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Une envie de bonne heure

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15 juin 2010

Pianiste Nomade

On croit parfois que le monde va mal,
mais il y a des gens formidables qui trouvent des chemins pour dire les choses autrement...
Marc Vella, pianiste, parcourt le monde avec son piano.

J'avais envie, aujourd'hui, de partager cette découverte avec vous:

"Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait"

Marc Twain

"Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront."

René Char 

Voir l'interview sur Antenne Réunion, un très beau message à écouter...

Et aussi, cet extrait de film

Veuillez installer Flash Player pour lire la vidéo

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14 juin 2010

Ensemble, c'est tout

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Il y a cette envie permanente de liberté, depuis toujours. L'absence d'obligations. Une envie de prendre la vie comme elle vient. Je pourrais faire croire à un quotidien sans contraintes, dans une nature immaculée, une famille idéale, un couple qui s'aime avec des enfants merveilleux. Ce n'est pas tout à fait comme cela. Les semaines s'articulent difficilement, Jean-Marc travaille beaucoup en ce moment, il rénove une maison ancienne, et comme d'habitude, il se donne à fond pour qu'une partie soit terminée pour les vacances d'été de ses clients. Nous vivons ensemble, certes, mais avec des rythmes si différents. Les enfants sont fatigués de leur école, de leur instituteur, et moi je patauge dans une maison que je n'arrive pas à ranger, une petite puce adorable mais intense. Et puis les courses, et puis le linge, et puis...Vivre ensemble, l'esprit de famille, être bien en groupe, ce n'est pas si simple. Il y a eu des moments de lecture dans la maison pour les garçons, ce moment de foot passé avec Jean-Marc. Le soir, nous avons rendu visite à nos amis, sur la colline d'en face, si jeunes qu'ils pourraient être nos enfants, et avec lesquelles nous nous entendons parfaitement. Notre jeune amie T. qui a voyagé en Asie avec ses parents et son ami L. qui adore cuisiner nous avaient concocté un petit repas truffé de formidables touches épicées comme je les aime:concombre-yaourt-menthe-cumin, lasagnes fourrées de viande hachée, petits légumes et béchamel, mais avec un  subtil goût oriental, tarte à la rhubarbe-crème-cannelle, du bon vin, du bon pain, un festin. M et D, le couple sucré-salé, étaient de la partie...La soirée était fraîche, un peu humide, nous avons allumé un feu, des sons de musiques tziganes sortaient de la maison. Juste bien ensemble, tout simplement.

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11 juin 2010

LIVING HERE

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Ce film n'est pas terminé
Mais déjà, il me touche au plus profond de mon être

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La musique....
Les images....
Le sujet...
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Je suis entrée à l'école d'art à 25 ans, il y a donc bien longtemps...
Je voulais suivre la section cinéma
Je n'ai pas osé, j'ai pris peinture-sculpture-gravure-photo, pas mal non plus...

Un jour, peut-être, j'oserai faire un film
Un film réunit tout ce que j'ai exploré et appris: la danse (le mouvement), la musique, l'image

Celui-là, c'est le projet d'Irina et Gus, il parle des hommes et des chevaux
dans ce lieu à Kamchatka
Au bout de la Russie
Une ville fantôme, abandonnée de ses habitants

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UNE INVITATION A LE REGARDER,

être transporté par les images et la musique...

J'ai photographié le film qui passait sur mon écran

pour, peut-être, vous donner envie d'aller cliquer sur le lien:

En suivant les instructions: "be a backer" on peut aider financièrement ce projet qui doit se terminer cet été, avec des petites sommes...mises bout à bout....

Je n'ai pas hésité à le faire, peut-être aussi parce que j'ai rencontré Irina il y a quelques années. Nos amis voisins la connaissent très bien.  J'ai envie que ce film se réalise, tout simplement!

(ici,un autre lien pour comprendre le projet du film)

Kamchatka sur la carte

http://inparenthesis.org/kamchatka/images/kammap.jpg

9 juin 2010

Féminité souterraine

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C'était en 2008. Je venais d'accoucher d'une fille, après deux garçons nés en 1999 et 2000 et plusieurs fausses-couches. Une sage-femme qui avait suivi cette grossesse avec beaucoup d'attention m'avait tendu un petit papier sur lequel était inscrit le nom d'un blog portant un nom  qui m'a d'abord étonnée:  "tous les jours dimanche". Elle nous trouvait des similitudes. Cet univers m'était totalement inconnu. Je l'ai visité, d'abord un peu, puis de plus en plus. Au fil du temps, je m'y suis attachée. J'ai cliqué sur les favoris de cette blogueuse très appréciée et j'ai découvert que ce monde regorgeait de femmes d'une espèce que je pensais être en voie de disparition: des qualités de regard, des images intéressantes, des femmes qui disent leur envie d'aimer, qui n'ont pas peur de se dire. Elles parlent de leurs doutes aussi. Beaucoup tricotent ou font de la couture (je fais ces activités depuis mon enfance, de façon cachée, craignant d'être démodée). Elles m'ont redonné l'ENVIE d'être femme. Elles n'ont pas la perfection et la froideur des mannequins des magazines, des célébrités du cinéma ou du show business, mais je les trouve tellement plus belles, plus vivantes. Des femmes qui parlent de leur vie,  avec parfois beaucoup de talent et de grâce. J'ai  eu envie de les rejoindre et je ne le regrette pas. Par la suite, j'ai découvert un homme et son blog,  qui me semble nous communiquer par ce moyen la part féminine de son être. Le sait-il?

Cette féminité qui peine parfois à s'exprimer dans la vraie vie est tout à fait présente dans ce monde dit virtuel, et cela me remplit de joie et même, me nourrit.

Bianca porte une robe offerte par sa grand-mère maternelle, réalisée en Inde, pour Nila Moti, une fondation qui soutient un artisanat de qualité manufacturé en Inde. Les bénéfices permettent la construction d'un centre pour la promotion de la femme et de l'artisanat rural.

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4 juin 2010

Vos papiers s'il vous plaît

DSC06753Mon titre de séjour a expiré.
Mon passeport issu de mon pays d'origine est périmé.
Je suis officiellement sans identité, en tous les cas, une sans-papiers.

D'où viens-je, qui suis-je, où vais-je?

Je me souviens de cette phrase entendue pour la toute première fois, dans un cours de français au collège. Notre professeur nous la disait sur un ton ironique, toute la classe avait bien ri, mais pour moi, elle est restée inscrite à tout jamais.

Partie ce vendredi 4 juin, parce que le soleil était au rendez-vous, parce qu'un jour il faut bien se décider à quitter la colline de la liberté pour régulariser sa situation auprès des autorités, parce que ce vendredi était un bon jour pour cela, partie pour la sous-préfecture. Au guichet, nous sommes 3 étrangères à solliciter les services français, 2 femmes d'origine turque, et moi, la schtroumpfette. Au guichet d'à côté, les français qui régularisent des papiers pour leurs voitures. Après avoir obtenu l'attestation pour laquelle j'étais venue, j'ai demandé les formulaires en vue d'une naturalisation française. Je suis en France depuis 13 ans et je n'ai pas réussi jusqu'ici à franchir le pas:  je me sens ni française, ni schtroumpfette. Mon long séjour aux Etats-Unis à l'âge de 18 ans, dans une famille américaine, fréquentant l'école officielle américaine, mes intérêts depuis très jeune pour les autres cultures, un séjour en Afrique dans une famille de griots musulmans, un amoureux éthiopien musulman au Yémen, et bien d'autres expériences de vie et d'échange avec des cultures dites "étrangères" m'empêchent d'adhérer à une nationalité cloisonnée, qui craint la différence culturelle, et tout homme étranger à ses idées. Dernièrement, le pays des schtroumpfs a choqué le monde en interdisant la construction des minarets. Le peuple français aurait peut-être fait le même choix. Et globalement, l'Europe. Changer de nationalité? Choix difficile. J'entreprends cette naturalisation pour me régulariser...Clarifier mon statut. Participer aux scrutins aussi. Les employés de l'administration française m'ont très bien reçue, "vous êtes schtroumpfette, mariée à un français, ce ne sera pas difficile, juste une procédure...". Et comme je suis schtroumpfette, je sais me montrer obéissante. Mais au fond de moi, je voudrais juste être citoyenne de la planète terre.

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3 juin 2010

Transhumance

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Mon histoire avec les chevaux a commencé il y a très longtemps, dans les rêves de mon enfance. Oui, dans mon sommeil, ils venaient souvent me visiter. Lorsque nous partions en voiture, traversant les campagnes, j'espérais toujours en apercevoir au moins un. En visite chez des amis de mes parents qui habitaient près d'une ferme, une jeune fille m'avait invitée à monter sur le dos de son cheval, une joie inoubliable. J'ai attendu l'âge adulte pour entreprendre la quête d'un lieu où je pourrais apprendre à devenir cavalière. Manèges traditionnels, chevaux déjà sellés et bridés, menés au client comme un bel objet clés en mains,  manèges où propriétaires privés côtoient sans les saluer les cavaliers bas de gamme, tours à la longe, apprentissage mécanique de l'équitation, je sentais bien que quelque chose ne me convenait pas. Je ne savais pas encore que d'autres voies étaient possibles... Il a fallu cette chute, assez grave, après 6 mois d'équitation sans bon apprentissage, sortie avec un groupe en forêt, galop à la queue-leu-leu, le cheval fougueux a donné un petit coup de son postérieur, peut-être une cabriole, et me voilà parterre, dans le coma. Sortie de l'hôpital, j'ai voulu aller saluer ce compagnon espiègle: Goldorak était son nom. Les responsables du manège, l'ayant jugé trop dangereux, l'avaient déjà fait abattre.... Voilà où aurait pu se terminer mon histoire d'amour avec mes amis les chevaux. 8 ans plus tard,  je reçois un billet pour un spectacle de Bartabas, Zingaro. J'y vais. Nous étions assis au bord de la piste. C'est au moment des cosaques, l'odeur du cheval au galop, les mouvements joyeux de la troupe, les banderoles rouges qui volaient sur la piste, que le virus a gagné toutes les cellules de mon corps. Le lendemain, je cherchais un lieu pour reprendre mes apprentissages. Un manège, à nouveau, un peu plus sérieux que le premier, mais pas encore le bon. Au cours d'un atelier d'écriture, une participante avait écrit un petit texte parlant de sa ballade à cheval, je lui ai demandé l'adresse, téléphoné le soir même, c'est avec elle que j'ai enfin commencé à apprendre. S'occuper du cheval, le brosser avec des mouvements qui le prépare à recevoir un cavalier, comprendre ses besoins. Monter sur le cheval, elle à côté et le tenant tranquillement, elle m'accompagne de sa voix: fermer les yeux, ne rien faire, juste sentir, sentir la chaleur sous mes cuisses, respirer et sentir la respiration de ce bel animal, sentir mon centre de gravité descendre,  dans le bassin, faire enfin corps avec le cheval. Avec le temps, beaucoup de patience, du travail aussi, la peur qui s'était imprimée dans mon corps, est partie.  Ma découverte a continué ici, en s'occupant au quotidien des chevaux, on devient vraiment leurs amis. Il y a encore tant à apprendre d'eux. Ils ont passé l'hiver avec nous. Il est temps pour nos deux compagnons de partir dans un pré plus grand, plus sauvage, avec de la bonne herbe, à 1 km d'ici. Nous leur rendrons visite tous les jours jusqu'à leur retour prochain, en juillet ou en août, on verra.

Hier, j'ai découvert l'ébauche d'un film, celui d'Irina, une cinéaste New Yorkaise amie d'amis voisins. Je suis extrêmement touchée et séduite par son travail qui a besoin d'aide pour se terminer. Voici le lien, et (prenez le temps de regarder ce petit film, c'est superbe) et en suivant les étapes de Kickstarter "manage your pledge" on peut soutenir son projet, en versant même des petites sommes. A suivre....

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2 juin 2010

Matriarcat

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Qu'est-ce que tu fais toute la journée? Tu ne t'ennuies pas? Tu ne travailles pas?

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Euh, non, enfin, je suis bien occupée quand même...

Mon travail ne gagne pas d'argent c'est vrai. Il n'a donc pas de valeur marchande. C'est vrai. Je ne peux pas raconter mes joies et mes soucis avec mes collègues ni mes réussites professionnelles, c'est vrai. Comme je ne travaille pas, nous ne pourrons pas nous payer les vacances balnéaires sous les tropiques, ou la location du chalet et des skis aux vacances d'hiver, c'est vrai. Toutefois, Mesdames et Messieurs, depuis 11 ans, je m'occupe de mes enfants à plein temps. J'aime beaucoup mon travail. Tenez, par exemple, aller écouter le silence au bord de l'Etang Neuf? C'est un sacré travail ça, si, si, je vous assure, voir les moucherons voler au-dessus de l'eau, entendre les poissons, écouter la symphonie des oiseaux. Et courir au milieu des arbres,

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Regarder l'eau, se laisser hypnotiser par ses mouvements et ses reflets ....DSC06621DSC06629DSC06634

Faire téter, petite pause câlin ou petite soif, juste la chaleur de mon lait... Comment? Le sevrage? Oh, bientôt, bien assez tôt, ne vous inquiétez pas...

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Du matriarcat d'où je viens, de mère en fille, chacune à sa manière, aucune n'a rompu la chaîne de ce travail: mère au foyer. Si pour mon arrière-grand-mère, cela était nettement plus difficile, huit enfants, la guerre, le manque de nourriture etc... à mon époque, c'est une autre difficulté qui se profile: souvent synonyme d'ennui, d'inutilité, d'isolement, voire même de constante dévalorisation. Certaines/certains doivent travailler pour garantir le salaire du ménage, d'autres ne pourraient supporter de rester au foyer, à chacun(e) son choix. Mais de grâce, ne dites plus à celles/ceux qui consacrent un temps complet à leurs enfants: Ah? Tu ne travailles pas? De même, il serait absurde et injuste de dire aux mères qui travaillent et qui emploient une nounou, Ah? Tu n'élèves pas tes enfants? A bon entendeur, salut!

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29 mai 2010

KAMIS

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DSC06177j'aime les étoffes et les jolies robes lorsqu'elles volent et virevoltent dans le vent! Mais il a fait froid ces derniers temps, les robes de printemps et d'été, trop légères, restent au placard et la saison avance. J'ai succombé à la tentation d'un site de vêtement, qui m'attire par son défilement permanent, vous savez? en haut de l'écran. Parce que je l'ai visité quelquefois, il revient sans cesse sur la page de ma boîte email, un rappel comme le chant des sirènes pour les marins de haute mer. J'ai commandé un basique qui me permettra de mettre une tunique printanière, tout en portant des tongs ou des sandales, en fait, un leggings noir d'une marque que je ne connaissais pas: Kami. Le paquet ouvert, le "caleçon" enfilé, je l'ai tout de suite adopté, doux, de bonne tenue, quelques petits boutons sur le bas de la jambe, pratique et joli. J'ai passé ma commande sans prendre le temps de découvrir ce qui se cachait derrière cette marque. Sur l'étiquette j'ai eu l'agréable surprise, et pour ceux qui ont lu le message précédent, je fus très amusée et réjouie de découvrir la philosophie qui se cache derrière, à savoir:

LES KAMIS, au japon, sont des divinités shintoïstes positives, dont la mission principale est de favoriser la relation entre les générations, elles s'incarnent dans des arbres, des ruisseaux ou des animaux. La marque KAMI est née de l'envie de vous proposer une garde robe très tendance et de qualité, mais en plus, s'inscrivant dans une démarche impérieuse de développement durable.A l'exception d'une laine vierge et d'une laine recyclée, KAMI n'utilise que des matières organiques (bio) et certifiées: coton, laine, alpaga, lenpur (pulpe de pin blanc du canada), les cintres sont en protéines de mais. A travers cette collection nous vous proposons de vous sentir belle et en harmonie avec la nature.

Aujourd'hui, en toute simplicité, les kamis des fleurs et le chant des étoiles que Fanny nous a offert sur son blog cette semaine m'ont montré une fois de plus l'infinie bonté de la vie.

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25 mai 2010

TRANSPARENCE

DSC05613DSC05615DSC05617Je ne sais pas comment accepter ce fait: l'incompatibilité avec ma famille d'origine qui vit là-bas, au pays des schtroumpfs. Je dois faire attention à ne pas perdre pied lorsque je pense à eux, enlever tout sentiment de culpabilité: tout un travail. La culpabilité est un venin qui a touché plus d'une famille. Non, personne n'est coupable d'être ce qu'il est. Je suis certaine que de leur côté, ce n'est pas facile non plus.  Il y a là une souffrance qui nous dépasse.

En fait, je n'ai rien fait de mal. Juste pris ma route, commencé un chemin de traverse il y a très longtemps déjà. En marche vers ma patrie. "Ma patrie, n'est ni tout à fait ici, ni tout à fait là-bas. Ma patrie, c'est la relation" citation de Georges Haldas, que je m'approprie absolument.

Pour élever son pommier et espérer qu'il soit beau et rentable , selon les critères du moment, l'arboriculteur, avec tout son amour, en prendra soin, le nourrira,  parfois avec des engrais, ou lui  administrera des traitements afin de le protéger des parasites, il lui mettra peut-être un tuteur. J'ai longtemps cru les adultes qui m'expliquaient que les jeunes ont besoin de ce support extérieur pour bien grandir. Mais il est possible que l'arboriculteur n'ait pas su repérer l'essence de son protégé.  Il ne comprend pas alors pourquoi, en grandissant, son petit arbre ne donne pas de pommes. Avec le temps, fatigué de ne pas obtenir les résultats escomptés, il s'en détournera, tout décontenancé... L'arbre trouvera tant bien que mal comment contacter sa force. Il se dirigera vers  La source de lumière  et petit à petit, poussera, d'abord un peu de travers, puis torsadé,   mais pas si vilain avec tous ses méandres dans l'écorce. L'arbre devenu grand sera nourri par des racines qu'il aura pris soin de rendre saines, plantées dans une terre prête à l'accueillir, riche en humus. Ses petites branches pourront prendre appui, non pas sur un support artificiel, mais sur un tronc solide et rassurant. Il grandira ainsi, loin de sa culture de ... pommiers ,  lentement deviendra ce qu'il est... un cerisier sauvage.  Malgré la solitude et la nostalgie, il sera joyeux chaque fois  qu'il pourra donner du fruit à ceux qui auront  bien voulu faire le détour pour venir y goûter.

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22 mai 2010

voisins-voisines/sucré-salé

DSC05729L'autre dimanche.

L'autre jour.

Il y a quelques jours, nous étions tous d'accord pour rendre visite à D, qui habite la colline d'en face. Nous avons marché pour arriver jusqu'à sa maison, il nous a fait entrer, nous voulions voir ses beaux ouvrages: il réalise des meubles en bois et rénove une chèvrerie dans laquelle il a élu domicile. C'est tout petit et tout joli! DSC05708La particularité, c'est que, juste en face, il y a sa vraie maison, celle qu'il a habitée longtemps avec M, avec qui il était marié. Et puis le temps a passé, et puis les corps se sont lassés, et puis.... ils ont divorcés. D. a laissé la grande maison à M., pour qu'elle soit bien logée, parce que, en fait, il l'aime beaucoup,  et est parti vivre....juste en face. Depuis la fenêtre de sa cuisine, on peut voir l'entrée de chez M. "Une-vie-séparée, au-quotidien-uni-communément-pas-sous-le-même toit", peut-être une nouvelle ère matrimoniale? Nous avons passé un peu de temps chez D. puis nous sommes partis avec lui boire le thé chez M. Leurs maisons respectives sont pleines de poésie, petits recoins, souvenirs et jolis objets colorés. En rentrant chez nous, en pensée avec ce beau moment passé en leur compagnie , un conte m'est revenu en mémoire,  en voici le récit:

DSC05755On raconte qu'il y a bien longtemps, il y avait une maison extraordinaire. Elle était tout en sel! Son toit, ses murs, tout scintillait sous les rayons du soleil. Qui habitait cette surprenante demeure? Un petit bonhomme, tout en sel! Ce bonhomme était marié à une petite bonne femme tout... en sucre. Pour faire plaisir à son épouse, il avait construit les meubles de la maisonnette avec des sucreries: les chaises étaient en dragées, le buffet en praline et leur lit en pain d'épice. Sa femme avait accroché aux fenêtres des guirlandes de sucre candi et des biscuits en forme de fleurs. Des petites voitures colorées et sucrées finissaient d'embellir les murs de la cuisine.Le petit bonhomme tout en sel et sa femme en sucre s'aimaient beaucoup mais ils trouvaient toujours une bonne raison pour se chamailler (ce qui n'était pas le cas de D et M). Un jour, il y eut une querelle de trop! Ce matin-là, la petite femme tout en sucre mit à cuire des tartes aux pommes dans le four puis elle voulut préparer une soupe. DSC05725Soudain, un faux mouvement et la salière lui  échappa des mains et une grosse poignée de sel  tomba dans la marmite. A midi, lorsqu'ils se mirent à table et lorsque monsieur sel goûta à sa soupe il recracha brusquement ce qu'il venait de mettre dans sa bouche et hurla -ah, pouah, beurk! Tu veux donc m'empoisonner? Comment peux-t-on cuisiner un plat aussi salé? Il était si furieux qu'il n'arrivait plus à se calmer - va-t-en! lui dit-il, je ne veux plus jamais te revoir dans MA maison! -Ah, lui répondit-elle, je vois que j'habitais chez TOI, tu n'es qu'un sale égoïste, eh bien saches-le, ce n'est pas toi qui me chasses, c'est moi qui pars! Et sur ce, elle partit en claquant la porte. - Va vivre où tu veux, je m'en fiche, et il lança la marmite de soupe dans le jardin et ferma la porte à clé.DSC05733 La petit femme tout en sucre partit, et sur le chemin, elle voulut pleurer. "Mais pourquoi je pleure? Il ne manquerait plus que mes joues en sucre fondent" se dit-elle en essuyant ses larmes de colère. La nuit tombait lorsque la petite femme tout en sucre arriva devant une étable. Elle entra, poussa les chèvres, puis elle s'installa en leur compagnie, dans la paille. Toute la nuit, elle fut dérangée  par le vent qui s'infiltrait de partout. Elle pensait à son bonhomme, tout en sel, couché dans leur moelleux lit en pain d'épice. Dès l'aube elle décida d'arranger sa nouvelle maison, mit les chèvres dans un autre abri. Elle nettoya, balaya, épousseta, décora. Elle rendit cette étable accueillante et douillette. Mais elle songeait toujours à son bonhomme tout en sel. Elle était bien retournée voir un peu comment il allait, mais il était toujours fâché et ne voulait vraiment plus la voir.  De retour chez elle, assise près de sa cheminée où brûlait une belle bûche, elle avait encore eu envie de pleurer. Alors la petite femme se répéta le plus insolite des souhaits: DSC05736- Ah! SI seulement le ciel pouvait pleurer à ma place, je ne fondrais pas, je lui donnerais toutes mes larmes retenues... A peine avait-elle fini de formuler son voeu que le vent se leva, les nuages gris s'amoncelèrent, le ciel s'assombrit.. et de grosses gouttes  de pluie commencèrent à tomber; bientôt des torrents inondèrent les routes, les champs, les villages et Ploc, ploc, ploc, le toit et les murs de la petite maison en sel se mirent à fondre. Le bonhomme, effrayé, se précipita aussitôt vers la nouvelle maison de sa petite femme tout en sucre - Mon petit choux à la crème, je fonds, je maigris, laisse-moi entrer!  Oh il ne fallut pas longtemps pour que la petite femme tout en sucre ouvre sa porte. Ils se jetèrent dans les bras l'un de l'autre et se donnèrent un baiser GROOOOOS comme ça!  Un bisou qui avait un goût ...Sucré-Salé.

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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