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Une envie de bonne heure

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29 octobre 2010

Avant la Toussaint

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Il est impossible de se tenir debout en ce monde
sans jamais se courber.

                                                 Proverbe japonais




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27 octobre 2010

Papic

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Lorsque je suis passée en voiture dans la petite localité en bas de la colline, j'ai aperçu le général, avec sa petite-fille. Ils rentraient d'une promenade ou d'une course à l'extérieur, à pieds. Je les ai vu ouvrir le portail qui leur permet d'entrer dans le jardin de leur propriété.  Alors j'ai pensé à mes enfants et à leurs grands-parents. J'ai rapidement chassé de mes pensées le fait que non, ces vacances-ci, ni celles de l'été dernier, ni celles du printemps, en fait aucunes vacances de cette année 2010 n'auront abouti à une rencontre entre mes enfants et mes parents. Il n'y a pas d'explications rationnelles sur ce fait. Il n'y a pas d'interdiction de notre part. Il n'y a simplement plus de relation, en tous les cas pas pour le moment. Cela peut paraître dur ou injuste. Il faudrait alors raconter. Je ne suis pas prête pour cela, je n'arrive pas encore à mettre de mots sur ce conflit. Je le déplore, c'est tout. Pourtant, il faudra bien que j'y arrive un jour. Les enfants, tout du moins Elia et Noé, ont déjà compris que pour le groupe d'adultes que nous formons, une rencontre est difficile. Ils savent qu'ils peuvent écrire ou téléphoner. Ils ne le font pas. Je pense qu'un enfant a besoin de cohérence. Comment pourraient-ils communiquer avec des grands-parents qui ne sont plus en contact avec leurs parents, qui voudraient faire "sans nous"?

Alors l'image de mon beau-père, décédé il y a huit ans, m'est revenue.  On l'appelait Papic. Je me souviens de ce temps où, presque à chaque sortie en voiture que je faisais, je le voyais déambuler avec son petit sac à commissions dans les rues, pour aller chercher son pain ou son jambon. Un homme que j'aimais profondément, malgré ses maladresses, parce qu'il était authentique, parce qu'il ne trichait pas dans ses relations. J'aimais le son de sa voix, j'aimais danser avec lui, le Paso Doble... Aujourd'hui, j'ai pensé à lui et j'ai réalisé à quel point il me manque. Bianca ne l'a pas connu du tout, je lui raconterai ce grand-père. Je ne sais pas si mon père me manquera, je crois qu'il me manque déjà, qu'il m'a toujours manquée. Nous n'avons pas réussi à nous rencontrer, fraternellement, humainement. Je ne sais pas ce que je raconterai à mes enfants. Je ne sais pas...

27 octobre 2010

Les résistantes

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Je me réveille. Je ne me lève pas tout de suite, je ne peux pas. C'est comme cela depuis toujours.

Parfois, un horaire me bouscule, comme ce matin. Il fallait emmener Elia à son stage de tennis. Le trajet est assez long, trop long pour que ce garçon de 11 ans qui tousse un peu ces jours-ci le fasse à vélo. Alors je me suis dépêchée, un peu plus que les autres jours. Depuis que je ne travaille plus, et ça fait si longtemps maintenant, je ne prends jamais de rendez-vous le matin, sauf obligations. Depuis quelques jours, je pense à tout ce que je vois sur les blogs, je vois des femmes qui ont de nombreuses occupations, qui créent, beaucoup sont maman et disent leur amour pour leurs enfants, les photographient, tout est si beau! Je pense toutefois que ce n'est pas LA vérité. C'est un besoin qu'elles ont, que j'ai aussi certainement, de dire leur bonheur, parfois leurs colères ou montrer fièrement, et elles ont raison, leurs oeuvres. Parce que j'étais seule sur le trajet du retour et qu'enfin je pouvais rêver comme j'aime le faire, c'est je crois ce que je sais le mieux faire, m'évader dans le ciel, refaire le monde, me construire un monde qui est à mon rythme, à ma hauteur, à ma portée... parce que la route défilait et que j'ai besoin de mouvement pour bien penser,  je songeais à cette fabuleuse énergie qui circule sur cette blogosphère que l'on dit virtuelle. Et pourtant, j'ai gardé en mémoire cette femme qui réalise des accessoires superbes, tricotés main avec des laines fabuleuses, cette  autre femme qui achète de la laine brute à ce berger français qui s'est donné la peine d'élever des moutons sélectionnés pour une laine douce, elle la teint ensuite, en fait des pulls magnifiques, et puis d'autres qui écrivent leurs peines, leurs joies, partagent un bout de leur vie et montrent combien elles aiment vivre, ces innombrables photographies d'enfants, de fleurs, de maisons, de vêtements, de paysages, comme une action de grâce, un remerciement souterrain. Je me disais que de cette blogosphère ressort un formidable mouvement de protestation, presque à la manière des résistants qui se cachaient pour dire. Il y a là une envie de créer et trouver des produits de qualité,, accessibles, que ce soit dans la nourriture ou les objets, des produits faits main, localement. Il se passe quelque chose là, c'est sûr... quelque chose qui va à l'encontre du monde industriel. Qui tend vers plus d'humanité.

ça bouge!

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25 octobre 2010

Présentation

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Monsieur Bonne Heure aime bâtir, rénover, embellir les habitations et il est vraiment doué pour ça! Il a décidé un jour de créer une maison, avec des pierres de récupération de ruines alentour, des bouts de bois. Il se disait qu'un homme peut construire avec ce qu'il trouve autour de chez lui. Seule la charpente est neuve ainsi que les fenêtres, quelques briques pour certains murs intérieurs. La  toiture est un peu particulière, une "toiture prairie" (je crois que je vais parler plus longuement de cette maison prochainement). Lorsqu'il a commencé, je ne le connaissais pas encore. Il venait de terminer les travaux de son autre maison, celle où il vivait avec ses deux filles et son ex-compagne. Il savait depuis plusieurs années qu'il voulait aller vivre là-haut sur la colline. Un jour, il a pris son baluchon, il est venu là, pour réaliser son rêve et aussi, parce qu'entre eux, ça n'allait plus très bien. Je suis arrivée après la séparation. Pourtant, il n'a pas eu le temps de souffler cet homme-là.. Père au foyer pendant plusieurs années, il est un papa engagé, affectueux et protecteur. Nous n'avons pas attendu longtemps après notre rencontre pour faire des enfants. Je crois qu'il n'a jamais connu une vie solitaire comme je l'ai vécue et je me demande souvent où il puise toute cette énergie. Il se couche tard, se lève tôt, travaille de façon artisanale je dirais même artistique chez une clientèle variée, gagne le salaire de la famille, s'occupe des chevaux, du bois, du terrain, des réparations. Il ne cuisine pas souvent, ne passe pas beaucoup de temps à l'intérieur du foyer, pas parce qu'il n'aime pas ni parce qu'il ne veut pas, simplement, il ne peut pas être partout. Notre maison est loin d'être terminée, on y est bien, même inachevée.  Elle est un peu particulière, il a regardé les photographies de cette bâtisse que je voulais acheter dans le sud de l'Italie, juste avant de le connaître ,je devais partir dans les Pouilles. Nos chemins se sont croisés, je suis restée. Il a, je crois, pris quelques idées de ce "trullo" que je voulais acquérir, m'offrir un peu de cet ailleurs qui m'attirait tant. Manquent juste les oliviers, les câpriers, les figuiers, la chaleur.... Mais là-bas, je n'aurais pas eu sa compagnie, j'aurais peut-être vécu très seule, qu'est-ce que j'en sais aujourd'hui?

Nous vivons un peu trop solitairement à mon goût. Nous avons consacré toutes ces années à bâtir notre nid, à materner, à cocooner nos enfants, à soigner Elia aussi entre 2004 et 2006. Bianca est encore petite, et je l'allaite encore. J'ai allaité longtemps nos deux garçons (trop longtemps aux yeux des occidentaux mais pas trop aux yeux des autres cultures alors j'aime penser que je suis plutôt indienne qu'européenne). Pourtant, petit à petit, je réalise que nous n'avons pas passé beaucoup de temps "à deux". Je suis un peu fatiguée d'être maman en ce moment, je voudrais juste être une femme, avoir de grands espaces-temps pour créer, d'autres pour partager avec lui une vie d'adulte, mettre entre parenthèse cette parentalité. Je sais que ça viendra, bientôt, et je profite des derniers instants de cette petite et moyenne enfance. Je voulais juste poser ce désir, l'écrire un peu pour continuer ma vie de maman.

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21 octobre 2010

Je te vois

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Il y a les choses que j'ai vues et celles que je n'ai pas su voir,
ou pas pu,
ou je n'étais pas assez présente
ou trop distraite par mes pensées
ou préoccupée par des soucis inutiles
ou trop jeune
ou entrain de travailler
ou encore dans l'instant d'avant
ou déjà dans celui d'après

Si j'avais vu ce que je vois aujourd'hui
Si j'avais su ce que je sais aujourd'hui
Mince alors, mais ce ne serait pas moi
Que ce que je n'ai pas su voir apparaisse alors!
Je suis prête


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19 octobre 2010

J'aime 10X

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C'est la première fois qu'on me fait cette demande. J'ai vu parfois ce truc-là chez les autres....

Merci Madame Zaza de m'avoir proposé d'entrer dans le jeu!

 

LES DIX CHOSES QUE J'AIME:

LE FEU

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que ce soit dans la cheminée, dans le poêle, dehors un soir d'été, dans la nature lorsque les agriculteurs brûlent les broussailles  (lorsque ce n'est pas un incendie) et puis les feux d'artifice, de temps en temps

ETRE AU CONTACT DE LA CHALEUR D'UN ETRE VIVANT

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la chaleur d'un animal, mon cheval, mon chien, un chat, allaiter mes bébés, tenir un enfant dans mes bras, les bras de mon homme et aussi caler mes pieds dans ses mains chaudes et rassurantes.

GRIGNOTER ENTRE LES REPAS

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que ce soit  du chocolat noir, un mélange de fruits secs, du fromage de chèvre, un reste de dessert....je ne peux pas m'en empêcher. C'est peut-être à cause de cette manie que je n'arrive pas à perdre mes 8 kg de trop.

LES MATIERES

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1) la laine, pour la toucher, pour la regarder, pour la tricoter, j'en ai des tas en attente, trop d'envies pas assez de temps 2) les tissus qui m'inspirent des robes, des coussins, des rideaux, des milliers de créations sont dans ma tête, des tissus du Yémen, d'Afrique, d'Indonésie, d'Inde, de France, m'attendent depuis des années 3) les pigments 4) les papiers 5) les enduits à la chaux 6) les vêtements, chaussures, de belle qualité = problème de porte-monnaie ou frustration

DANSER

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j'ai suivi plein de cours de danse, d'abord petite, du classique, j'étais trop timide j'avais arrêté, repris ça à 20 ans, classique, claquettes, flamenco, danse contemporaine et danse traditionnelle africaine mandingue. J'aimerais recommencer, peut-être avec mon mari, du tango, ça me plairait vraiment! 

ALLER AU SPECTACLE

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cinéma, théâtre, danse. Depuis que j'habite sur la colline, je n'y vais presque jamais. Et pourtant, qu'est-ce que j'aimais ça lorsque j'étais citadine. Je crois que ça me permet de m'oublier pour mieux me retrouver après.

L'EAU

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1) nager dans une eau pas trop froide, la mer surtout. La dernière fois, c'était en Corse, j'étais enceinte de Bianca, je passais des heures dans l'eau, il y avait que là que j'étais bien. 2) rester longtemps sous la douche, faire couler l'eau sur ma nuque et ma tête, assise sur le bord de ma baignoire, côté angle vers le mur bien sûr 3) mettre mes mains dans l'eau, que ce soit pour la vaisselle, ou en promenade l'eau d'une rivière, d'un lac, d'un étang et si l'eau est chaude, mes pieds

APPRENDRE

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lire, comprendre, étudier un sujet, une nouvelle langue ou en approfondir une, un instrument de musique (j'ai arrêté parce que je n'ai pas le temps de m'y consacrer, je dois faire des choix).

CHANTER AVEC LES AUTRES

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Je trouve que  lorsque les humains se réunissent, c'est trop souvent pour manger et bavarder, souvent pour ne rien dire, j'aimerais côtoyer des humains qui ont le sens du "chanter ensemble". Peut-être faire partie d'une chorale...

UNE VRAIE RELATION

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  Echanger avec quelqu'un qui sait écouter, qui se raconte aussi,  une communion d'âme... C'est très rare.

 

J'aurais voulu dire aussi BLOGUER, aller en promenade chez toutes ces inconnues, ces inconnus qui partagent, qui créent, qui s'expriment, qui m'inspirent, qui me touchent, qui parfois m'écrivent et ça, ça fait vraiment du bien. Mais j'en avais déjà mis DIX. Alors STOP.

 

Peintures à 4 mains Bianca et Christiane

 

 

Parce que ce jeu m'a plu, j'aimerais proposer à d'autres de s'y prêter si elles en ont l'envie et le temps...

Je passe le bébé à

Madame Mim

Regarde voir

Ici et Maintenant

Princesse des Neiges

My18stripes

Nouschineandsons

Ma vie de Château


 

19 octobre 2010

Une goutte essentielle

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"La vie humaine est une rosée passagère"

                               Proverbe japonais

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18 octobre 2010

Oser se tromper

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Il y a des jours où on aimerait juste....dormir.

Et puis il y a ce (ces) repas à faire, cette petite à habiller, une maison à ranger,  une paire de bottes  pour Bianca à ramener au magasin, parce que je n'arrivais pas à choisir, la dame m'a laissé les deux paires, la nuit pour réfléchir, hésiter encore le matin, se décider enfin pour la bottine mi-haute plutôt que la botte, pour une petite c'est mieux, faire la vaisselle, s'habiller en fin d'après-midi pour partir en ville, arriver 1/2 heure avant la fermeture des magasins pour faire un choix de lunettes aussi, la grande fille de Jean-Marc, en visite pour la soirée, gardait les enfants depuis 16h30 pour que l'on puisse partir "en amoureux", mais il est rentré très tard, après son rendez-vous avec des clients et il aime papoter cet homme-là, un samedi pas si mal finalement, bien fait de ne pas dormir, trouvé des lunettes rose vif,  il faut oser... un échange contre celles qui font mémère et dont la correction n'était pas bonne, rentrée faire des crêpes, les 4 enfants et leur papa jouent sur la table basse. Je décide que, même si je n'ai pas reçu mon patron pour une robe tunique, celui que je voulais acheter mais qui était en rupture de stock, commandé finalement en Angleterre, et cette promesse faite à la marchande de tissus, celle qui m'avait offert un patron que j'aimais bien pour une blouse d'été, en me  lançant un défi  "je vous l'offre mais vous revenez dans deux semaines avec votre robe cousue", il s'agissait d'un projet de robe en lainage, un tissu souple et chaud que je venais de lui acheter, une fin de rouleau, 2m10 je crois. Il y a longtemps que je n'ai pas cousu! J'ai la trouille de tout rater. J'aime bien tenir mes promesses....les deux semaines sont passées, alors il me reste quelques heures pour la faire cette robe. Je recopie un patron, celui d'un magazine de couture, une forme un peu .....kimono, je suis à moitié convaincue, avant, je savais coudre sans patron et puis, est-ce que ce tissu ira avec cette coupe? Je ne sais pas, allez, je me lance, le patron copié, coupé, je le pose sur le tissu. J'attends pour couper, je n'ose pas...Je sais aussi que deux écheveaux de laine superbe commandée à Princesse des Neiges devraient être dans ma boîte aux lettres,  je n'ai pas été voir ce matin ce qu'il y avait dedans, je veux y aller mais il fait nuit, je n'ose pas...A minuit, Jean-Marc raccompagne sa fille à sa voiture, il dit qu'il prendra le courrier, il revient avec l'enveloppe de laines ET le patron d'Angleterre. Alors je me dis que, je suis peut-être pas si cruche de douter tout le temps, il s'agissait d'une bonne intuition, celle de ne pas couper cette pièce de tissu. Il fallait attendre le bon moment. La laine est superbe, celle qui servira à tricoter une jolie brassière pour un bébé nouveau-né, un petit Jules. La robe est coupée, un premier assemblage montre que c'est pas top, mais bon, c'est en se trompant que les apprentissages se font, je pourrais toujours la recouper pour faire un habit pour Bianca.  Allez je continue........j'arrête de bavarder!   

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16 octobre 2010

Peau d'âme

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Ma grand-mère, l'année dernière, qui venait d'avoir 100 ans, avec Bianca, 16 mois, ma fille et donc son arrière petite fille. Ma grand-mère est encore en vie

Ma mère m'a transmis des connaissances, m'a appris à tricoter, m'a emmené découvrir le monde par les balades dans les parcs de la ville que nous habitions, des sorties en montagne aussi, appris à lire, offert des poupées, me laissait cuisiner avec elle. Des activités en somme. Un savoir-faire qui permet peut-être aussi une entrée en soi... Toutefois, sur le plan de l'âme, je crois bien que je me suis construite toute seule, en observant beaucoup, en lisant des histoires, des contes, puis plus tard des livres. Je ne crois pas avoir connu des amitiés d'enfance. Des copines bien sûr,  mais une amie, non. Puis il y a eu cette professeur de français, j'avais déjà 17 ans. Elle m'a accompagné, sans le savoir certainement, dans un bout de ce chemin vers plus de "moi", le retour "chez soi". Celui de la connaissance intuitive, celui que l'on cherche désespérément après l'enfance et que l'on retrouve par bribes, celui d'une nature plus sauvage...Il y a eu ce livre, écrit en anglais, qu'une femme m'avait offert il y a 20 ans "Daughters of Copper Woman"  de Anne Cameron. Cet ouvrage n'a jamais été traduit malheureusement. Il s'agit de récits parlant de l'origine et de légendes d'une société matriarcale indienne, du côté de Vancouver. Je l'ai lu sans m'arrêter, je m'abreuvais et à la fin, une part encore inconnue de moi avait été touchée. Je n'ai jamais pu mettre de mots clairs sur cela mais je me souviens avoir pleuré pendant quatre jours, comme une nostalgie immense, celle de ne pas avoir été initiée dans cette connaissance matrilénaire, cette douleur de s'être construite dans la solitude. Je me souviens de mon premier jour des règles, je rentrais à la maison et je voulais l'annoncer, bien sûr. La réponse fut nette: tu n'es pas la première à qui "ça" arrive... Le ton était donné. C'est d'ailleurs à partir de là que la complicité entre ma mère et moi s'est éteinte, petit à petit.

J'ai découvert il y a quelques années ce livre que beaucoup de femmes connaissent mais si ce n'est pas le cas, empressez-vous de le lire, de l'avoir toujours à portée de mains. Il s'agit de "Femmes qui courent avec les loups" de Clarissa Pinkola Estès. En voici un extrait, chapitre 9 "rentrer chez soi : retour à soi-même"

"Il y a le temps humain. Il y a le temps sauvage. Quand j'étais enfant, dans les forêts du Nord américain, je croyais qu'il y avait non pas quatre saisons, mais des dizaines: le temps des nuits d'orage, le temps des éclairs de chaleur, le temps des feux de joie dans les bois, le temps du sang sur la neige, le temps des arbres pris par le gel, le temps des arbres courbés sous le vent, des arbres pleurant de pluie, des arbres frissonnant sous le vent, la saison de la neige étincelante, la saison de la neige fumante, celle de la neige qui crisse, et même la saison de la neige sale, de la neige aux pierres affleurantes, car elle annonçait l'arrivée du printemps.

Ces saisons représentaient en quelque sorte des visiteuses de marque, des visiteuses sacrées, qui envoyaient chacune des signes annonciateurs : pommes de pins ouvertes ou fermées, odeur des feuilles pourrissantes ou de la pluie, bois des portes qui travaille, vitres couvertes de fils de givre, décorées de blancs pétales humides, constellées de l'or du pollen, piquées de sève collante. Et notre peau, elle-même, avait ses propres cycles : tannée, moite, hâlée, douce.

La psyché et l'âme des femmes ont aussi leurs cycles et leurs saisons : activité et solitude, mouvement et stase, quête et repos, implication et retrait, création et incubation, appartenance au monde et retour vers le lieu de l'âme. Dans l'enfance et à l'adolescence, la nature instinctive remarque ces phases et ces cycles.

Les enfants sont la nature sauvage. Sans qu'on ait besoin de le leur dire, ils se préparent à ces moments, vivent avec, et en gardent des recuerdos, des souvenirs : une feuille pourpre séchée dans un livre, un coquillage, une pierre, un bâton, un ruban, vestige de l'enterrement d'un oiseau. Ils se remémorent la paix du coeur, le sang fouetté et toutes sortes d'images.

Il y eut donc le temps où, une année après l'autre, nous vivions selon ces cycles et ces saisons et où ils vivaient en nous. Ils faisaient partie de notre peau d'âme - ce pelage qui nous enveloppait et enveloppait aussi le monde sauvage naturel - du moins jusqu'à ce qu'on nous apprenne que les saisons étaient seulement au nombre de quatre et qu'il y en avait trois, pas plus, pour les femmes : enfance, âge adulte, vieillesse."


14 octobre 2010

PRINCESSE, FEE OU SORCIERE?

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Le roi et L'oiseau, un film de Paul Grimault

Petite, j'admirais toujours les princesses, les jeunes filles sages. Celles qui dérangent juste parce qu'elles sont jolies et si gentilles... Cette représentation du féminin qui ne se met jamais en colère, soumis, qui vit des épreuves terribles, aujourd'hui, ça m'énerve un peu. Je préfère la nature plus sauvage de la femme.

Peut-être que je ressentais aussi cette aide surnaturelle que ces héroïnes recevaient, un chevalier servant ou une bonne fée, un animal bienveillant, enfin, quelqu'un qui veille. Aujourd'hui,  je ne ressemble pas du tout à ce modèle, celui de la belle princesse,  je suis plutôt calme et douce mais il m'arrive de crier et tout mon entourage tremble. Une vraie sorcière cette femme, cette maman, cette épouse. Pourtant, j'aimais Blanche-Neige, Cendrillon, la Belle au bois dormant....pas la méchante!

Nous savons tous que se cachent derrière ces personnages des archétypes. J'ai trouvé ce texte qui parle des messages cachés à l'intérieur des contes de fées.

"la belle au bois dormant"                   

Saviez-vous que les contes traditionnels nous préparent affectivement à évoluer?

Dans chacun d'eux se cache un sens symbolique, ce message caché du conte est souvent un message de vie. Ainsi, "la belle au bois dormant" parle de la transformation de la fille en femme...au début du conte les 13 fées (qui correspondent aux 13 mois lunaires de 28 jours,c'est-à-dire au cycle de la femme), elles annoncent que la princesse se piquera avec son fuseau à 15 ans, équivalent à prédire qu'elle saignera à la puberté (l'âge des premières règles). Le roi,son père fait tout pour l'éviter, tandis que la reine sait bien qu'une femme ne peut y échapper. Ils seront tout les deux absents le jour ou leur fille se pique (les parents ne peuvent empêcher leur enfant de grandir). Ce conte prépare le terrain "Vous grandirez et nulle transformation n'échappe aux risques et à la violence", la violence est symbolisée par la piqûre du fuseau, le long sommeil de la princesse représente le risque d'être si effrayé par la croissance qu'on se replie sur soi. Il pourrait aboutir à la mort éternelle de la Belle si le prince ne venait pas la secourir. Toutefois, ne vous inquiétez pas si vous passez par une période de passivité, continue le conte, vous devez attendre d'être prête. C'est pourquoi les épines du bois se dressent contre le prince qui  est venu chercher la princesse. Ce message est valable pour les deux sexes, l'adolescent, fille ou garçon a besoin d'une période passive ou "il dort sa vie" pour mieux affronter ensuite le monde adulte. Mais quand on est prêt rien n'est insurmontable, comme l'indiquent les branches qui s'écartent toutes seules, l'arrivée du prince peut représenter l'ouverture de la princesse au monde extérieur ou encore l'entrée dans la sexualité active.

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Découvrez la playlist Le roi et l'oiseau avec L'orchestre Symphonique De La Radio Et De La Télévision Polonaise, Stanislaw Wislocki

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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