les voyant s'approprier certains endroits de la maison, il me semblait assister aux premiers gestes des peintures rupestres. Cette capacité que l'enfant a à dessiner sans réfléchir, des courbes, des arabesques, des formes toujours bien adaptées au support. L'avez-vous remarqué? Bien sûr, la maison n'était pas entièrement couverte de leurs traces. J'ai su me ressaisir et indiquer quelques limites. Il faut dire aussi que notre mobilier ne craignait rien.
Nous avions bien avancé dans nos travaux entre 2004 et 2005, l'année où Elia était soigné pour la leucémie. Jean-Marc avait pris une année de congé parental pour enfant malade. Au printemps 2005, nous avons pu regagner notre maison, après ces longs mois passés dans la petite chaumière. Elia était encore en traitement, mais il était hors de danger. Je travaillais sur les finitions de la cuisine. Cette pièce, plus tard, sera d'un autre usage, mais en attendant de construire le morceau de maison qui nous manque et qui abritera une cuisine plus grande, nous avions décidé que ce petit coin serait idéal. Je la voulais colorée. Je savais combien cette enfance était précieuse, je venais de passer un an dans un milieu hospitalier difficile, huit enfants qui avaient succombé à la maladie cette année-là, ne l'oublions pas! Je voulais garder une trace de mes deux garçons, Elia aimait beaucoup peindre dans sa chambre, à l'hôpital. Ce bonheur, je devais en garder une trace, comme un tatouage indélébile, sceller cette joie enfantine qui traverse toutes les épreuves. Une façon de vérifier qu'il était bien vivant.
J'ai préparé des couleurs, je savais que je voulais laisser un mur à chacun, et le troisième pour les deux.
Je savais que je voulais des fleurs, rouges, d'un côté. De l'autre, des arbres et des poissons, en bleu et vert.

J'ai demandé à Elia "dessine-moi des fleurs" en lui donnant un gros pinceau imprégné de la peinture choisie. Sans hésiter, il les a peintes, si belles, Je lui montrais simplement où je les voulais et, parce qu'à cet âge ce n'est pas un problème pour les enfants de "faire", il les marquait sur ce mur, à tout jamais. J'ai peint les tiges, il a mis les feuilles...
Tous les jours, lorsque je cuisine, ces fresques sont sous mes yeux et m'apportent beaucoup de joie. Noé a dessiné les poissons bleus et les arbres, de l'autre côté. Il a fallu le rassurer un peu, il se sentait soudain une reponsabilité incroyable, lui qui s'était fait disputer sévèrement par une tante, parce qu'il avait dessiné sur la tapisserie de la grand-mère...Puis ensemble, ils ont peint au-dessus du plan de travail, une abeille, quelques fleurs, des soleils. Je leur donnais le pinceau, de la couleur choisie.J'aime beaucoup ce qu'ils ont fait!
































