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Une envie de bonne heure

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29 juin 2010

5. MARCHER LE SOURIRE AUX LEVRES

MARCHE AFGHANE

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J'ai commencé il y a quelques jours l'exploration de 7 points...
Comme je l'avais indiqué, je les avais gribouillés jetés rapidement sur le clavier, comme des dés sur un jeu de l'oie. Je n'avais pas pensé  me mettre à jouer avec pour de vrai. J'ai eu le bonheur de réaliser que ces 7 points signifiaient beaucoup plus que ce qu'ils avaient l'air au départ et qu'ils étaient des éléments fondamentaux à développer dans ma vie actuelle. J'en suis au cinquième! Hier soir, je me demandais bien comment interpréter et vivre ce "marcher le sourire aux lèvres". J'aime beaucoup aller explorer dans les moteurs de recherche, depuis que je pratique internet, toutes questions qui me sont posées dans mon quotidien. Le lien sur lequel j'ai eu la joie de cliquer avant de m'endormir fut celui d'une personne qui évoquait son expérience de la marche afghane.  De lien en lien, ce sujet m'a interpellée et J'ai envie aujourd'hui de partager avec vous cette découverte:

LA MARCHE AFGHANE

est une forme de méditation. Marcher ainsi est une mise en contact avec cette partie de nous immobile, éternelle, non née, le Soi. Edouard Stiegler est parti longtemps et souvent en Afghanistan pour remplir une mission d'assistance économique. Fasciné par le déplacement des caravaniers marchands (les "Maldars") il a fini par étudier leur comportement. Dans son livre "régénération par la marche afghane), il présente différents rythmes de marche à pratiquer suivant le type de terrain et l'entraînement des personnes souhaitant la pratiquer.

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Tamghart in, à écouter avec ce billet, si le coeur vous en dit...

Découvrez la playlist Tamghart in avec Nabil Othmani

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28 juin 2010

4. NE PLUS SE RETOURNER

ETRE A LA JUSTE PLACE

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....Ce texte parle d'une situation inconfortable dans ma vie...

J'avais besoin de l'évoquer avec discrétion ici

J'ai joué mon rôle. J'ai fini ma pièce. J'ai rejoint les coulisses. Maintenant, je sors au grand air. Le rôle qui m'a été attribué  et que j'avais accepté ne me convient plus. Je sors de la pièce, je ressens le vide que cela procure. Arrêter le jeu, même désagréable, me laisse momentanément au chômage, met peut-être la troupe en danger, mais je ne reprendrai pas mon costume, il était dès le départ trop étroit. Le metteur en scène, le costumier  et les acteurs diront que c'est parce que je suis devenue trop grosse. Que c'est de ma faute si la pièce est arrêtée. C'est évidemment plus facile pour eux de le formuler comme ça.  Ne plus se retourner, c'est accepter de bien regarder la situation, de reconnaître que ce que je ressens est juste, juste pour moi, c'est déjà beaucoup. Se voir dans le miroir et se sentir ridicule dans cet habit trop petit. Essayer de convaincre le reste de la troupe serait vain. Il ne me reste plus qu'à sortir de la scène, sans un mot. Les dialogues ne se font pas entre acteurs et spectateurs, en tous les cas, pas sur la scène. 

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Je me souviens de la séquence finale dans le téléfilm de Merlin, lorsqu'il se détourne de la reine Mab. Il quitte le rôle  pour lequel elle l'avait créé. Il se détourne de cette projection. Il arrête le combat et Mab se liquéfie.

27 juin 2010

3. ALLER DE L'AVANT (2) : PROJET

ALLER DE L'AVANT
J'ai envie de rester un peu sur ce point...

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Faire un projet, vivre l'instant, l'un empêche-t-il l'autre?
Plutôt une bonne association des deux.
Suivre un projet, mais laisser venir l'innatendu, savoir garder le cap, sans rigidité

Un projet, comme une armature, attention qu'il ne devienne pas un carcan qui empêche le flux de la vie

Vivre sans projet, entraînerait tous les possibles...

Un bon projet serait ce travail qui permet l'entrée en soi.

Un extrait de film rafraîchissant
qui me rappelle ma vie d'avant Jean-Marc, les voyages ainsi qu'une quête où j'avais finalement choisi la solitude. Elle m'avait menée jusqu'à sa rencontre...

MANGE PRIE AIME

EAT PRAY LOVE

26 juin 2010

3. ALLER DE L'AVANT (1) : MOUVEMENT

MOUVEMENT

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«Comme c'est fatiguant de rester à la même place, on finit toujours par avancer.»
André Major - Le Cabochon

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Pour aller de l'avant, il faut prendre du recul car prendre du recul, c'est prendre de l'élan, MC Solaar

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Les êtres heureux sont graves. Ils portent en eux attentivement leur coeur comme un verre plein, que le moindre mouvement peut faire déborder ou briser, Jules Barbey d'Aurevilly

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Avancer, attendre le bon moment, trouver le rythme

Mais c'est du grand art tout cela! Les équilibristes le savent bien...

Je partais en visite, l'autre jour, un départ en voiture, dans la joie, parce que cela faisait longtemps que nous voulions nous rencontrer. Elle m'attendait pour le déjeuner et m'avait donné l'itinéraire à suivre, une heure  de route depuis chez moi. Il y avait ce rendez-vous de médecin à mi-chemin, pris depuis longtemps. Rien de grave, juste un contrôle de quelques "vilains grains de beauté". Bianca, ma petite puce de deux ans n'aime pas trop la voiture, mais ce jour-là, elle montrait un certain enthousiasme, elle avait compris que des enfants l'attendaient là-bas. Je n'étais plus très loin du village de mon hôte quand j'aperçus sur ma cheville une forme d'insecte qui me parut d'abord être un papillon. La route était sinueuse et une voiture me suivait de près... Je restais concentrée sur mon volant, le regard sur la route, mais cet insecte remontait le long de ma jambe, je le sentais bien. Au deuxième coup d'oeil, je compris qu'il s'agissait d'un frelon. Mon sang s'est mis à chauffer, je restais calme. Surtout, rester calme. Je vis avec un apiculteur, qui déplace les essaims d'abeilles et parfois même ceux des frelons. Grâce à lui, j'ai quelques notions du comportement à tenir dans ce genre de situation...
Une voiture derrière, une autre devant, des virages, je portais mon regard sur mon rétroviseur, sur la route, sur ma cuisse, tout en indiquant au moyen de mon clignotant mon souhait de m'arrêter. Le conducteur derrière moi a mis  du temps à comprendre ma demande. Lorsque j'étais certaine que plus personne ne me suivait, je me rangeais sur la droite de la chaussée, arrêtais le moteur et très doucement, dans un mouvement de danse genre "slow motion" ou danse Butô japonaise, je sortis du véhicule, le frelon entre-temps avait atteint mon entre-jambe  puis était tombé sur le tissu de mon siège, il ne me restait plus qu'à sortir mon étoffe et le laisser partir. Il s'est envolé presque en me saluant. Je redémarrais le coeur léger, parce que cet épisode m'avait montré le juste équilibre entre le faire, le laisser-faire, le mouvement et l'immobile.

25 juin 2010

2. VIVRE LE PRESENT (KAIROS)

VIVRE LE PRESENT


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Etre à l'écoute
Voir avec le coeur
Saisir l'instant



Le Kairos est le temps de l'occasion opportune. Il qualifie un moment.

« Maintenant est le bon moment pour agir. »

Le Kairos, une dimension du temps n'ayant rien à voir avec la notion linéaire Chronos (temps physique), pourrait être considérée comme une autre dimension du temps créant de la profondeur dans l'instant. Une porte sur une autre perception de l'univers, de l'événement, de soi. Une notion immatérielle du temps mesurée non pas par la montre, mais par le ressenti.

Le Kairos est un jeune éphèbe grec qui ne porte qu'une touffe de cheveux sur la tête. Quand il passe à notre proximité il y a trois possibilités :

1) on ne le voit pas;

2) on le voit et on ne fait rien;

3) au moment où il passe je tends ma main pour saisir sa touffe de cheveux et je l'arrête (j'arrête le temps) .

Kairos a donné en latin Opportunitas (opportunité, saisir l'occasion)


Ce dessin retrouvé au fond d'une boîte de déménagement, fait lorsque j'étais étudiante à l'école d'art. Notre modèle était une danseuse contemporaine qui avait beaucoup posé pour nous. Notre prof de dessin animait cet atelier avec de la musique de Ligeti, c'était vraiment bien!

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23 juin 2010

1. UN PORTRAIT DE CE JOUR

LA VACHE ET LE TAUREAU

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Calme, forte et sereine, voilà comment je te perçois, chère vache. En traversant la campagne en voiture, hier, j'ai pensé à toi, beaucoup.  Ainsi, j'ai envie de tisser le portrait de ce jour en parlant de toi. Dans ce pays d'élevage que j'habite, c'est pour ta chair que tu es élevée. Non pas pour ta sagesse. Je me vois déjà, aller dire aux agriculteurs que je t'admire de façon intuitive pour cela. Quoi que... je devrais peut-être essayer. Que tu sois blanche, tachetée, noire ou grise, peu m'importe. Je t'aime, voilà tout! Lorsque je te regarde, cela me rassure, il en va de même pour ton mari le taureau. Je ne suis pas très contente de vous voir séparés dans les prés, le taureau, tout seul, perdant ainsi sa dignité de protecteur du troupeau , son statut étant limité à la reproduction. Les vacances de mon enfance se déroulaient dans les montagnes, où tu pouvais paître tranquillement, dans une herbe fraîche et naturelle. J'entends encore le son, incessant, des cloches  que les montagnards avaient accroché autour de ton cou pour ne pas te perdre. Cette musique répétitive me berçait dans mon sommeil de vacancière. J'étais dans l'innocence, tu faisais partie d'un décor que je croyais idéal, je ne savais pas  non plus que tu devais produire, lait et veau, pour l'industrie alimentaire, mais ça, c'est une autre histoire...Mes ballades dans les prairies des montagnes, remplies de petites fleurs, les sommets étincelants, et surtout, si je devais garder une seule image de lui, ce serait celle-ci: mon père qui souvent allait te caresser, avec un amour inouï, une tendresse qui lui donnait un visage de toute humanité.

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Extrait d'encyclopedia:

la vache et le taureau   : La vache est un symbole de maternité et on parle   de "vaches célestes" qui symbolisent la voûte céleste.   Quant   au taureau, il renvoyait à la fertilité, à la puissance sexuelle et à le force physique. Les rois étaient d'ailleurs étroitement associés à cet animal procréateur par excellence. Ce thème de la fertilité persistera durant toute l'époque pharaonique et même au-delà. Ainsi Diodore de Sicile relate que les femmes avaient l'habitude de relever leur jupe devant Apis.
Dominant les deux compositions de la pa
lette de Narmer (recto et verso), on peut à loisir contempler deux têtes de vache, vue de façe, aux cornes symétriquement recourbées vers l’intérieur. Il ne faut pas oublier que cette palette remonte   à la première dynastie : la vache joue donc un rôle primordial dès le début de l’histoire de l’Egypte ancienne.
Dès l’Ancien Empire, on trouve dans les Textes des Pyramides le cheminement du roi défunt qui, avant de gagner une place auprès du Dieu, se dirigeait d’abord vers Hathor (symbolisé par la vache), régnant sur l’Océan primordial : c’est le chemin de   la renaissance.
 

22 juin 2010

SEPT POINTS pour guérir

DSC05540Hier, j'ai écrit sans trop réfléchir, quelques petits conseils que j'avais envie de me donner, pour que la journée soit plus belle.
Inscrits sur un billet à publier, ils se sont retrouvés 7, énumérés un peu mécaniquement comme une liste de course, ou un planning très sérieux.... Très sérieusement, dès aujourd'hui, j'ai envie de développer cette liste, d'ouvrir chacune des 7 boîtes et voir si je peux fabriquer un trésor avec ce qui s'y cache. Déjà, je re-découvre la symbolique de ce chiffre. C'est un nombre magique!  Je me sens comme une petite fille, ce matin: j'y crois, j'ai très très envie d'y croire!

Sept points pour guérir, parce que j'en ai besoin. Je vais re-coudre cette blessure avec du fil doré, en prenant le temps de bien faire mes points, pour que les chairs se referment, définitivement. Je dis RE, avant coudre, parce que ce n'est pas la première fois que je m'y colle. J'aimerais que cette couture soit belle et solide, que la cicatrice, forcément il y en aura une, devienne un joli dessin sur ma peau, plutôt qu'une balafre. Que celui ou celle qui se moque de cette envie passe son chemin, que celui ou celle qui dit ne pas avoir le besoin de guérir ou ne jamais l'avoir eu passe son chemin, que celui ou celle qui se croit plus fort(e) que ça passe son chemin.

21 juin 2010

PRESENT SIMPLE

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  1. Un portrait de ce jour
  2. Vivre le présent
  3. Aller de l'avant
  4. Ne plus se retourner
  5. Marcher le sourire aux lèvres
  6. Le regard aimant et apaisé
  7. Le vent dans les cheveux

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19 juin 2010

FEMINITE BEAUTE LIBERTE

CCI00004Il suffit parfois d'entendre une voix, à travers une émission de radio, par exemple. C'est souvent par l'auditif que l'ouverture se fait chez moi.

Aujourd'hui, en emmenant les enfants à un cours de tennis, j'ai entendu une femme qui parlait sur les ondes de France Culture, une actrice israélienne qui m'a aidée à reprendre contact avec une zone que j'ai trop souvent délaissée.  Sa voix chaleureuse, ses propos, sa soif de beauté, ont réanimé cet essentiel: ma nature sauvage

Ce portrait de moi date, bien sûr, mais il me ramène à un temps très particulier où j'avais trouvé la force nécessaire pour m'extirper d'une vie que je n'avais pas choisie, ni professionnellement, ni affectivement. Je revenais d'Espagne où j'avais suivi pendant 4 semaines à l'université de Cadix un cours intensif d'espagnol. A ce moment, j'étais secrétaire présidentielle dans une multinationale américaine, un salaire coquet, mais rien dans mon quotidien ne me convenait. Tout se vivait dans le paraître, le contraire de ce que je cherchais. C'est 6 mois plus tard que ma décision fut prise: tout balayer, repartir à zéro, quitter le confort. S'inscrire à l'examen d'entrée de l'école d'art de ma ville, tenter l'impossible. 1 an après cette photographie, j'y entrais pour de bon. J'avais obtenu une bourse d'étude, mais je travaillais encore comme secrétaire pour gagner de l'argent supplémentaire pendant les vacances. Il a fallu délaisser voiture, appartement confortable contre un autre logement plus modeste. Je mesure aujourd'hui les conséquences de cette décision, je pense que j'avais tout simplement commencé à ébranler , inconsciemment, les fondations d'un édifice familial.

 

17 juin 2010

Dis maman? un miracle, ça existe, tu crois?

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Cet enfant représente un miracle pour moi.

C'est mon fils, le premier. J'ai vécu une grossesse heureuse, parce que j'attendais depuis longtemps cet état privilégié. Il y a eu ce début, un peu chaotique, le fossé entre le rêve de l'enfantement et la réalité, qui parfois nous submerge...
Son prénom choisi en lisant un article sur le cinéaste Elia Kazan...

Prénom grec, prénom solaire.

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Elia est né lumineux!

Elia a grandit, très entouré de son papa, de sa maman, et de ses deux soeurs, filles de son papa. Puis il a accueilli son petit frère, 17 mois seulement après sa naissance, ils ont été co-allaités, élevés comme des jumeaux. Des nuages sombres sont arrivés sur cette famille, dans laquelle il est né: des difficultés de toutes parts, avec ma famille d'origine, avec celle de son papa, des conflits avec les relations du passé de son papa.  Elia m'a vu me débattre dans des disputes familiales où j'étais dévalorisée, ainsi devenir un être triste, parfois colérique, il voyait que je n'arrivais pas à faire ma place dans ce monde, il sentait peut-être notre désarroi: survivre plutôt que vivre. Petit à petit, sa lumière faiblissait. Je voyais bien que quelque chose n'allait pas, je sollicitais des médecins, l'institutrice des maternelles: "ne vous inquiétez pas, c'est le complexe d'Oedipe."  Un jour de printemps, en 2004 plus exactement, il est rentré plus fatigué que jamais, un immense hématome dans le dos, je pensais que des enfants l'avaient frappé à l'école. Il n'en était rien. Elia était malade, gravement. Il souffrait d'une leucémie, nous l'avons su une semaine plus tard, suite à une prise de sang indiquant que le corps (l'âme?) était à bout. Alors que ma vie basculait ainsi, en un court instant, j'aurais pu me liquéfier ou me laisser endormir  par des médicaments souvent prescrits dans ce genre de circonstances, devenir un être passif, subissant mon destin silencieusement, dans l'endormissement. Ou peut-être que.....tiens, si je parvenais à faire le vide, à me libérer un seul instant de ma peur, je pourrais entendre et accueillir une force de vie incroyable qui porte des noms: tous ces noms ont été abîmés et souillés, alors j'hésite à les écrire, et pourtant.... La foi (universelle bien sûr)? L'amour? Je m'apprêtais à chauffer au micro-onde un plat cuisiné industriellement (c'est de cette façon qu'ils sont nourris à l'hôpital, les enfants soignés en chambre stérile) pour mon petit garçon âgé alors de cinq ans. Des chimiothérapies passaient dans son cathéter, mes mains gantées, mon visage masqué et mon corps recouvert d'une longue robe hospitalière couleur vert-chirurgien. Allais-je m'écrouler, devant cette ironie du sort, moi la maman bio, qui avait allaité si longtemps son enfant, anti micro-onde et tutti quanti? Je suis restée debout, parce que, à mon grand étonnement, Elia souriait sous sa bulle. Il avait confiance... Et aussi, quelque chose d'inattendu s'est produit à cet instant: une force douce et enveloppante est descendue sur moi, m'indiquant, je crois même avoir entendu la voix, que l'amour peut tout. Et avec cette conviction, cet état de foi inconditionnelle, j'ai chauffé ce plat, dans le micro-onde, sans la moindre hésitation et j'ai regardé avec joie mon petit bonhomme le déguster. Jean-Marc et moi avons revisité nos vies, mis à plat les conflits qui nous habitaient, nous ne pensons pas que la maladie vienne par hasard, ni qu'elle soit une punition d'ailleurs. Simplement, un appel à la vie, à plus de vie. Un appel à un Eveil. Nous l'avons accompagné en alternance, sans jamais le quitter, dans ces 3 mois de chambre stérile, 1 an d'hospitalisation presque complète, 2 ans et demi de traitements et le voilà, tellement fort à présent. Il a eu onze ans le 1er janvier, il a retrouvé toute sa lumière.

Aujourd'hui, par écrit, je voudrais rendre grâce de ce miracle: la guérison d'Elia.

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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