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Une envie de bonne heure

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16 mai 2010

L'ascension

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Quatre jours à jouer, à danser,
Quatre jours à célébrer

La joie d'être VIVANTS!

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15 mai 2010

Promenade

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Emmène-moi loin du froid, montre-moi la lumière, dis-moi que je ne suis pas invisible, sors-moi d'une prison qui n'existe plus, accorde-moi du temps, aide-moi à supporter mes racines, rappelle-moi l'essentiel, pardonne ma fatigue passagère, dis-moi encore que tu es heureux.

10 mai 2010

Oeuvres inachevées

DSC05396DSC05398On me demande parfois si je peins encore. Je ne sais jamais quoi répondre. Je pourrais dire non, et la discussion s'arrêterait là. Je pourrais dire oui, et la discussion ne décollerait pas plus, parce qu'il est rare de rencontrer sur son chemin des êtres qui nous posent des questions pour de vrai. Ces questions pour de faux sont un prétexte et les conversations demeurent dans la couche superficielle d'échanges de convenance. Mais si je pouvais leur répondre pour de vrai, je dirais que oui, je peins tout le temps. Bien sûr, la toile, le papier, les supports, les pinceaux, les encres, les craies, les sables, les pigments, les couteaux, tout cela est resté dans mes cartons du déménagement, une autre partie dans un atelier là-bas, au pays des schtroumpfs, et de résultat, ils ne peuvent encore en faire le constat. Chaque arbre regardé, je l'ai peint, dessiné, imaginé, et même si mon cher professeur de peinture d'antan me disait que les travaux restés dans la tête n'ont aucune valeur, je lui répondrais aujourd'hui avec beaucoup d'aplomb que ces estampes, coulures, surfaces, matières, couleurs, ombres et lumières ne sont pas dans ma tête mais dans mon coeur, et qu'il me suffira le moment venu d'aller puiser à cette source sans limites.  Alors, je le sais déjà, il n'y aura pas assez de place dans la maison, dans l'atelier, dans les hangars alentours pour empiler toute cette énergie qui ne demande qu'à sortir.

Bon, je vous laisse, je vais changer ma petite puce, finir le repas pour mes loulous qui rentrent bientôt de l'école, ranger le linge et les chambres des enfants, faire les factures pour mon mari artisan,  ....

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9 mai 2010

Pour une maman silencieuse

Juste lui souhaiter un joyeux anniversaire! Elle se reconnaîtra, si elle visite ce lieu...

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2 mai 2010

Petites Chorégraphies

DSC03335_1C'est par là que je suis arrivée le 1er mai 1997. Ce bout de maison n'existait pas encore. Je cherchais à quitter ma ville, coûte que coûte. J'étais sur une piste, le sud de l'Italie, une maison en pierre au milieu des oliviers, un projet d'animations d'art plastique pour des enfants. J'étais fatiguée de me débattre dans la vie, de chercher une voie de sortie. Sortir d'un enfermement. J'ai suivi cet ami qui me voulait du bien "tu ne peux pas rester toute seule pendant ce long week-end, viens, pars avec moi, je suis attendu chez un ami en Bourgogne!". Comment aurais-je pu deviner qu'il m'emmenait à son insu, vers celui que j'allais aimer suffisamment pour fonder une famille, pour avoir envie de rester, moi, la voyageuse toujours en quête de nouveaux projets. C'est sous cet arbre que nous avons rêvé notre vie.

 

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1 mai 2010

Anniversaire

"Il n'est pas nécessaire d'espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer" citation de Guillaume d'Orange

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Il y a un mois, j'ai ouvert ce blog.

Je vois, dans ma page d'accueil, que des visiteurs passent par là, et je trouve bien entendu ces visites troublantes d'une certaine manière, parce que je ne sais pas "qui" ils sont. Qui êtes-vous en fait, chers visiteurs? Curieux? Intéressés? Moqueurs? Indifférents?                                                                                          

J'ai moi-même tarder à donner un retour aux auteurs que j'allais visiter. J'ai mis du temps à réaliser qu'il peut y avoir un échange.

Voici un extrait d'une petite correspondance que j'ai eue avec une ancienne de la blogosphhère:

"Le monde des blogs reste un mystère pour moi et pourtant je le fréquente depuis 3 ans... Je me suis posée les mêmes questions que vous, assistant au passage de 500 personnes quotidiennement et ne recueillant qu'une poignée de commentaires... On a beau dire qu'on n'attend rien, il reste cette interrogation qui parfois dérange : est-ce que ce que je fais plaît ou non ? Bien sûr qu'on blogue pour soi au départ mais si on montre c'est aussi qu'il y a une attente secrète ou inconsciente et souvent non-contentée."

J'aime beaucoup écrire ces petits billets, organiser quelques photos, et puis les poster, envie de partager. Il y a encore beaucoup de progrès à faire dans ce lieu. Trouver les couleurs, les mots, être plus simple peut-être...

Visiteurs d'une seconde, d'une minute ou plus, soyez indulgents ou percutants, agaçés, amusés, mais si vous n'êtes pas indifférents, laissez une petite trace de votre passage.

 

28 avril 2010

Merci Coline

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Chère Coline,    

Je suis allée voir votre film "SOLUTIONS LOCALES POUR UN DESORDRE GLOBAL". Je ne savais pas que les paysans indiens sont à bout, qu'ils se suicident en buvant les engrais et les pesticides qu'ils ne peuvent plus payer et sans lesquels, leur fait-on croire, ils ne peuvent plus travailler la terre. Je ne savais pas que le sol de la France, et donc globalement de l'Europe est mort, un désert qui ne peut plus vivre si il n' a pas d'apports issus de la pétrochimie, car, à force de tuer les insectes et de labourer trop profond, il n'y a plus de vie. Je ne savais pas que, au Brésil, des petits paysans se font arrêter et torturer pour simplement défendre le droit de cultiver leur terre dignement, je ne savais pas qu'ailleurs aussi, des enfants naissent sans jambes et sans bras, parce que les produits utilisés pour les cultures sont des poisons, je ne savais pas ce qu'est un sol, un vrai sol vivant. Pendant la première heure du film, j'avais le ventre qui se nouait, de voir les ravages que l'homme fait à sa terre, aux animaux, à ses frères humains. Je n'avais pas mesuré l'immense disparition de la petite paysannerie, destruction voulue et organisée. Je ne savais pas que les mêmes industries qui fabriquent ces engrais ont pris le pouvoir en instaurant un monopole des semences, en interdisant les variétés anciennes, en rendant le paysan dépendant de leur catalogue de graines ibrides F1. A dire  vrai, je le savais, mais je refusais de regarder cette vérité que plusieurs humanistes ne cessent d'écrire, de dire. Dans la deuxième partie du film, vous nous montrez que des solutions se dessinent, en Inde, en Afrique, au Brésil, en Ukraine, et en France aussi, et forcément, près de chez moi. Alors mon ventre s'est détendu, le générique terminé, la lumière est revenue dans la salle, heureusement pleine ce soir-là, et j'ai retrouvé des visages que je croise régulièrement, qui font déjà des actions  locales. Certains sont très jeunes, ils agissent. Je les ai trouvé beaux, nous avons parlé et je sens que de belles choses vont pouvoir se construire dans la région. MERCI COLINE et Colibris.

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22 avril 2010

Enfantement

DSC05082Il est temps pour moi de me réapproprier cette zone qui m'a permis de donner naissance... Il m'a fallu un certain courage pour prendre ce rendez-vous chez la sage-femme qui me connaît bien, depuis la naissance d'Elia en fait. Je savais que j'allais revoir les photos, les faire-parts de naissance, les revues, les objets, tout ici parle de cela: de bébés et de maternité. Seulement voilà, je ne suis pas là pour une grossesse, mais pour tonifier ce qui voudrait bien encore, et encore, continuer à porter et donner la vie. Il est temps pour moi de passer le témoin, de laisser cette partie de ma vie s'éloigner en douceur, de trouver une nouvelle façon de "mettre au monde". D'où me vient cette terrible insatisfaction, dans tous les domaines, "peut mieux faire", "aurait pu mieux faire" "peut encore mieux faire".... ? Stop, Madame Exigence. Bonjour Madame Indulgence. Stop Madame Nostalgie, bonjour Madame Vive aujourd'hui. Il est temps pour moi de m'abandonner à tous les mystères de la vie, garder confiance que la joie d'enfanter se retrouvera en toutes choses.

 

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21 avril 2010

Les pèlerins (suite)

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Ils sont partis à midi. Nous avons beaucoup parlé ce matin, pas du temps qu'il fait, ni du temps qu'il fera. Nous nous sommes racontés.

Ils sont partis et je les envie un peu. Cette route vers Assise, nous pensons bien la faire un jour. Parce que Jean-Marc, il est super pote avec St François, et que St Jacques, c'est quand même un peu trop encombré.

Ils sont partis et j'aimerais bien les revoir, un jour, pour qu'ils me parlent de cette route, de cette quête.

Ce n'est pas la première fois que nous accueillons ainsi des pèlerins.

Il y a eu cette jeune allemande, qui voyageait à bicyclette sous un soleil de plomb, l'été 2003 je crois. Elle allait à St Jacques. Elle a passé Deux jours, ici, fait sa lessive, s'est reposée. Nous ne l'avons jamais revue.

Il y a eu cette hollandaise, qui était venue chercher l'endroit où s'était écrasé le petit avion que son père avait pris juste avant Noël, elle avait deux ans. Ils étaient Sept passagers. Nous les avons aidés à retrouver le lieu. J'étais si émue de la voir se réjouir à chaque débris qu'elle retrouvait, après toutes ces années, il restait encore des traces de cet accident. Mais pour elle, c'était comme une rencontre. Elle avait passé la nuit dans notre maison, avec son compagnon. "je n'ai jamais si bien dormi" avait-elle dit le matin. Un soulagement pour elle, d'identifier le lieu du drame, qui lui permettrait de continuer son chemin.

Et puis ce jeune homme, Noël dernier, qui marchait la nuit sous la pluie, Il n'avait pas voulu dormir dans la maison, préférant dormir avec les chevaux, à l'abri dans la paille. A ce moment de sa vie, peut-être trop épuisé, le contact avec des enfants en bas âge était trop difficile pour lui et la tranquillité absolue était vitale. 7 ans qu'il marchait. "Au début, c'était pour trouver mon père qui ne m'a pas reconnu à ma naissance. Maintenant, je marche juste pour "m'"oublier". Il était parti le matin, puis était revenu quelques jours plus tard, pour dire au revoir, surtout à Jean-Marc, qu'il avait pris dans ses bras.

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20 avril 2010

Disponibles

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Aujourd'hui, j'étais fatiguée. Ce genre de fatigue qui se présente dès le saut du lit. Incompréhensible fatigue, et la journée se déroule, toute en lourdeur. Le soleil était là, et vu l'inefficacité de mes mouvements à l'intérieur de la maison, j'ai décidé de partir, avec Bianca pour une petite ballade, petite, parce qu'il était déjà le milieu de l'après-midi. A peine sorties de notre terrain, nous  avons croisés un  homme et une femme qui marchaient, sur ce chemin qui descend en direction de l'"Escargot". c'est ainsi qu'on la nomme, cette maison, parce qu'elle est inhabitée, et aussi, parce qu'elle est plantée entre deux rochers, un énorme et un autre, plus petit, en forme d'escargot. Deux marcheurs, d'une trentaine d'années. Eux montaient, nous descendions. Oh, ce n'est pas la première fois que j'en croise ici! Dès les premiers rayons, ils arrivent, les randonneurs. Ils marchent pour marcher, ou ils marchent pour aller voir la vue splendide qui s'offre aux rochers du Carnaval, ou ils marchent pour oublier, ou pour leur santé, bref, ils marchent.

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Certains répondent à mon salut, prennent le temps de parler, d'autres passent tout droit et regardent le sol, ça dépend. Ces deux-là m'ont dit bonjour. J'ai répondu et vu qu'ils portaient chacun un sac à dos. Leur matériel, bien que léger, montrait que leur randonnée était assurément pour une période plus longue que cette seule journée. J'ai continué ma route, eux la leur, nous ne nous sommes pas parlé, juste souris. Je me laissais entraîner par la joie de Bianca, et par son exigence: la porter en écharpe sur le dos, puis non, elle voulait marcher, puis non, elle voulait monter dans la poussette, puis non, courir après notre chienne Paprika, bref, une petite de deux ans pleine de vitalité. De retour à la maison, j'étais épuisée, assoiffée. Bianca s'est endormie, j'ai apprécié le silence et le non-faire, bu quelques verres d'eau. Je m'apprêtais à reprendre mes activités de rangement, de vaisselle, de lessive, oh la la, il y en avait partout, du bazard, lorsque, à la porte, le couple de marcheurs s'est présenté. Ils revenaient du monastère orthodoxe, situé un peu plus haut de chez nous. Ils pensaient y trouver l'hospitalité.S'étant trouvé devant une porte close, ils étaient redesendus, avaient pris le chemin de notre maison. Je leur ai d'abord servi une tisane chaude, "en terrasse", face au coucher du soleil. Comment réagir, lorsque la journée est presque terminée, que tout est encore à faire, que la maison ne ressemble plus à rien, que les batteries sont à plat, comment avoir la disponibilité pour des inconnus, des pèlerins, qui eux, sont dans un état d'abandon à la providence, et nous, submergés par les tâches du quotidien? Et c'est là, que, soudain, la magie opère... Alors que Jean-Marc, rentré de sa journée de travail, leur montrait les possibilités pour passer la nuit, une force type Mary Poppins m'a permis de redresser ce champ de bataille. Les pèlerins installés, je leur ai proposé d'aller chercher des orties, puis nous avons épluché les pommes de terre. Ici, sur la colline, lorsque le potager est vide, lorsque les courses ne sont pas faites, voilà ce que nous mangeons: une soupe d'ortie. Accompagnée du bon pain au feu de bois du moulin de Laizy ainsi que du fromage de brebis "Lou Paissou". Ici, se rendre disponible pour ce genre de rencontre est fondamental, nous vivons isolés, et j'ai besoin d'être en présence de ces êtres qui vivent une sorte d'errance et avec lesquels je me sens tout de suite amie. Merci, Marie et Cyril, d'être venus jusqu'ici, et bonne route à vous, qui partez pour Assise, en Italie.

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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