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Une envie de bonne heure

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18 décembre 2010

Père Noël et crèche font-ils bon ménage?

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Comme chaque année, depuis que je suis maman, le père Noël nous attend en haut de la colline, dans une auberge, la seule de ce petit village d'une centaine d'habitants disséminés autour de ce massif granitique où nous habitons. Plus de commerce ici, le petit bourg  central où se trouve l'église est devenu un lieu de villégiature pour des résidences secondaires, quatre café-restaurants jadis animaient ce village, une épicerie aussi. Ici, c'est un peu chacun chez soi. Il y a deux occasions pour se voir, l'arbre de Noël des enfants où seuls les familles des petits jusqu'à 10 ans sont conviés, pour le cadeau et le verre de l'amitié, puis, début janvier, tout les habitants pour la galette des Rois. Je me souviens de la première année où je m'y suis rendue, telle une enfant, j'étais émerveillée par cette attention venant des élus, j'avais écrit une carte pour remercier. Puis les années ont passé et comme les autres, je me suis habituée... Je crois que cette célébration me permet de me plonger dans la fête et encore plus à ce moment de ma vie où je serais plutôt penchée vers un état de recueillement. Bianca a bien voulu porter le cache-coeur que je lui avais tricoté. A peine était-il terminé, la semaine dernière, j'avais voulu le lui passer, mais elle avait refusé catégoriquement de le garder plus de 5 minutes. Pourtant, il est bien doux, même si ce n'est pas la qualité de laine que je préfère s'agissait d'une laine en fin de stock chez Phildar que j'avais récupérée. Depuis que j'ai retrouvé les laines que je connaissais dans mon adolescence et que je croyais disparues, grâce à Olga qui propose des matières haut de gamme, je n'aime plus tricoter ces fils bien trop acryliques à mon goût. Mais la couleur est belle et il fallait bien en faire quelque chose.

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Je vous invite à nous suivre dans cette balade, en route vers ce Père Noël qui attendait les enfants


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A la fin de cette fête, nous nous sommes arrêtés dans la petite église, nous avions bien proposés aux autres de nous accompagner afin d'installer la crèche. Jean-Marc avait mis en place, il y a fort longtemps, trois pierres qui forment une grotte, dans laquelle sont installés chaque année les figures de la nativité. Mais tout le monde avait bien d'autres occupations, "ben, euh, nous avons un repas ce soir, ben, euh, nous avons les bêtes à nous occuper, ben, euh, on est bien occupés ces temps-ci". Je comprends... Ainsi, c'est devenu un peu notre tâche, celle de mettre en place cette animation de la petite église, désertée au fil des années par les célébrations qui sont centralisées dans la toute petite ville dans la vallée. Pourtant, nous savons que, secrètement, à pas feutrés, dans le silence et sans qu'on les aperçoive, des pèlerins entrent ici, c'est pourquoi la chapelle est ouverte, tous les jours, dédiée autrefois à Saint Sébastien et aujourd'hui à Saint Roch et tous deux favorisant la guérison de la peste. Cette colline était, il y a fort longtemps, un lieu de pèlerinage  pour cette maladie.

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Un retour à la maison dans la neige, je plonge au coeur des nuits les plus longues

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17 décembre 2010

le passé lointain, échantillon d'inventaire

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Un téléphone en début d'après-midi. Les transports scolaires annonçaient que la journée du lendemain serait classée "orange"; les enfants seraient pris en charge à 13h00 pour un retour à la maison, juste après le repas de Noël de la cantine. Nous sommes donc partis, un peu trop tard, Elia, Bianca et moi, pour la petite ville où se trouve ce centre commercial . Cette sortie, destinée à l'achat d'un cadeau commun aux deux garçons, un cadeau que nous avons longuement discuté avec eux et Jean-Marc, avec une décision finale pour un oui. Quelques flocons tombaient à notre départ, mais pour moi, habituée depuis toute petite aux neiges montagneuses de mon Helvétie natale, pffff, de la rigolade. La traversée de la ville, qui habituellement se fait en dix minutes s'est faite en une heure, car, très vite, les chutes de neige se sont intensifiées. J'ai failli succomber à un retour imminent sur la colline, un stress s'est emparé de moi, parce que je déteste être bloquée dans une file de voiture, sentir la panique des autres conducteurs qui roulaient comme des débutants. Une bonne respiration, plonger un court instant dans ma mémoire, se souvenir de situations bien plus difficiles, se dire qu'après tout, ce serait trop bête de rentrer bredouille, se dire que, si on est bloqué, mieux vaut l'être dans un magasin chauffé plein de nourriture. C'est à l'entrée de ce supermarché que la Louisiane est revenue à ma mémoire, ce premier Noël passé loin de ma famille, une année aux Etats-unis alors que j'avais 18 ans. Il n'y avait pas de neige, il y avait des décorations débordantes depuis fin novembre, il y avait l'excitation de ma famille d'accueil, la préparation du sapin avec une guirlande de popcorn, enfilés comme des perles avec une aiguille, du fil, un collier géant pour le résineux (c'est très joli en fait, comme des gros flocons), des petits personnages tricotés ou en tissus, la maman voulait que le sapin ressemble à celui des premiers arrivants sur terre américaine. Elle me disait qu'ils faisaient des sapins avec des moyens simples, une tradition de la Vieille Europe qui avait pris racine sur cette Terre Indienne. Je ne sais pas comment mes parents et mon frère ont fêté Noël cette année là, je n'ai jamais su si je leur avais manqué. Je découvre de plus en plus que le fossé entre eux et moi a commencé dans un passé lointain, j'en dénoue à présent les noeuds, je me libère petit à petit, je regarde cette vase qui remonte à la surface, je la prends dans mes mains, je la respire, je la transforme, je clarifie cette eau qui est vie, dans laquelle je plongerai bientôt, le corps et le coeur allégés, nager dans une eau claire, fluide, dans les fonds colorés et précieux de mon essence.

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17 décembre 2010

Le chemin du retour

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Mon fils Elia s'était assis à l'arrière de la voiture pour distraire sa petite soeur fatiguée de cette sortie qui aurait dû nous prendre 2 heures au plus. Cette neige, venue plus vite que prévu,  ces véhicules apeurés qui roulaient à 5km/Heure, c'est vrai que ma voiture est bien équipée, une petite Kangoo 4X4 qui me permet de sortir et rentrer chez nous, même dans les pires situations. Mais je sentais bien qu'il n'était pas tranquille, qu'il fallait trouver la bonne attitude pour le rassurer, non pas avec des mots, mais un état intérieur qui pourrait rayonner de ma personne sur lui.  De longues files de voitures, des camions arrêtés sur le bord de route, puis une route plus fluide, la nôtre, celle que personne ne veut prendre lorsqu'il neige, celle qui monte sur la colline. J'ai senti qu'il était fier que sa mère soit à l'aise sur cette neige, trouvant les mots pour rire de cette sortie qui a duré 6 heures au final, content d'arriver chez lui, un cadeau qu'il est d'accord de garder fermé jusqu'à Noël, pour le mettre sous le sapin qui prendra sa place bientôt dans la maison, des vacances qui commencent plus tôt que prévu aussi, les transports scolaires ayant capitulé.

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14 décembre 2010

A plein poumon

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Il faisait très froid, et, malgré un gros rhume, un état grippal, nous sommes sorties voir ce beau soleil, c'était hier, un vent glacial, pourtant, quel bonheur d'être dehors! Jouer un peu avec l'eau de la petite fontaine, avec un bout de bois, marcher autour de la maison, surtout, sentir l'air au fond des poumons. A dire la vérité, je ne suis pas du tout, mais alors pas du tout dans le coup de Noël, en tous les cas pas celui annoncé dans les magasins, sur les blogs, partout des images de sapin et de menus gras et débordants. Je me sens dans un profond recueillement avec moi-même, avec la nature environnante. J'avance doucement vers le solstice d'hiver, je fais du ménage en moi, je prends de la distance avec ce qui m'a perturbée tout au long de l'année, pour le moment, je suis en inventaire. Le sapin, les boules et les décorations sont encore de trop dans mon quotidien. Personne ne les réclame ici, ça tombe bien!

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12 décembre 2010

3ème dimanche de l'Avent: l'allègement

J'allume la troisième bougie...

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A la fin de l'histoire
la vieille arrache trois cheveux d'or, qu'elle jette sur le sol

Parfois, dans les projets, les idées, les créations, les choses de notre vie, il y a peut-être du "trop". La chevelure ici, nous explique l'auteure, "est le symbole de la pensée, issue de la tête. Le geste d'ôter quelques cheveux au petit garçon l'allège, d'une certaine manière, le fait briller encore plus. De même une idée, une entreprise fatiguées peuvent briller plus si vous leur ôtez un peu de substance, comme le sculpteur qui taille un peu plus dans le marbre pour mieux révéler une forme cachée en dessous."

Dans une oeuvre d'art, une création comme dans la vie, il est parfois difficile de reconnaître le superflu, le "trop plein" le "trop dit". Savoir reconnaître ses besoins, un allègement nécessaire pour que le projet advienne, devienne, vive et brille. Prendre le temps d'observer, renifler, écouter, sentir, goûter. Cette concentration fait appel à tous nos sens y compris l'intuition. (...) Si vous êtes déconcentrées, asseyez-vous calmement; Prenez l'idée et bercez-la. Ne gardez pas tout d'elle, jetez-en un peu et elle se régénérera.

Il n'est besoin de rien d'autre.

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11 décembre 2010

Pour un anniversaire

10 décembre 2010

Une belle fraterie

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Elle était là.
Nous avons joué, nous étions tous ensemble,
puis elle est repartie...
Nous sommes certains qu'elle va revenir!

Lorsque je regarde les images de ces instants volés, je réalise le chemin parcouru, Jean-Marc et ses 5 enfants réunis, 3 avec moi, une famille recomposée mais pas si mal composée. Nous avons réussi à trouver un équilibre, une belle fraterie où il n'est pas question de demi. Ils sont frères et soeurs. J'admire leur relation, je souhaite qu'elle dure toujours et lorsque je les regarde, je crois que ça soulage ma blessure, celle de ne pas avoir réussi à être amie avec mon frère.

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8 décembre 2010

Cadeau lumineux

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Que l'on ne vienne plus me dire que les blogs, c'est du virtuel!

Il y a quelques temps, ELLE avait fait un jeu avec un tirage au sort sur son blog. J'aurais bien voulu le gagner, ce collier... La figure de la Matriochka est si importante pour moi. Mais c'est Madame Zaza qui avait eu la chance de le recevoir. Et puis le temps a passé.... Un jour, Madame Mim m'a proposé de m'en faire un, avec les couleurs que je voulais. Je lui avais répondu que celui que j'avais vu était parfait, qu'elle fasse comme elle le sente. Alors, que Dame Zaza me pardonne, mais elle et moi serons jumelle au moins pour ça, quoi que, parfois, il me semble que plus d'un point commun nous relie. Celui-ci sera visible en décolleté ou sur col roulé, l'une en blonde, l'autre en brune,

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Merci Myriam, ce collier est SUPERBE!

Ce petit paquet est arrivé aujourd'hui. Le bleu est souvent utilisé pour les vêtements de Marie sur les peintures du Moyen Age, et cette petite Matriochka est plus proche de la Marie intérieure qui sommeille en moi: gourmande et bienveillante, ça me va tout à fait pour ce jour du 8 décembre. Ce que Madame Mim ne savait pas, et son sens de l'intuition est superbement aiguisé en envoyant cette carte d'un dessin de Rodin, 

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car cette série (dont je possède deux ouvrages) fait partie de mon musée imaginaire, des dessins parmi mes préférés. Ils sont intemporels, contemporains, légers et puissants, contrairement à ses sculptures qui marquent le temps dans lequel il vivait mais qui, selon moi, n'ont pas su vieillir si bien que ses dessins.  Ah, quelle belle journée!

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7 décembre 2010

Du bleu pour mes yeux noisette

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Du bleu, lumineux
Une laine, 100% naturelle, un mélange de soie et mohair
tricotée en double
de la couleur, de la douceur
pour les mains, pour les yeux
bien envie d'en faire tout plein,
des écharpes, grandes, petites, ou des pulls
pour soi, pour offrir
la belle laine, un vrai bonheur

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5 décembre 2010

2ème dimanche de l'Avent: Mais qui est-elle?

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J'allume la deuxième bougie...

Il n'existe pas de bonheur linéaire ou plus précisément, "en affirmant l'existence d'une force éternelle chez l'homme, on est dans l'erreur". Il s'agit alors d'accepter ces cycles auxquels nous sommes appelés, ceux de la vie/mort/vie. Voilà ce que nous explique encore l'auteure de ce livre, celui où se trouve ce conte et qui remue certaines zones importantes de mon inconscient.

Or, la petite lumière s'est éteinte. Le vieil homme est presque mort, effondré sur le sol. Je me souviens de ces instants de ma vie où je me suis trouvée dans cette situation. Je ne savais pas, en les traversant, à quel point cet état était une nécessité pour grandir. Et si j'ai pu grandir, c'est que j'ai certainement pu rencontrer cette vieille qui a bien voulu me bercer. Il est encore plus intéressant de comprendre que ce vieil homme représente la part masculine de la femme, son animus. "que nous soyons centrées sur l'épanouissement de soi-même, sur les problèmes  qui se posent dans le monde ou sur les relations affectives, cela importe peu, l'animus s'épuisera de toutes façons. Lors des tâches de longue haleine - terminer ses études, finir un manuscrit, s'occuper d'une personne malade - vient toujours le moment où l'énergie a vieilli et s'effondre."

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Cette vieille qui, telle une mère, vient prendre le vieil homme dans ses bras, l'amène vers une source de chaleur, le berce, mais qui est-elle?

Il s'agit de cette part sauvage qui nous habite, celle qui n'est pas conditionnée, celle qui court avec les loups.  "Nous n'avons pas à paniquer quand nous n'avons plus d'élan ou que nous nous déconcentrons, comme la vieille qui nous relève et nous tient dans ses bras, nous devons tranquillement tenir notre idée (et j'ajoute: même si nous n'en avons plus...d'idées) et rester en sa compagnie (juste être à l'écoute, ne serait-ce que de notre propre souffle)."

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Je peux affirmer, aujourd'hui, très clairement, que je suis venue sur la colline pour cela.
Bercer, là, là, là. Là, là... et guérir tout tranquillement mon animus.

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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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