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Une envie de bonne heure

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21 janvier 2011

Embryon de printemps

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Ce n'est pas que je manque d'idées, ce n'est pas non plus que je manque de temps, je n'arrive pas à faire ce que j'ai à faire en ce moment. Mais qu'ai-je à faire, si ce n'est admirer, encore et encore, cette lumière qui m'entoure, ces branches, ces feuilles, ces brindilles frémissantes dans l'air froid qui est revenu, qui engourdit mon corps. J'ai vu, en regardant de plus près, que la floraison des genêts du mois de mai se prépare, j'ai vu, au fond de moi, mes envies encore endormies se préparer à leur naissance.

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19 janvier 2011

La poudre de sourire

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J'ai peut-être été conçue dans cette vallée reculée des montagnes suisses, là où mes parents s'étaient rencontrés très jeunes, un petit village niché dans le Val d'Hérens, de l'autre côté, l'Italie. Les étés, nous y passions des séjours inévitablement, comme si ce lieu était devenu un pélerinage en mémoire de leur rencontre, de leur amour. Je me souviens de mon enfance, à parcourir les pâturages et les montagnes de cette très belle vallée. Cette ambiance de mon enfance se retrouve dans le livre de Marie-Magdeleine Brumagne, un recueil des paroles de Marie Métrailler, une femme pleine de sagesse qui tenait une boutique. "Dans son petit magasin sur la Grand-rue du village où régnait le plus généreux désordre invitant la main à caresser le grain des étoffes, Marie a vu passer des centaines de curieux, d'acheteurs, tombés amoureux des vieilles toiles de lin, de chanvre, des broderies, des laines du pays." cit.MMBrumagne.  Je me souviens de ce village, de ce magasin, de cette figure. Tout a bien changé là-bas, à tel point que, il y a 14 ans, lorsque j'ai à mon tour emmené mon mari à la rencontre de ce que je considère un peu mon origine, j'ai été surprise de constater que nombre de jeunes filles ne connaissaient plus ce nom: Marie Métrailler. En préface du livre, on trouve un mot de Marguerite Yourcenar qui avait aimé la rencontrer: "Si étrange que ce soit, vous l'avais-je dit dans une première lettre? - je considère que cette Valaisanne rencontrée peut-être une demi-douzaine de fois a été un de mes gurus. Elle m'a beaucoup appris non seulement sur les traditions de son pays, mais encore sur la vie, je veux dire sur la manière d'envisager la vie et de la vivre. Plus je vais, plus je constate qu'il y a ainsi des êtres dont personne presque ne saura jamais rien, ou qui sont même parfois, comme votre lettre l'indique, en proie à l'ironie ou aux railleurs, et qui sont tout simplement grands, ou purs. Il m'a semblé tout de suite que Marie Métrailler était de ceux-là."

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Voici un extrait de
"La poudre de Sourire"
Marie-Magdeleine Brumagne, Marie Métrailler,
Edition l'Age d'Homme
Chapitre VI
J'ai vu les fées...

Pour en revenir aux fées, j'ai donc vécu toute mon enfance avec elles. Il y en avait aussi à Evolène, qu Château des Fées, un amas de rochers au-dessus du village. Ce sont les fées de la Grande Combe.

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On dit qu'elles ont été chassées du pays parce que les gens étaient devenus trop matérialistes. Je ne sais pas quand elles sont parties, quand elles ont jeté la clé du château dans les broussailles, mais il se trouve que, par aventure, je possède cette clé, cette demi-clé, plutôt. Elle était cassée. Le morceau qui reste est absolument ravissant.

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- Comment cette clé est-elle venue en ta possession?
- Je ne me souviens pas; c'est peut-être mon père qui me l'a donnée pour me faire une leçon: "Tiens, c'est la clé du Château des Fées. Va chercher l'autre moitié".

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Pour la trouver, il fallait posséder les herbes magiques, rituelles dans toute expédition à la recherche du surnaturel. Il fallait aussi une certaine qualité d'âme: croire au bien... ah! il fallait encore une chose très jolie à dire en patois: de la poudre de sourire. Je savais que l'autre morceau devait se trouver au pied des rochers. Je partais à sa recherche. Sans doute n'avais-je pas assez de poudre de sourire; je ne l'ai jamais découverte".


Et vous? Avez-vous gardé un peu de  POUDRE DE SOURIRE au fond de votre poche?

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17 janvier 2011

Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait

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Fais du bien à ton corps pour que ton âme ait envie d'y rester.

                                                                     Proverbe Indien


13 janvier 2011

A la Croisée des Chemins

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Hier, j'ai reçu un livre, par la poste, oui!

Fréquent me direz-vous, sauf que là, ce n'était pas une enveloppe d'Amazon ni de la Fnac ou autre fournisseur, mais de l'auteur lui-même, un "christmas present" m'avait-il annoncé. Il n'était pas dédicacé, mince alors! mais je suis certaine qu'il ne s'agit pas d'un oubli, c'est juste parce que cet écrivain-peintre-anthropologue-prof-basketeur-papa-amoureux-de-la-vie  ne se prend pas trop au sérieux, il ne l'a jamais fait.  Aussitôt ouvert, aussitôt plongée dans la lecture, aussitôt transportée: des petites chroniques, celles qu'il a écrites pendant 30 ans sur les pages de la rubrique sport d'un quotidien suisse, réunies dans cet ouvrage, des petits trésors.

"Jon Ferguson décrit avec philosophie et beaucoup de talent un univers qui ne se limite pas au sport.  Il aborde le patriotisme, l'ambition démesurée, la vie par procuration, la mort, les rapports entre l'homme et l'animal, l'argent, la morale, la politique, la culture, les jeux, les croyances, les Dieux ou encore la folie guerrière et même l'école avec l'enseignement. Il utilise pour ce faire le sport comme métaphore de l'existence humaine." cit. du blog "lectures et impressions" de Mélusine

Au cours du repas, j'ai lu quelques passages à mes enfants, à mon homme, ils écoutaient attentivement. Les garçons ne comprenaient pas tout, Noé a acquiescé vivement le passage qui mentionnait ".....peut-être que , maintenant ,je sais pourquoi je passe de plus en plus de temps dans les forêts avec mes chiens et de moins en moins avec des gens sur les terrains de sport...". Ce qui préoccupait Elia, c'est le lien qui m'unissait à ce très bel homme en couverture. Je lui ai raconté alors, pour résumer une longue histoire, qu'il était mon professeur de basket au collège, lorsque j'étais adolescente. "- il se souvient de toi alors?". "- Non, lui ai-je répondu, sûrement pas. C'est juste par les hasards d'internet, j'ai découvert ses écrits, puis sa page facebook , je lui ai laissé un mot, nous avons échangé quelques messages et comme ses livres sont vendus principalement en Suisse, il m'a proposé de m'en envoyer un de mon choix par la poste, un autre de son choix par email en pièce jointe, une version en anglais, parce que Jon, tu sais, il est américain. J'ai entendu, dans une émission de télévision à laquelle il participait, qu'il n'a pas perdu son accent californien". Et puis, chacun est parti à ses occupations, me laissant seule à table avec ces "30 ans de réflexion".

Je me suis demandée alors si ce n'est pas un peu avec lui que ce rêve américain avait débuté, dans cette salle de la bibliothèque où je l'avais aperçu pour la première fois, j'avais 12 peut-être 13 ans, il était exactement comme sur la photographie en couverture du livre. Tous, filles, garçons, profs, oiseaux, chats, mouches, vers de terre et micro-puces qui fréquentaient ce collège sont tombés raides dingue amoureux de lui, parce que, en plus d'être beau, il était agréable, sympathique, à l'écoute des autres, pas orgueilleux pour un sou, un ange je vous dis. Je me souviens aussi de cet épisode où, assises par terre, en tenue de sport, nous l'écoutions, lui, du haut de ses 195 cm voire plus, vêtu dans son jean et sa chemise, rien d'un sportif prêt à l'action à vrai dire. Il nous racontait sa façon de préparer les endives au jambon,  une narration qui m'avait transportée dans un registre nouveau, à tel point que je me suis mise à adorer ce plat succulent que, auparavant, je détestais. En nous racontant sa joie de cuisiner, il réussissait à nous enseigner quelque chose de métaphysique. J'ai bien senti, dans mon âme d'adolescente, que cet homme était plus qu'un bel homme, un  bel esprit, quelque chose que l'on sent dans ces âges-là, mais que l'on met peut-être des années à verbaliser.  Des années plus tard, après avoir découvert cette Amérique, puis travaillé dans des multinationales de la ville, puis tout balayé pour entreprendre des études d'arts visuels,  je l'ai croisé lorsque je me rendais à pied, mon portfolio sous le bras, à mes cours de l'école qui était située juste à côté de ce collège où j'avais passé  ces belles années d'adolescence. Ce qu'il y avait de particulier avec Jon, c'était la qualité de son regard. Il fait partie de ces humains qui vous regardent vraiment. Il m'arrivait de marcher presque à ses côtés sur le chemin qui menait à ces deux établissements scolaires,  sentir son regard, sa présence et ne pas oser lui parler. Je l'avais croisé encore, plus tard, au bord du lac, un lieu pour acheter un casse-croûte, il attendait son tour, moi aussi, il parlait avec la dame qui préparait les repas. Je l'entendais raconter son quotidien de papa. Je restais muette. J'avais 32 ans, je vivais solitairement et une souffrance de ne pas être encore maman. Je crois bien que ce fut la dernière fois que mes pas avaient croisé les siens.

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A 32 ans

Me voici aujourd'hui, femme, maman, je vis loin de ce pays natal et je lis ses écrits. Je suis aspirée vers ce passé, surtout à travers cette photographie de ce jeune homme qui avait bouleversé mon coeur d'adolescente, celle qui n'a pas su ni osé approcher l'âme  qui se cachait derrière la plastique de son physique éblouissant. Il aurait pu être laid après tout, je pense que j'aurais réussi à lui demander ce que je découvre aujourd'hui seulement, de raconter encore, plus que les endives, son Amérique et son besoin de la quitter, l'éducation chrétienne qu'il avait reçue dans une famille mormon et son besoin de la quitter, son regard sur l'école et son besoin de la réinventer, le monde des paillettes qu'il approchait en étant parfois mannequin pour une marque de cigarettes (d'où la photo de couverture) ou joueur de basketball professionnel et son indifférence face  à cette part artificielle de la vie, son expérience de papa, de mari et son besoin de recommencer, avec une autre femme,  son  sentiment d'impuissance face à ce monde construit sur des valeurs trop matérielles et son besoin de le critiquer avec humour pour mieux l'aimer. Cette Amérique, je suis partie la découvrir à 18 ans. Ce qui me permet peut-être, lorsque je lis son livre "The Anthropologist", un roman en version américaine, de sentir absolument les atmosphères, les scènes qu'il raconte, et aussi le message universel qu'il y inscrit. Mon parcours dans une spiritualité libre, mon questionnement incessant sur la religion, mon approche de la parole du Christ suite à la maladie de mon fils, qui me permet de percevoir le regard chrétien que Jon pose sur le monde, au vrai sens du mot, c'est-à-dire dépouillé de son aspect dogmatique. Mon expérience de professeur d'art plastique au collège entre 30 et 33 ans, où j'aurais pu peut-être le rencontrer, encore une fois, comme collègue, qui me permet de le rejoindre absolument dans sa réflexion sur l'école aujourd'hui. Ma vie de maman et d'épouse d'un homme qui avait déjà élevé deux filles qui me permet d'entrevoir et d'accepter pleinement son parcours de père et d'époux, et pour finir, les préoccupations existentielles qui m'ont façonnées durant ces 30 années qui me permettent de comprendre l'émoi de cette première rencontre. Je pense que, si mon chemin croise le sien à nouveau, ici, là ou ailleurs, je me sens enfin prête à rencontrer sereinement et très amicalement cette très belle personne qu'est Jon.

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RECTO-VERSO DE LA COUVERTURE DU LIVRE: Jon à ~27 ans, puis à ~60 ans.

Ces deux images m'ont donné envie de rire de moi aussi, en ce temps-là, on ne se photographiait pas beaucoup, j'ai trouvé juste une série, des photographies qu'un ami avait faite avant mon départ, pour les Etats-Unis. J'avais 18 ans, le style est un peu kitch, flou à la Hamilton, l'époque romantico dans les champs de blé. Vous connaissez? Je me suis "amusée" à mettre mon portrait d'aujourd'hui, 30 ans (enfin, bientôt) après en vérité... ce qui éclaircira les lecteurs bien évidemment sur mon âge, on me le demande souvent, comme ça, c'est fait! Et ça me plombe un peu. L'empâtement dû aux maternités certainement, le physique marqué par toutes ces années, celles qui permettent de comprendre un petit bout, tout petit, de la vie.   

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J'ai envie, pour terminer cet hommage à Jon, vous l'aurez compris je suis fan, de publier ici la préface du livre, portrait si justement écrit par Marc Donet-Monet

Au début, je croyais que Jon Ferguson était entraîneur de basket. Mais ça c'était il y a longtemps. On le voyait sur des terrains de sport, grand, bien habillé, donnant des ordres à ses joueurs pendant les pauses - un de ces types qui vous impressionnent sans que vous sachiez pourquoi. Plus tard, je me suis rendu compte qu'en fait Jon Ferguson n'était pas entraîneur, mais écrivain. Il publiait dans le "24 heures" des chroniques sur le monde du sport, originales et bien écrites, et dont je suis rapidement devenu fan, comme des milliers d'autres lecteurs. Ensuite, en continuant à lire le journal, j'ai appris que Jon Ferguson n'était pas écrivain en fait, mais peintre. Ses tableaux étaient parfois exposés dans de petites galeries à Lausanne, que par la suite je visitai. Et c'est à cette époque - l'époque où je croyais que Jon Ferguson était peintre - qu'on m'a informé que Jon Ferguson n'était pas peintre en réalité mais prof d'anglais. Bien sûr, par la suite je me suis rendu compte qu'il était aussi philosophe, mormon (repenti), conférencier, papa et amoureux de l'Univers, - avec, concernant ce dernier point, une légère préférence pour les femmes, le vin et peut-être les chiens. Il est comme ça, Ferguson, il fait tout, il essaie, il n'a pas peur: il s'en fout. Mais avec toutes ses activités, avec ses talents multiples, il y a un point que je n'ai pas encore souligné : Jon Ferguson est toujours exactement le même. Vous pouvez le croiser à la piscine, dans une émission de télé, au bar du coin, il est toujours exactement le même Jon Ferguson, avec sa gueule de star, ses cheveux grisonnants, son accent américain et sa bonne humeur (je le soupçonne de faire le clown uniquement pour masquer le fait qu'il est très intelligent). C'est peut-être ce qui sonne si juste dans les textes de Ferguson : il ne fait pas de littérature, il ne ment pas, il est toujours parfaitement lui-même dans la vie comme dans ses oeuvres. C'est d'ailleurs étonnant qu'un homme si beau - d'après ma femme qui s'y connaît - écrive de manière si simple, si directe, dans un style si dépourvu de vanité. Si j'étais critique littéraire j'aurais sans doute des choses à dire sur le sujet, mais comme je ne suis qu'un banal humoriste même pas peintre je me contente de lire et de relire ces pages brillantes, en ne pouvant décidément que trouver sympathique un homme et un auteur capable d'écrire : Les hommes skient plus vite que les femmes. Mais les femmes on la peau plus douce.

Marc Donet-Monet.


 

13 janvier 2011

J'ai pensé que c'était une fleur,mais c'était une

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J'ai pensé que c'était une fleur,
mais c'était une star.
J'ai pensé que c'était une star,
mais ce n'était que du vent.


(Schmaltz)
dans "30 ans de rélexion" Jon Ferguson

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11 janvier 2011

Modelage

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Il y a des paysages qui apaisent, presque toujours. Et puis, un jour, sans que l'on comprenne pourquoi, il y a une tempête qui arrive, et le paysage disparaît. Alors on a envie de s'en aller, ne plus revenir, pour ne pas être déçu. La tempête passe, elle passe toujours son chemin, puis le paysage réapparaît, différent, peut-être, mais pas moins apaisant. Il suffit juste d'être indulgent avec ce ciel, avec ces éléments naturels, ceux qui nous font hommes et femmes, qui nous façonnent. Se laisser traverser, se laisser modeler, aussi sagement que l'argile.

10 janvier 2011

Pchtttt..... Silence, dodo maintenant...

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J'ai mis en veille quelques heures mon billet qui exprimait quelques pensées, une lassitude peut-être, celle d'être dans l'intimité d'un autre blog. Il était question de "maternité" assouvie ou pas. Alors forcément, les langues se délient. Il se trouve que deux lectrices de blog ont utilisé cet espace pour un ping-pong qui devenait trop hors-sujet à mon goût. Ceci n'est pas une censure, mais je souhaite que ce dialogue se fasse ailleurs, je veux bien vous communiquer à chacune, sur vos demandes réciproques, vos adresses mails.

Postedit: le billet "comparaison" a été remis en publication aujourd'hui à 11h00 et une réponse à la polémique, à titre disons, explicatif, en commentaire sous le dit-billet à 18h00

10 janvier 2011

Comparaison

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Des mots sont posés sur les blogs, parfois rapidement, besoin de délester un poids, poser un peu de ce trop ou envie de partager un élan de vitalité, une joie, un instant de vie heureux, une réalisation créative, comme l'enfant qui vient montrer fièrement son dessin. Tous les jours dimanche a fait "couler beaucoup d'encre" ces derniers jours. L'auteure avouait sa difficulté, celle de ne pouvoir accepter pleinement le fait que son dernier bébé ne soit pas la fille espérée, même si, bien clairement, elle est folle dingue de son petit garçon âgé de quelques mois maintenant. Rien de bien grave, juste un aveu  très bien écrit, très beau, auquel, comme souvent sur son blog, ont pu s'identifier nombre de visiteuses. Mais où veux-tu en venir Christiane en parlant de cela? J'avais pris le parti de lire rapidement et en diagonale ce blog, il se trouve que cette intimité dévoilée, notamment au travers des enfants, mise en scène au quotidien, ne me convient plus, (et pourtant, j'aime lorsque les blogs disent l'intime) parce que c'est avant tout de l'écriture, que dans ce cas je préfèrerais finalement lire un roman, que que je reconnais vivre une addiction malsaine à ce "tous les jours", un peu comme ce phénomène des feuilletons télévisés (que fort heureusement, je ne regarde pas) qui parlent d'intimité et qui appellent à connaître la suite , et, puisque j'y retourne, et, afin de me protéger un peu,  de ne plus lire les commentaires parce que, tout simplement, l'admiration démesurée que portent les lectrices à l'auteur et parfois, le mépris violent que d'autres lui déclarent ne me font pas du bien. J'ai pris le temps de lire les réactions cette fois, un peu pour m'informer, ce qui m'a permis de poser un regard peut-être sociologique sur cette question de maternité jamais comblée. J'ai vu à quel point, lorsqu'il est question de comparer sa vie à celle d'une/un autre, cela devient douloureux. "Mon deuil"serait plus difficile, plus grand que le tien"? "Ma douleur de ne pouvoir être mère plus difficile à vivre que ton cinquième enfant pas comme imaginé"?. Etc. Et puis, finalement ces deux commentaires, si justes, si humbles, qui ne se comparent pas mais signalent quelque chose:

1) De mon point de vue, lire ton billet est très douloureux mais comme je l'ai écris à .x.x.x. l'autre jour, nous avons chacune nos histoires propres et nos préoccupations, n'est-ce pas Marion? Je ne peux pas me mettre à ta place, ni toi à la mienne.
Mais qu'est-ce exactement que la "vraie vie"???

2) il y a trois ans, quand j'attendais notre premier enfant, je voulais absolument une fille...à l'annonce d'un garçon, petit pincement au coeur.
Et puis ce garçon je l'aime tant que lors de ma seconde grossesse, je voulais absolument...un second garçon et j'ai vraiment eu un pincement au coeur à l'annonce d'une fille !!
et puis en septembre, mon compagnon est décédé...et jusqu'à la fin de ma vie il y aura ce pincement au coeur de ce troisième enfant que nous voulions et qui ne verra jamais le jour

La première, blogueuse que je visite régulièrement déjà, vit la douleur d'un enfant décédé jeune, l'exprime rarement, la deuxième, celle d'un mari tant aimé et qui meurt juste après la naissance de sa petite, magnifique bébé, je suis partie à la découverte de son blog. C'est sa vie, sa réalité, je ne vais pas me comparer, je sais, pour avoir vécu l'épreuve d'un fils gravement malade, que chacun reçoit la force nécessaire à vivre l'inacceptabe et pourtant... Je suis bouleversée. Et là, je n'ai pu qu'approuver, la comparaison parfois, est inévitable et je l'espère, bienfaisante.

Post-edit: je ne voulais pas créer la polémique. C'est fait, (et comme le dit si joliment mon fils Noé "le vers est dans la pomme...), j'ai pris un risque. Je n'enlève pas le billet pour le moment, mais j'y pense, car, comme le conte indien le disait si bien, je me sens libre de prendre ou pas... de garder, ou pas (même si, bien entendu, je ne suis pas une sage).

Lire deux fois avant de commenter. Merci.

9 janvier 2011

Impuissance (post edit : Positive)

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On peut fendre un rocher, on ne peut pas toujours attendrir un coeur

                                                                   Proverbe Indien

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9 janvier 2011

Propos sur la violence

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Je suis humaine et je crois bien avoir eu, et j'en aurai encore (quoi que...) des énervements. Je pense qu'ils n'étaient pas toujours justifiés, d'autres fois si, besoin d'exprimer à l'autre une limite, j'appelle cela une saine colère. Hier, j'ai lu ce petit conte indien "violence sans écho". Puis j'ai dormi. A mon réveil, j'y ai pensé, avec le café aussi, et puis la journée s'est déroulée. Un téléphone, celui d'une voisine qui était fâchée pour une histoire de clés, une histoire sans importance .Elle était hargneuse, démesurément. Je crois bien que cela ne m'a absolument pas touchée, pour la première fois de ma vie. Etait-ce l'effet de ce conte? Je l'ai illustré rapidement, le voici:

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Le Bouddha enseignait partout où il passait. Or, un jour qu'il parlait sur une place du village, un homme vint l'écouter parmi la foule. L'auditeur se mit bientôt à bouillir d'envie et de rage. La sainteté du Bouddha l'exaspérait. N'y pouvant plus tenir, il hurla des insultes. Le Bouddha demeura impassible; L'homme fulminant quitta la place. Comme il avançait le long des rizières à larges enjambées, sa colère s'apaisait. Déjà, le temple de son village grandissait au-dessus des rizières. En lui monta la conscience que sa colère était née de la jalousie et qu'il avait insulté un sage. Il se sentit si mal à l'aise qu'il rebroussa chemin, décidé à présenter des excuses au Bouddha.

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Lorsqu'il arriva sur la place où l'enseignement continuait, la foule se poussa pour laisser passer l'homme qui avait insulté le Maître. Les gens incrédules le regardaient revenir. Les regards se croisaient, les coudes étaient poussés pour attirer l'attention des voisins, un murmure suivait ses pas. Lorsqu'il fut suffisamment près, il se prosterna, suppliant le Bouddha de lui pardonner la violence de ses propos et l'indécence de sa pensée; Le Bouddha, plein de compassion, vint le relever.

- Je n'ai rien à vous pardonner, je n'ai reçu ni violence ni indécence.
- J'ai pourtant proféré des injures et des grossièretés graves;
- Que faites-vous si quelqu'un vous tend un objet dont vous n'avez pas usage ou que vous ne souhaitez pas saisir?
- Je ne tends pas la main, je ne la prends pas,  bien sûr.
- Que fait le donateur?
- Ma foi, que peut-il faire? il garde son objet.

C'est sans doute pourquoi vous semblez souffrir des injures et des grossièretés que vous avez proférées. Quant à moi, rassurez-vous, je n'ai pas été accablé. Cette violence que vous donniez, il n'y avait personne pour la prendre.

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Contes de sagesse de l'Inde, Martine Quentric-Séguy, Seuil, P; 89 à 91


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Une envie de bonne heure
  • la bonne heure est chaque heure et que d'aucune heure on ne peut dire qu'elle n'est pas la bonne. C'est une bon(ne) heur(e) parce que je la soulève dans mes bras. Je la prends à moi. "N'oublie pas les chevaux écumants du passé" de Christiane Singer.
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