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Une envie de bonne heure

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14 novembre 2010

Des auteurs, un parcours,

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Lali m'a envoyé un tag l'autre jour...

J'en profite pour parler en quelques mots de son blog, que je visite régulièrement et que j'apprécie . Lali est une passionnée de lecture et probablement de peinture. A chaque visite, je découvre des textes ou des images que je ne connaissais pas. Je ne sais pas comment elle fait pour récolter toutes ces merveilles, et je la remercie pour cette source permanente de culture, surtout pour une personne comme moi, qui vit isolée des villes. D'autres s'expriment aussi là-bas, car c'est un blog partagé... j'aime bien cette idée-là, même si parfois je m'y perds un peu.

Ainsi, le jeu consiste à donner 15 noms d'auteurs gravés dans notre mémoire, en 15 minutes. Pour avouer la vérité, j'aime lire mais ne le fais pas assez souvent. Je ne suis donc pas attachée particulièrement à un auteur dans le sens de connaître une oeuvre. J'ai  pensé raconter brièvement mon parcours à travers les 15 premiers écrits  revenus dans ce quart d'heure, jetés rapidement sur le papier et qui ont accompagné ma vie jusqu'ici. Ce n'est pas exactement la consigne, celle de donner des titres ni de se raconter, mais une liste sans récit est pour moi un peu...nue et j'aurais aimé en savoir plus en lisant celle des autres. Permettez-moi alors de me raconter encore un peu.

 

Voici, dans un ordre non chronologique, ainsi que sont ressortis de ma mémoire les 15 auteurs

 

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J'ai 32 ans. Je suis en errance dans ma vie. Je décide de partir découvrir Florence que je ne connais pas. Je n'étais jamais allée en Italie, même si j'avais beaucoup voyagé, bien que si proche d'accès de ma ville natale, ce pays m'était encore inconnu... Je prends avec moi ce livre qui m'a aidée à manger solitairement dans un restaurant le soir. Autour de moi, des familles, des couples, je suis seule, un peu gênée de l'être. Ce livre m'accompagne et me transporte durant tout le repas.

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Cet auteur dont le nom est connu de mes oreilles depuis si longtemps,pas encore lu... Honte à moi!  Demain, je le commande!

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Clarissa Pinkola Estès, Le Jardinier de l'Eden m'a permis d'accepter la chimiothérapie de mon fils Elia, soigné pour la leucémie lorsqu'il avait 5 ans. L'inacceptable est devenu presque une évidence...grâce au passage qui parle d'une tradition ancienne d'un pays de l'est qui consisterait à mettre le feu de façon savante sur des terrains fatigués, épuisés, en délimitant la zone à vivifier, ainsi la vie reprend de plus belle sur ces sols brûlés grâce notamment à la venue des oiseaux qui viennent y semer des graines de toutes espèces. Femme qui courent avec les loups, découvert en même temps, m'a permis de commencer à vivre ma féminité intérieurement, plus intensément, devenu à mes yeux la bible des femmes.

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Marie-Magdeleine Brumagne a prêté sa plume à la voix de Marie Métrailler, femme de caractère qui a marqué toute une population et quelques touristes (dont Marguerite Yourcenar qui préface le livre) venus visiter la vallée où est niché le petit village d'Evolène. Marie voulait redonner à travers l'artisanat ancestral du tissage une dignité aux femmes de cette région montagneuse où la vie était rude et dominée par une religion "punissive et moralisante". Marie, croyante et libre-penseuse, qui a dérangé l'ordre établi est emplie d'une sagesse universelle, ce petit village où passait déjà tous ses étés mon père avec sa professeur de piano et tous les musiciens venus d'un peu partout, de Montréal aussi... j'y ai moi aussi passé presque tous les étés de mon enfance, les sommets alentours qui m'ont forgées, la petite boutique que tenait Marie, avec ses tissages, je m'en souviens encore. Les auteures de ce livre m'ont permis et me permettent encore de re-contacter la part lumineuse de mon enfance.

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Italo Calvino, je ne sais pas pourquoi ce nom revient sans cesse, je ne me souviens plus de la lecture de ce Baron Perché, découvert autour de mes trente ans... A relire et redécouvrir, certainement...

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buzzati

 

Notre professeur de français au collège nous avait imposé cet auteur, ce titre. J'ai attendu le dernier soir avant l'interrogation pour le lire. J'étais paresseuse, démissionnaire, j'avais quinze ans... Je me souviens avoir été complètement emmenée, transportée, fascinée. La nuit fut courte mais j'étais si heureuse d'avoir pu lire passionnément un livre, sans une goutte d'ennui, une initiation je crois.

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J'avais 21 ans. Une angine blanche m'avait cloué au lit pour plusieurs jours, voire semaines. J'ai oublié la douleur et vécu un voyage inoubliable en alternant sommeil et lecture durant toute la maladie.
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anna_gavalda

Eté 2006. Elia était sur une bonne voie de guérison. Je retrouvais les plaisirs de la vie, une femme que je n'ai plus revu depuis m'avait conseillé cette auteure que j'ai aimée d'emblée. A la fermeture du livre, envie d'être ensemble, aussi!

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blixen

Mes trente ans
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richard_bach


J'avais seize ans. Mon amoureux était venu à mon chevet. Encore malade d'une angine! Il m'a lu ce livre qu'il aimait beaucoup, je me souviens avoir senti un vent de liberté

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anne_cameron

Superbe mythologie d'une société matriarcale de  la région de Vancouver. Lu à 27 ans, pleuré pendant 4 jours après. Envie de le relire. Une merveille! Une véritable initiation à la beauté possible du matriarcat! Donne envie d'avoir une fille pour transmettre!

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tarkowsky

Un ami m'a conseillé d'aller voir ses films. Le cinéaste qui m'a le plus marquée. Puis il m'a offert ce livre. Je l'ai prêté, on ne me l'a jamais rendu. Il va falloir que je le rachète parce que c'est un indispensable pour les gens qui s'intéressent à l'image, pas de la technique bien sûr. Une pensée profonde sur la vie et le sens qu'il y a à faire des images, une pensée sur le temps aussi. Magnifique! Je comprends qu'elle aie "oublié" de me le rendre...

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Khalil_Gibran

 

A 20 ans

 

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ALBERT_CAMUS

 

En suivant un atelier d'écriture, j'avais 31 ans, elle nous expliquait le sens de l'"écriture blanche", pour l'illustrer, la première phrase et quelques pages de l'Etranger de Camus. Le lendemain, je le lisais d'un trait.

 

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rilke

 

J'étais en deuxième année d'école d'art, je doutais de tout, problèmes sentimentaux, une collègue venait de le lire, me l'avait vivement  conseillé. Lu d'un trait, m'a remis le "pied à l'étrier", redonné un sens à ma présence dans cette école. Je l'ai souvent offert par la suite.

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Et comme je suis désobéissante, j'ajoute un seixième à la liste...

Mary-Anna Barbey, une auteure que j'aime lire et qui m'a accompagnée sur le chemin de l'écriture, du temps de mes trente ans, un temps où l'obscurité était parfois trop lourde à supporter. L'écriture déployée dans ses ateliers était une véritable bouffée d'oxygène.

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Je ne pouvais tout de même pas oublier Christiane Singer,  je n'osais pas poser les premiers mots, les siens ont donné l'élan pour l'ouverture de ce blog

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MERCI LALI!

J'étais étonnée que tu m'aies proposé de jouer.
J'ai beaucoup aimé!

Je propose à d'autres de le faire, laissez ici vos 15 (17 ici, je ne sais vraiment pas être raisonnable) auteurs en 15 minutes, ou faites-le sur votre blog.  Je demande plus particulièrement à

Madame Mim

My 18 stripes

Parce que je sais que ce sont des dévoreuses de bouquins!

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11 novembre 2010

Les Reines de Tiébélé

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J'ai acheté ce magazine de décoration alors que je m'étais promise de ne plus le faire, j'en ai tellement! Une collection depuis de nombreuses années. Je ne savais pas ce qu'il y avait à l'intérieur, "ils" ont pris l'habitude de les recouvrir d'un papier transparent, sous prétexte d'offrir un petit livre de recettes ou autres babioles, une bonne astuce pour ne pas nous laisser le feuilleter avant l'achat.

Nous voilà en Afrique!

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"Elles s'appellent Abouandiwéri, Agnès, Kallo, Blandine, Kapouri. A tiébélé, à 175km de Ouagadougou, elles marchent avec majesté le long des routes bordées de kapokiers, une jarre d'eau ou des fagots posés sur la tête. Elles arborent des tenues éclatantes, des foulardds noués avec virtuosité. Elles disent: "C'est pas facile, mais ça va y aller." Ces femmes seraient le symbole parfait de l'Afrique éternelle si elles n'avaient un secret. Depuis plus d'un an, un peu de leur avenir tient à un fil. Celui qu'elles découpent dans les sacs en plastique qu'elles récupèrent, crochètent et métamorphosent en d'étonnants accessoires, sacs, fleurs, corbeilles, coussins ou porte-monnaie".

Ce qui me plaît, dans cette histoire, c'est la rencontre entre deux femmes, l'une, africaine, Anétina la Burkinabé, éducatrice, employée au ministère de la Promotion de la femme et militante pour la sauvegarde des peintures murales,  elle se préoccupe de l'avenir des filles de son village. Pour les aider à conquérir leur indépendance face aux mariages forcés et à l'esclavage domestiques, elle a monté une association, "N'wan-Yi-Tiina".  Delphine Kohler, la Française qui a créé le site d'accessoires de mode et de déco "les filles du facteur" lorsqu'elle est venue à Tiébélé. Un soir où elle s'était assise sur la place du village, elle s'est mise à crocheter une trousse. Peu à peu, les femmes l'ont entourée et Delphine leur a appris...Six mois plus tard, c'était acquis, et la nouvelle s'était propagée jusqu'à Ouagadougou. De plus en plus nombreuses à présent sont celles qui recyclent et crochètent les poches en plastiques pollueuses de toute l'Afrique, gagnant à chaque point une parcelle d'autonomie avec ces créations aujourd'hui largement distribuées en France." (par Catherine Ardouin dans Marie Claire Maison, Novembre 2010, photos Eric Flogny/Temps Machine).

Je retrouve un peu de l'Afrique que j'ai laissée, celle que j'ai visitée il y a déjà vingt ans... Le sentiment que rien n'a changé. J'avais aimé les femmes africaines, leur solidarité, malgré quelques disputes parfois ou des jalousies, sentiment humain universel.

Je regarde ces photographies, ce groupe de femmes réunies sous le manguier, avec leurs bébés, toutes générations confondues. Elles ont l'air d'écouter quelque chose d'important, elles sont ensemble, elles ont l'air bien...

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Je me souviens de ce temps où je préparais mon dossier pour l'entrée à l'école d'art, j'alternais le travail de couture ou tricot, travail manuel qui tend vers un but défini, avec celui des crayons, encres, pinceaux, celui plus improbable de la peinture, une aventure difficilement palpable. Cette alternance me convenait bien. J'aurais envie d'aller les rejoindre sous le manguier, écouter les palabres,  même si j'ai conscience (pour avoir observé et écouté) des difficultés que vivent ces femmes. Il est dit dans l'article "d'un point à l'autre, c'est leur autonomie que les femmes tricotent dans ces sacs en plastique noir". Je dois avouer que, tout au fond de moi, j'ai ce désir, celui de faire quelque chose de mes mains qui puisse engendrer un revenu pour la maisonnée. Je crois que j'en serais fière, soulagée, comme transformée. Patience. Continuer ma route, y croire.

Post Edit le 30 Novembre, suite à un commentaire tout à fait à propos...

Il est bien clair que les femmes africaines n'ont pas attendu Delphine la française pour être talentueuse. Pour avoir séjourné en Afrique, nous avons TOUT à apprendre d'eux sur l'artisanat. Ils sont doués naturellement. Cet article disait que c'est Delphine qui leur avait montré ou donné l'inspiration...mais selon le commentaire de Oupsswoman et que je cautionne absolument, elles faisaient cela bien avant l'arrivée de la française. Je n'ai pas été assez vigilante et critique à la lecture de cet article. Juste emballée par le projet!

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Burkina Faso Plastic Bag Recycling from Corentin on Vimeo.

10 novembre 2010

Avec les mains (3)

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Je ne sais pas pourquoi ça me travaille autant.
Alors je me suis lancée.
Une petite étiquette au nom d'Ondine.
Un peu japonisante. Je ne l'ai pas fait exprès,
à chaque fois, c'est ce style qui ressort
depuis des années, c'est ainsi. Petits ou grands dessins, j'aime lorsqu'ils prennent cette forme-là...
Est-ce pour parler du père d'Ondine dont on ne sait rien?
Ainsi, ce Lointain devient plus proche.
Un peu de Soleil Levant dans ma vie.

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Ondine est née en 1900.  Père inconnu. Elle a été placée à deux ans (tiens, encore une histoire d'une séparation à deux ans....). L'adoption a pris effet lorsqu'elle avait 17 ans.  Tout le monde l'appelait Georgette qui était son deuxième prénom. Pourtant, j'aime bien Ondine... Je ne l'ai pas connue, elle est morte avant ma naissance. Mon père ne m'en a jamais parlé, je comprends. Il avait 22 ans lorsque Georgette, sa mère, est partie, après plusieurs années de maladie. Je pense que pour lui, il valait mieux vivre le présent, vivre sa vie, oublier. J'ai cherché dans ce qu'elle avait laissé, quelques photographies, un livret de famille, j'ai aimé la découvrir, comme j'ai pu, en allant glaner des informations sur les registres de naissance, j'avais le nom de sa  mère biologique qui a eu un deuxième enfant illégitime trois ans après, un petit Charles. J'ai découvert par la suite qu'elle s'était mariée avec un homme de nationalité italienne qui avait légitimé cette naissance. Pour savoir la suite, il faudrait que j'aille à Mantoue (Mantova). C'est sur ma liste "des choses à faire...".

Peut-être est-ce pour faire vivre ce prénom qu'elle n'a pas porté que j'ai créé cette petite étiquette il y a quelques jours, et je me suis amusée à la mettre sur la layette que j'avais confectionnée. A suivre...

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10 novembre 2010

Avec les mains (2)

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Je ne la connais pas très bien, je l'aime bien. Elle ne vient pas souvent me voir, elle habite à Paris, depuis quelques années. Elle, son compagnon, sa famille, ils sont tous d'ici, et peut-être qu'elle consacre tout son temps à eux lorsqu'elle vient. Un petit deuxième pour eux, je crois que c'était ce qu'il leur fallait. J'espère qu'elle vit avec bonheur cette maternité, que le petit Jules va bien. Je pensais les voir pendant les vacances de la Toussaint. Ils étaient sûrement débordés. Je vais donc lui envoyer la petite layette que j'avais tricoté, envie de le faire pour ce bébé.

J'ai choisi une laine très douce, naturelle, une couleur pas habituelle pour une layette. Je l'ai commandée chez Olga, Laine des neiges, elle est extraordinaire à travailler. (Elle vient d'ouvrir une nouvelle boutique en ligne ICI). Un petit esprit kimono, un biais Liberty que j'avais tout de suite repéré sur les sites de mercerie. J'aime bien l'ensemble, un modèle cache-coeur inspiré de Marie-claire spécial Cadeaux de naissance, mais fait à ma manière (je n'arrive pas à suivre un modèle à la lettre, il faut toujours que je change quelque chose...). Je vais tricoter un ensemble kimono dans le même style pour Bianca, que je vais inventer, mais je tricoterai avec un No d'aiguilles plus grand (là en 5,5 qui donne une densité un peu trop importante à l'ouvrage je trouve).


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10 novembre 2010

Avec les mains(1)

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C'est un petit bout de texte
que j'ai trouvé en parcourant le blog de Cielo Moon
Il m'avait donné du courage
parce que je suis si peu indulgente avec moi-même,
le doute qui plane souvent
Ces quelques mots me donnent le goût d'avancer dans mes ouvrages
Envie de les diffuser à mon tour

"Je vous entends déjà vous inquiéter
de vos mains malhabiles, de vos yeux fatigués
et du résultat décevant,
car vous êtes expertes dans l'art de dire
du mal de vous-même.
Aussi je m'empresse de vous répondre
que la seule chose qui compte c'est de faire.
Faire quelque chose de ses mains
et avec tout son coeur.
Faire bien ou faire maladroitement,
cela n'a aucune importance.
....
Il y a beaucoup de choses à essayer
en s'amusant à coudre et à broder."

Léa Stansal

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7 novembre 2010

Feuilles maternelles

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La journée s'était passée, je me suis aperçue que nous n'étions pas sorties, que les garçons allaient arriver, qu'il fallait prendre un peu d'oxygène avant que la nuit tombe, même si tout invitait à rester à côté du poêle. Une petite balade de rien du tout, une petite balade qui allait tout changer, momentanément. Nous marchions, dans cette belle allée de chênes, de châtaigniers aussi, des centenaires, nos pieds sur un parterre de feuilles jaunes, les autres sur les branches encore, et surtout, celles qui virevoltaient dans les airs, comme une pluie légère et colorée qui descendait sur nous, un instant féerique comme souvent la nature sait nous offrir. Je tenais la main de ma petite, lui montrait, lui disait, et elle avait l'air d'accord, une confiance absolue. Je me suis demandée alors, à mon retour, tout au fond de moi, pourquoi et comment une telle complicité peut s'éteindre un jour... J'ai réalisé ces derniers temps que j'embrasse souvent Bianca sur les joues, avec  beaucoup d'intensité, un baiser sonore qui la fait sourire. Ce ne sont pas ceux de ma mère qui me sont revenus en mémoire, mais ceux de ma marraine, c'est ainsi qu'elle m'embrassait, elle qui n'avait pas pu avoir d'enfants... J'ai beau chercher, dans mes lointains souvenirs de cette enfance perdue, je ne trouve pas de bisous, ni même de gros câlins maternels. Y en avaient-ils? Alors que je faisais la vaisselle hier soir, tâche que je n'ai jamais envie de faire mais qui finalement, une fois commencée, me plaît, parce que j'aime l'eau, parce c'est à ce moment précis que des révélations se présentent à moi. J'ai réalisé en frottant la troisième casserole pourquoi il m'est si difficile d'être maman en ce moment, que c'était pareil lorsque Elia avait deux ans, ainsi que Noé, et maintenant Bianca. Je suis bien là physiquement pour eux, mais une partie de mon être est totalement absente. Je fais beaucoup d'efforts pour rester présente aux choses, à la vie. Je le sais, je le sens. Mes cellules m'ont rappelé mes deux ans, je revois ma maman qui part au milieu de la nuit, pliée en deux par une douleur insurmontable. Nous avons été confiés aux soins d'autres bras, mon frère et moi, séparés. Je sais que j'étais chez ma marraine. Je revois cette visite à l'hôpital, une femme pleine de tuyaux, une martienne. Je me souviens que je ne les ai pas crus lorsqu'ils m'ont dit que c'était ma maman. Elle souffrait d'une maladie aux intestins, la maladie de Crohn. Elle a eu peur certainement, de perdre la vie. Nous n'avons jamais pu parler en profondeur de cet évènement. Mon corps s'en souvient pourtant, mon âme écoute et moi, je traverse cela comme un voilier solitaire pris dans la tempête sur les mers. J'attends que les eaux se calment. Si ce blog ne disparaît pas dans les couloirs blogosphèriques par un immense bug informatique, j'aimerais que mes enfants puissent venir y piocher l'information suivante: posez-moi toutes les questions que vous sentirez justes pour vous, dites-moi que vous avez souffert de ceci de cela, je vous répondrai et je tâcherai d'écouter votre parole,, vos rires et vos larmes, même si cela risque de me blesser, je ne vous laisserai pas tapoter des poings dans le vide, dans le silence, dans la négation de ce que vous sentez. Je vous écouterai.

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6 novembre 2010

Ouvrez la porte aux oiseaux

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Un instant de silence dans la maison.

Il est sorti avec Bianca, le grand est au tennis, le deuxième est là-haut, c'est un enfant calme, qui a besoin d'être tranquille, comme moi. J'ai pensé que j'irai dormir un peu, parce que je suis si fatiguée. Je suis venue écrire ce petit mot, une petite trace laissée pour se souvenir que j'ai besoin de ces instants de solitude, me rassembler. Je ne sais pas si cela intéressera les rares visiteurs'euses qui viennent se promener ici. Je n'arrive toujours pas à comprendre ce phénomène, celui d'avoir un blog qui est ouvert à un public majoritairement d'inconnu(e)s. Je ne sais pas pourquoi certains viennent puis plus du tout. Je vois que d'autres endroits semblent interpeller des foules, quoi qu'elles fassent, quoi qu'elles disent, elles ont définitivement acquis la sympathie, l'empathie. C'est comme ça. Ici, je vais continuer encore un peu, parce qu'il est important de laisser cette trace, ne serait-ce que pour ne pas me perdre de vue.  Je suis heureuse lorsque je vois un oiseau voler dans le ciel, gris ou bleu, je m'en fiche, puisqu'il vole, lorsque je sens une odeur de terre mouillée, lorsque ma petite s'endort blottie dans mes bras, lorsque je regarde un arbre. Je ne suis pas certaine d'être heureuse avec  les humains, j'ai de la peine à vivre la relation en ce moment... C'est sûrement un mauvais passage. J'ai envie de dessiner à nouveau, je gribouille un peu, une minute par çi, une minute par là. Ma vie est toute éparpillée, maman débordée de tâches qu'elle voudrait voir disparaître à tout jamais, maman qui cousote, trico-cote, dessinnote, écrivote. J'ai trouvé plusieurs adresses pour aller danser la salsa et le tango. Nous irons ensemble, il en a très envie aussi. Danser avec les autres, un dialogue sans paroles,  plus que le corps, les yeux, la musique. Voilà quelques envies, quelques rêveries.

Bon week-end!

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2 novembre 2010

En mémoire de...

Merci d'écouter la musique avec ce billet

Découvrez la playlist En mémoire de avec Emilíana Torrini

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C'est à eux que j'ai pensé
Il me semble que l'élément qui les liait dans mon esprit aujourd'hui,
c'était l'eau.
Pour eux, je voulais un bateau.
Il en a vite fabriqué un.
Et vogue sur l'eau.
Une pensée, un étang calme, quelques fleurs

Pour

Yves,
celui qu'on appelait Papic, il aimait les voyages, les croisières en bateau

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Emile, le père de Papic,
disparu entre l'Algérie et la France, mystérieusement

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Ondine,
ma grand-mère, que je n'ai pas connue

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Marc,
notre ami qui souffrait d'une maladie génétique, vivait dans un fauteuil, souriait tout le temps, aimait lorsque les hospitaliers l'aidaient à traverser la fontaine à Lourdes

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Nanou,
La mémoire de notre village, qui aimait ses chiens, ses copains, sa guitare, le vin rouge, faire la fête, son dernier soupir, dans cet étang

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Florian,
qui aimait la pêche, la pêche et la pêche, parti trop tôt, avant ses vingt ans

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et tous les autres...

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1 novembre 2010

Du soleil pour tous

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Là où je suis née, il n'y avait pas cette fête, celle de la Toussaint. La région d'où je viens est majoritairement protestante. J'ai découvert cette célébration ici et l'importance que les français pour la plupart accordent à cette journée, souvent familiale. Je sais à quel point beaucoup sont blessés par ce que véhicule l'institution catholique et je ne vais pas ici parler de cette polémique. Je voudrais simplement dire ma joie d'être arrivée dans un lieu où l'on célèbre ouvertement, même les non-croyants, cette journée de ceux qui nous ont précédés, un rappel de notre finitude aussi. Les gestes sont là, même si cette fête est souvent confondue avec celle des défunts, qui sera demain. Aujourd'hui et tous ces derniers jours, les fleurs ont été déposées dans les cimetières, les familles se rencontraient, peut-être pour parler de ceux qui sont disparus, ou par obligation, ou par tradition. Pour nous, après la fête joyeuse d'hier, nous avons fait notre balade de la maison à l'église logée un peu plus haut dans le village, croisés beaucoup de voitures qui montaient voir la vue ou visiter le cimetière. Moi j'ai surtout pensé que j'aimais la vie et aussi cet endroit qui m'a appris à vivre en osant regarder la mort d'un peu plus près. Le pays d'où je viens ainsi que ma famille protestante ne montrent pas, ne signifient pas, ne disent pas la mort, c'est ainsi que meurent les gestes, que meurt la vie. Il n'y a pas non plus de commémoration du 11 novembre ou du 8 mai. Le pays des schtroumfps ne se sent pas concerné par ces deux guerres ou préfèrerait plutôt oublier qu'elles ont eu lieu. Ma première année ici, je me souviens de la surprise que j'ai eue, l'émotion aussi, lorsque je me suis rendue aux monuments aux morts, ces gerbes de fleurs déposées partout.  Ne pas oublier ceux qui nous ont précédés, car même si ils n'ont pas été canonisés, reconnus, le soleil aujourd'hui a bien illuminé toutes les fleurs, toutes les tombes pour célébrer ces humains qui ont fait un bout de chemin par ici, par là, plus loin, ici-bas. J'aime bien la Toussaint.

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31 octobre 2010

Il pleut? Dansons...

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Il me disait que lorsqu'il y a un rayon de soleil le matin, c'est souvent qu'il pleut l'après-midi en cette saison. C'est vrai qu'il a plu, beaucoup. Il disait aussi qu'il n'avait pas du tout envie d'y aller à cet anniversaire. Nous étions invités et j'avais dit oui à cette femme qui fait partie d'une fratrie de neuf enfants. Nous avons déjà fêté son frère il y a 3 ans, puis son autre frère l'été de l'année dernière, à chaque fois, j'avais apprécié ce côté ""famille qui fait la fête", entourés d'amis, en général soixante invités tous compris, plusieurs générations confondues. Je n'aime pas d'habitude les grandes assemblées, je m'y ennuie souvent, c'est comme ça depuis toujours. Mais là, je ne sais pas pourquoi, c'est différent, je suis fascinée je crois par cette amitié qui lie tous ces frères et soeurs, leurs enfants qui sont pour beaucoup d'entre eux déjà grands. Ces neveux sont  souvent les animateurs, l'une chante à merveille, l'autre  lit un texte, et hop, une petite scénette avec des costumes pour faire rire l'anniversé, puis il y a  celui qui met de la musique, parce que, dans cette famille-là, une fois le repas terminé, à chaque fois, on danse.  Alors aujourd'hui, nous avons bu du champagne à la santé de cette.....cinquantenaire, nous avons mangé du coq au vin, parlé avec nos voisins de table, partagé des pensées, nous avons ri, nous avons bu, après le fromage et le dessert nous avons écouté la nièce chanter du Barbara à merveille, puis nous avons dansé, de la valse, du rock,  slow, tango, tout y était, je les ai regardé danser le Madison (j'aimerais bien l'apprendre, tout le monde en France semble le connaître), dansé un slow avec l'ami québecois, celui rencontré l'année précédente, regardé Jean-Marc faire danser les autres femmes, dansé avec lui bien sûr et pour la première fois depuis que je le connais, dansé avec d'autres que lui.

A la fin de la journée, rentrés dans notre chaumière, il a dit qu'il était content de sa journée, j'ai bien fait de dire oui à cette invitation.

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>Chanson révolutionnaire, certes, mais j'ai aimé l'écouter aujourd'hui, la version Lluis Llach est ma préférée mais ne peut être transférée depuis Deezer. Cliquer sur ma playlist au moment du passage écourté de Lluis Llach, ou faire avancer la playlist en cliquant sur les deux petites flèches "avancer", entrer chez Deezer, écouter "L'Estaca, directo", No 06 de l'album ...

Découvrez la playlist L'Estaca avec Lluís Llach

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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